Il y a des jours où la langue française sourit jusqu'aux oreilles : les journalistes matinaux de France-info ont parlé de fausses informations et de fausses nouvelles en laissant au placard le terme américano-anglais correspondant qui envahit la sphère médiatique. Puis, les deux ministres chargé(e)s des affaires éducatives ont développé pendant près d'une heure les mesures tant attendues qui vont concerner les lycéens de terminale pour leur orientation. Clarté, précision, assurance, simplicité de bon aloi révélant une grande compétence, autorité naturelle qui met en confiance, bref ils ont fait montre de ces éléments qui transpirent au-delà des mots et des phrases et qui contribuent à l'efficacité du discours. C'est possible lorsqu'on s'exprime dans sa langue maternelle, mais difficile et même impossible pour la plupart des sujets dans une langue étrangère. Ils ont donc énoncé leur discours sans recourir aux emprunts à la mode, que nos élites politiques, journalistiques, économiques affectionnent trop souvent. On pourra s'amuser du smartphone, auquel M. Blanquer a toutefois cédé, sous la pression du XXIè siècle,persuadé qu'il resterait incompris avec terminal de poche ou ordiphone (signalé comme recommandé officiellement par le Petit Robert de 2015). Il a compensé cet écart par le terme continuum,prononcé à plusieurs reprises, culture classique oblige. De son côté, Mme Vidal s'est montrée à la pointe de l'innovation linguistique en utilisant le terme priorisation, qui ne semble pas encore bien intégré dans les dictionnaires, mais que l'on comprend aisément.

On peut leur souhaiter bon courage pour le fond du problème, qui engage la jeunesse et le monde de demain.