OUI LES LANGUES

Quelle maestria ! Quand Justin Trudeau donne des leçons aux députés français !

Le premier ministre canadien, en visite en France le 17 avril, donne une brillante leçon de français et de francophonie à nos députés. Comme l’ensemble des élites de l’Hexagone, ils en ont hélas bien besoin !

Dans son discours à l’Assemblée Nationale, devant les députés et le gouvernement au complet, au moment où il aborde la délicate question des accords commerciaux signés en 2016 par l'Union européenne et le Canada, il cite l’ « Accord Économique et Commercial Global (AECG) » ou « CETA, comme vous dites en bon français* ». Il les observe alors avec malice, satisfait de son effet. Nos députés, interloqués, n’en revenaient pas de constater que les Canadiens francophones avaient une dénomination française pour ce traité, alors que les Français adoptent comme trop souvent avec paresse, snobisme et allégeance le terme américain, sans la moindre conscience des effets d’une telle soumission, dont la signification va bien au-delà de la linguistique…

Eh oui, pendant ce temps, les 36 millions de Canadiens vivent avec le bilinguisme et même si les francophones ne constituent que 20% de l’ensemble, leur pays parvient à élire l’un de ceux-ci à la tête du gouvernement. C’est tout à l’honneur de leur démocratie. Il n’empêche que devant la pression anglophone, le français n’eût pas survécu aussi bien si, en 1974 et 1977, l’Assemblée Nationale du Québec n’avait voté 2 lois fondamentales sur la langue officielle (loi 22) et la charte de la langue française (loi 101).

Quand les Français comprendront-ils qu'il ne faudrait pas attendre d'en arriver là ?

*CETA = Comprehensive and Economic Trade Agreement (CETA)

 

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L'Œuvre d'Orient nous rappelle l'histoire de l'enseignement français au Moyen Orient !

L’Œuvre d’Orient vient de rassembler à Beyrouth les représentants de l’enseignement catholique, que le président Macron a tenu à féliciter pour leur dévouement envers des populations d’enfants vivant parfois dans des conditions très difficiles.

Le directeur, Pascal Gollnisch, rappelle que plus de 400 mille jeunes suivent actuellement un enseignement en français dans les pays du Moyen-Orient. À Damas, à Alep, à Gaza, en Égypte et ailleurs, des établissements catholiques prodiguent leur travail d’éducation aux élèves, quelle que soit leur confession. Ce sont eux aussi et surtout les premiers de cordée du rayonnement de la France.

À ce propos, je signale le traité de Patrick Cabanel sur « la France et sa langue en Méditerranée orientale au début du XXème siècle », publié en 2007. L’auteur développe son étude selon laquelle il y avait en quelque sorte 3 confessions pour dispenser l’enseignement français dans l’espace méditerranéen : le français catholique, distribué par les missionnaires et les congrégations religieuses enseignantes ou hospitalières ; le français juif, répandu par les maîtres et maîtresses de l’Alliance israélite universelle fondée en1860 et le français laïque, qu’il le soit au sens républicain officiel dans les territoires coloniaux, protectorats compris, ou au sens militant et proprement missionnaire de la Mission laïque française (1902). Cet ouvrage passionnant montre bien l’heureux effet d’aubaine qu’a suscité l’opposition philosophique de ces courants et ce, quels que soient les gouvernements en place à Paris !

 

 

De Djeddah à Toulon, jeunes élèves francophones et laicité

Au moment de la visite en France du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, les élèves de 3ème de l’École française internationale de Djeddah, deuxième ville d’Arabie Saoudite, ont été accueillis par le Collège Peiresc de Toulon.

Les 19 élèves visiteurs et leurs hôtes toulonnais ont participé à de nombreuses activités : 8 ateliers et visites dans la ville. À la faveur d’une exposition réalisée par les élèves du collège Peiresc, ils ont pu ainsi débattre ensemble des valeurs et du principe de laïcité de la République française et répondre notamment à des questions telles que « Tuer au nom de Dieu ? », « Peut-on rire de tout ? », « Peut-on tout tolérer ? », « Jusqu'où respecter les différences ? »... Les élèves de Djeddah ont notamment constaté la liberté de circulation et de rapprochement entre filles et garçons dans l'espace public. L'équipe enseignante a marqué sa satisfaction devant le résultat de cette journée d'action citoyenne : une expérience très profitable à tous ces jeunes gens dont l'horizon socio-économique et culturel éloigné de nos repères a montré combien l'esprit d'ouverture et la curiosité restent des clés majeures dans le processus de fraternité.

