Laura Flessel appelle à faire chanter la Marseillaise avant chaque compétition relevant des championnats de France. Elle appuie aussi la démarche du président du Comité national olympique français, le marseillais Denis Masseglia, et de la présidente du comité paralympique, l’escrimeuse Emmanuelle Assmann, qui demandent aux présidents de fédération de faire apprendre l’hymne national aux jeunes compétiteurs, « afin qu'ils soient à même de le chanter lors de leurs premières compétitions et de mettre en place un dispositif qui leur permet véritablement de s'en approprier le sens » 

La championne d’escrime devenue ministre sait mieux que quiconque, pour l’avoir bien vécu, ce que représente le chant de l’hymne national avant la compétition et au moment des récompenses. Les Français, généralement, ne brillent pas par leur élan à bien chanter en chœur et encore moins à bien interpréter la Marseillaise, que beaucoup d’étrangers connaissent et respectent plus qu’eux. Quand je vois, rien qu’en Europe, comment font les pays du nord comme ceux du sud et de l’est en matière de chant, je crains que nous soyons derniers de la classe dans cette matière. Il est intéressant de noter que le niveau du chant choral se distingue lorsque la marque du régionalisme est plus accentuée : chants corses, basques, par exemple, mais aussi d’autres régions de l’hexagone et de l’outre-mer. Il y a dans la formation de l’individu français comme une gêne, une retenue, voire inhibition, qui l’entraîne à être trop souvent méfiant et critique vis-à-vis des autres. Est-ce dû à l’éducation familiale, à l’école, à un substrat culturel plus profond ?

Bref, la gageure de la ministre n’est pas gagnée d’avance et dans la perspective des jeux olympiques, ce serait dommage qu’elle ne gagne pas cette médaille-là !