Voici la position de François Grin, professeur de l’Université de Genève, président de la Délégation Française de la Suisse romande, c’est-à-dire la partie francophone du pays, environ le quart de la population de la Suisse.

M. Grin explique que la Suisse est un pays qui s’est construit à partir de son plurilinguisme depuis plusieurs siècles : les 4 langues nationales, l’allemand, le français, l’italien et le romanche constituent le ciment national de ce pays. Les Suisses sont amenés à se faire partager leurs langues. Dès l’école primaire les élèves commencent l’étude d’une autre langue nationale. Bel exemple de plurilinguisme qui fonctionne. Qui n’a pas constaté avec admiration l’expression du champion de tennis, Roger Federer, lorsqu’il s’entretient avec les journalistes en allemand, en français ou en anglais !

Toutefois, ce plurilinguisme risque d’être battu en brèche par un intrus de taille. Dans quelques cantons germanophones du nord du pays, des parents d’élèves et même des professeurs, tentent de supprimer l’enseignement du français à l’école primaire pour introduire à la place l’apprentissage de l’anglais, la « langue utile » !

M. Grin rappelle à l’envi que ce n’est pas parce que la langue anglaise est utile que c’est la seule qui soit utile…