En effet, le président Emmanuel Macron a déjà montré le prix qu’il porte au développement de la Francophonie et c’est heureux que les intentions affichées en haut lieu se voient démontrées par les acteurs de terrain, en premiers de cordée dans cette mission. Bravo aux enseignants qui organisent ces échanges scolaires !

NB : Djedda (orthographe française) est un grand centre de commerce de 3 millions d’habitants, situé au bord de la Mer Rouge. La partie ancienne de la ville est classée au  Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2014, sous la dénomination « Ville historique de Djedda, la porte de La Mecque ».

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Les langues et la Fédération Internationale des Accueils Français et Francophones d’Expatriés

Lepetitjournal.com excelle par ses articles, notamment celui traitant des bénévoles de la FIAFE (Fédération Internationale des Accueils Français et Francophones d’Expatriés), qui animent un réseau de plus de 100.000 membres dans 90 pays. La présidente, Corinne Levet, vient d’organiser la rencontre annuelle de Paris avec 111 cadres de l’association.

C’est l’occasion pour Camille, de Düsseldorf, de signaler les difficultés de langue au motif que tous les membres ne maîtrisent pas l’allemand. Il faut s’en réjouir, car cela démontre que savoir l’anglais (même bien, ce qui est rare !) ne suffit pas. Par intérêt et par respect, il faut apprendre la langue du pays qu’on a choisi de visiter, a fortiori lorsqu’on s’y installe, quel qu’en soit le motif. C’est en ce sens une bonne nouvelle que la langue allemande soit ressentie comme indispensable aux expatriés installés à Düsseldorf, ce qui met en évidence qu’on ne peut se réfugier par facilité dans un tout-en-anglais, qui est souvent un globish de bas-étage ou un snobisme qui ne dit pas son nom. A Nice, par exemple, on peut féliciter pour son dynamisme le centre culturel franco-allemand, qui organise des séances conviviales gratuites pour apprendre la langue de Goethe. Il serait bon que le fameux couple franco-allemand redonne un coup de fouet à la réciprocité de l’apprentissage des langues, sans chauvinisme stupide, mais avec le respect de toutes les autres langues, pour les cultures qu’elles véhiculent. C’est pourquoi des voix s’élèvent pour faire halte au tout-en-anglais, en prônant le plurilinguisme à la manière d’Umberto Eco, de Claude Hagège, de François Grin et de bien d’autres. Ce n’est pas gagné, mais ce n’est pas perdu, car il y a de nouveaux arrivants, comme le président de la république française !

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Maître Pivot donne un coup de règle sur les doigts de l’élève Macron pour avoir parlé « patois » !

Les survivants de l’École de la 3è République, au temps où l’intelligence n’était que naturelle, se rappellent encore qu’on devait parler français. Un mot de patois, c’est-à-dire être un instant en phase avec sa culture locale, était un crime régulièrement sanctionné par les instituteurs hussards de la République une et indivisible. Un coup de règle en fer sur le bout des doigts resserrés montrait au petit citoyen défaillant que François 1er n’avait pas parlé pour rien à Villers-Cotterêts.

Hier, l’élève Macron au Collège de France, en lâchant démocratie bottom up, a laissé échapper un mot du patois techno-bancaire vivace en ce 21è siècle. Maître Pivot a bien fait de lui donner un coup de règle en fer sur le bout des doigts pour lui rappeler que la Constitution sur laquelle il a prêté serment lui demande de représenter la France et sa seule et unique langue !

Heureusement les représentants syndicaux ne comprennent pas ce patois techno-bancaire. Sinon ils nous diraient ce qu’ils pensent de la démocratie bottom up lorsqu’ils sont reçus dans les ministères. Les concertations ? Plutôt top down.

