Voici 2 articles émanant de l’association de défense de la langue allemande. Le premier date de cette année et porte sur le danger que constitue l’invasion de termes anglais, dont beaucoup pourraient être traduits, au bénéfice des usagers, qui se comprendraient mieux entre eux. L’auteur insiste sur la nécessité de réagir intelligemment et cite des actions concrètes. Le second article remonte à 2013 et traite du regain d’influence de la langue allemande. On peut remarquer que le site www.vds-ev.de  est traduit en anglais, français, espagnol, portugais, russe, chinois et arabe.

 

Verein Deutsche Sprache

Association de défense de la langue allemande

Journée de la langue allemande du 10 septembre 2016

Une interview de Holger Klatte, germaniste et directeur de (Verein Deutsche Sprache) au sujet de la Journée de la langue allemande et de la protection du consommateur en matière de langue.
Monsieur Klatte, la « Verein Deutsche Sprache » a lancé pour la première fois en 2001 une « Journée de la langue allemande » qui a toujours lieu le second samedi de septembre. Pourquoi une telle journée est-elle importante ?

Nous avons créé cette Journée car, à notre avis, la langue allemande n’est pas suffisamment considérée dans la société. La langue doit unir et a une grande importance en politique, en économie, dans les médias et dans la cohabitation. Nous craignons que l’allemand soit supplanté par l’anglais qui devient de plus en plus important dans le monde entier et, qu’alors, les générations ne se comprennent plus. Dans les agences et les rédactions on emploie énormément de termes anglais : « connect », « meeting », « call ». Nous n’exigeons pas que chaque mot soit traduit en allemand mais pour bien des termes il y a des alternatives en allemand qui sont compréhensibles.

Sur les modes d’emploi et les produits il faut aussi que les explications et les composants soient déclarés en allemand – vous vous y employez via l’initiative pour la protection du consommateur en matière de langue, « Sprachlicher Verbraucherschutz »

Il est important que les modes d’emploi puissent être compris par tout le monde. Ou bien, en tant que personne allergique, je dois savoir quels sont les composants d’un produit. Mais pour les cosmétiques il est courant que les composants soient qualifiés de l’anglais « ingredients ». Les composants eux-mêmes figurent en anglo-latin : « aqua » au lieu de l’allemand « Wasser », « sodium » au lieu de « Natrium » et « potassium » au lieu « Kalium ». La caissière de la droguerie n’y peut bien sûr rien et, en règle générale, la marque non plus. Cela se décide au niveau le plus élevé. Nous prenons alors contact avec l’entreprise, écrivons des lettres et nous adressons aux hommes politiques et aux ministères.   

Pourquoi est-il aussi difficile de convaincre les entreprises de formuler leurs produits et les modes d’emploi en allemand?

Il s’agit souvent d’entreprises actives au niveau international et les traductions représentent des coûts. De  plus, beaucoup de rédacteurs-publicitaires considèrent que l’allemand n’est pas dans le vent.  Nous remettons cela en question. Notre association compte 36 000 membres dont beaucoup d’entre eux trouvent tout simplement que la langue est belle et qu’elle mérite d’être conservée. Nos efforts ont déjà été couronnés de succès dans certains services de publicité et des textes publicitaires en anglais ont été remplacés par l’allemand.

Un sondage « YouGov » publié en août a révélé que plus de deux tiers de la population sont gênés par un usage fréquent de mots étrangers – mais qu’ils les utilisent eux-mêmes. Que signifie cette contradiction ?

L’étude montre à quel point l’influence de l’anglais est importante sur l’allemand. Lorsque l’on parle dans la vie courante, on ne trouve pas toujours automatiquement l’équivalent en allemand. Mais un service de développement de nouveaux produits devrait réfléchir à cette question. Il y a bien des termes allemands qui sont parfois même plus explicites : les professionnels utilisent plutôt le mot « Rechner » (ordinateur) que l’anglais « computer ». Et lorsque les voitures en Allemagne ont été équipées pour la première fois d’un« airbag », les projets utilisaient le mot « Prallkissen » (coussin amortisseur de choc).


Journée de la langue allemande du 5 septembre 2013

Les différentes facettes du langage est le thème de la Journée de la langue allemande

L’intérêt pour la langue allemande est croissant – surtout dans le sud de l’Europe. Cela est peut-être dû au système de formation allemand, à la bonne situation économique ou à la réputation de l’Allemagne en général. En 2013, La « Journée de la langue allemande » a pour but de soutenir l’allemand, sans tenir compte des tendances.

Jusqu’à récemment, le nombre de personnes apprenant l’allemand diminuait. Tous les cinq ans, une étude approfondie sur la situation de l’allemand dans le monde est publiée par « Netzwerk Deutsch », une association du ministère fédéral des Affaires étrangères, de l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD), du Goethe-Institut et de l’Office central pour l’enseignement allemand à l’étranger (Zentralstelle für das Auslandsschulwesen). Selon la dernière enquête en 2010, 14 millions de personnes apprenaient l’allemand – soit environ 2,7 millions de moins qu’en 2005. On a enregistré un recul essentiellement dans les pays de l’ancien bloc de l’Est. Par contre, sur tous les continents, il y a aussi des pays où le nombre de personnes apprenant l’allemand augmente. De nombreux projets de formation soutiennent l’intérêt pour l’allemand, comme par exemple l’initiative de partenariat scolaire « Pasch ».

Le thème de la « Journée de la langue allemande », créée en 2001 par l’association pour la langue allemande (Verein Deutsche Sprache), porte cette fois sur les différents aspects de la langue. Il s’agit de l’« allemand et ses variantes » et cela comprend les dialectes, la langue des jeunes, le jargon de certains milieux professionnels, le langage administratif et la langue des médias. Des spécialistes organisent, à différents endroits, des lectures, des expositions et des remises de prix.