NB : toute ressemblance entre les mots en italique avec une langue reconnue serait fortuite et indépendante de la volonté de l’auteur.

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Quand la Francophonie brille à New-York

Rendez-vous au Festival des 5 continents à New-York du 5 au 7 avril prochains !

C’est le Centre de Civilisation et de Culture françaises de l’Université de New York qui organise ce Festival, dans le cadre du Printemps de la francophonie organisé par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Les activités prévues se dérouleront à l’Université, à l’OIF, au Café Cornelia et dans les grandes librairies.  Seront abordés différents aspects de la création littéraire francophone et le sens de la démarche de s’exprimer en français, avec les points de vue d’auteurs francophones comme Philippe Ungar, dernier journaliste qui a pu s’entretenir avec Rostropovitch, et Yamen Manai, lauréat 2017 du Prix des Cinq continents de la francophonie pour  l’Amas ardent.

 

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Comparer le nombre de burger et de jambon-beurre : assis ou debout ?

Gira-Conseil, cabinet français qui a sans doute besoin de se montrer au salon du sandwich et du snack de Paris, annonce que le burger détrône le jambon-beurre dans l’estomac des Français. Voilà un coup de pub assez révélateur de notre tendance à l’auto-flagellation et à croire que c’est mieux lorsque ça vient d’outre-Atlantique. Même si cette enquête est sérieuse et les chiffres fiables, demandons-nous un instant comment on peut comparer le générique burger, que l’on prend le plus souvent assis dans un local approprié et que les chefs français savent améliorer de 36 façons, avec le traditionnel jambon-beurre, que l’on prend presque toujours debout n’importe où et qui n’est qu’une variante de casse-croûte, comme les clubs et les panini. Non vraiment cette statistique n’est pas pertinente, car même si la consommation de jambon-beurre a baissé, rien ne dit que la différence se retrouve dans l’augmentation des burgers. Les Italiens me semblent très créatifs avec les panini et autres en-cas de leur invention.

En revanche, cette présentation fallacieuse, s’inscrit malheureusement dans ce que je dénonce souvent dans ce blogue « halte au tout en anglais » et le comble est que certains médias s’y sont laissé prendre !

 

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Francophonie : Macron suit son serment sur la Constitution

Lorsque Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel, a fait jurer le président Macron, nouvellement élu, sur la Constitution qu'il représentait la France et sa langue, peu d'observateurs l'ont remarqué, car les élites françaises, du moins une bonne partie de la parisienne, ne se sent concernée par ce qui doit faire l'objet d'un combat : la Francophonie et la langue française. Pire encore : beaucoup de cadres d'entreprise, de publicitaires, de journalistes, d'universitaires, d'élus de la Nation et des collectivités... jouent de l'anglomania pour paraître dans le coup et prennent pour des ringards et des puristes celles et ceux qui attirent leur attention sur la signification culturelle d'une uniformisation galopante non désirée qu'apporte le tout-en-anglais. Détail révélateur, France-info, qui n'est pas la pire en la matière, a passé plus de temps sur les malheurs de facebook que sur le discours très volontariste, énonçant des projets concrets que le chef de l'État a prononcé devant les Académiciens et les 300 étudiants francophones du monde entier. Voir le résumé du discours.

DISCOURS_MACRON

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Macron au Salon du Livre de Paris : Bien malheureuse langue russe !

Polémique à propos du geste symbolique du président Macron : il a, lors de sa visite, ostensiblement évité la délégation russe, pourtant comme en 2005 invitée d’honneur du Salon.

Incompréhensible lorsqu’on sait l’appétence culturelle du chef de l’État ! Bien sûr qu’on peut y trouver la raison dans le contexte politico-hitchcockien qui oppose Poutine et Theresa May, mais notre sagesse ancestrale nous dit pourtant qu’entre l’arbre et l’écorce il ne faut point mettre le doigt…Alors, y aurait-il du donnant-donnant pour faire avancer les négociations brexiteuses ?

Bref, en ignorant les 40 auteurs russes présents au salon, ainsi pris en otages par notre président, celui-ci commet-il vraiment un acte injuste et contre-productif ? On pourrait le penser lorsqu’on entend le regret, la peine et l’ironie exprimés par Natalia Soljenitsyne, Natalia Turine et Zakhar Prilepine. Mais on comprend mieux la situation ubuesque dans laquelle se trouvent tous ces intellectuels lorsqu’on apprend que la célèbre Ludmila Oulitskaïa et la titulaire du Prix Nobel Svetlana Alexievitch qui, par leurs prises de position contre le Kremlin, ne cachent pas leur réprobation du régime actuel, n’ont pas eu l’honneur d’être sélectionnées par les autorités russes pour participer au Salon. À tel point que c’est l’éditeur français Gallimard qui a invité Ludmila Outskaïa sur son stand ! Édifiant n’est-ce pas ? Il y a comme une ressemblance symétrique avec l’affaire des athlètes russes aux derniers jeux olympiques.

Bien malheureuse langue russe qui se meut dans cet imbroglio d’un régime politique vraiment suranné, qui rejoue, notamment avec la chaîne Russia Today, un succédané de soviétisme aux ficelles grossières et qui prend à contre-pied son peuple, qui mérite mieux que cela après les épreuves subies au siècle dernier !

Heureusement, la langue russe est forte d’une culture littéraire riche. Le stand russe du Salon de Paris conserve un attrait majeur qui ne se limite pas à la partie d’échecs que doit jouer Anatoli Karpov, triple champion du monde. Tous les événements consacrés aux grands écrivains comme Maxime Gorki, Ivan Tourgueniev, Vladimir Maïakovski, Alexandre Soljenitsyne, Vladimir Vyssotski, valent le détour et l’un des moments phares sera la présentation des quatre premiers volumes de la « Bibliothèque russe » en français, projet fabuleux dont l’équivalent est déjà en cours en chine et aux États-unis.

Hors les murs, une table ronde aura lieu au siège de l’UNESCO pour le centenaire de la naissance de Soljenitsyne. Au musée Ivan-Tourgueniev de Bougival, une rencontre est prévue avec des écrivains russes. À Bordeaux, Marseille et Strasbourg, des auteurs participent à des rencontres organisées dans des universités et des librairies par l’Association France-Oural qui, avec la fondation Boris Eltsine de Ekaterinbourg, organise chaque année les Journées du livre russe et le Prix Russophonie en France. À l’issue de leur voyage, ces écrivains rédigeront des essais sur la province française, sur ses différences avec la province russe.

Que les élèves de collège et lycée, que les étudiants des universités n’hésitent pas, choisir d’apprendre la langue russe vaut vraiment la peine !

 

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Adriana Tanus et l’Orchestre des lycées français du monde, premier de cordée de la Francophonie !

Bravo à Adriana Tanus, professeure au lycée français de Madrid, qui met en scène 70 jeunes musiciens et 110 jeunes choristes des lycées français de 27 pays  pour ouvrir la Semaine de la langue française et de la francophonie.

C’est le 17 mars à Paris, dans le splendide auditorium de la Maison de la Radio, où l’on attend plus 1400 spectateurs, que l’Orchestre des lycées français du monde, sous la direction d’Adriana Tanus, donnera son grand concert pour célébrer la musique et la langue française.

Au programme des œuvres de Gioachino Rossini à Charles Gainsbourg, en passant par Charles Gounod et Sybelius, ainsi que des chants traditionnels de Côte d’Ivoire et du Japon. Que d’émotions en perspective !

Le concert sera également diffusé sur le site de l’AEFE et en podcast, grâce au travail d'une équipe de jeunes reporters internationaux des lycées français de Phnom Penh et de Porto !

Cela fait 4 ans que Madame Tanus conduit un orchestre constitué d’élèves de lycées français à Madrid, à Paris, à Ho-Chi-Minh-Ville ! Cette année ils viennent de 27 pays, tous unis par un amour de la musique et de la langue française. Ces jeunes, scolarisés de la Sixième à la Terminale, ont fait un triomphe au Lycée Français de Madrid lors de la répétition générale en janvier dernier. La chef d’orchestre et professeur, au micro de France-info, se plaît à raconter comment ses élèves de tous les continents conversent entre eux. En français bien sûr !

 

 

 

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