Certes, dans 137 pays de tous les continents, les 492 établissements du réseau AEFE accueillent 350 mille élèves.  Les enfants d’expatriés constituent 40% des effectifs et les autres 60% sont les enfants des élites locales ou lointaines, qui rivalisent parfois pour obtenir une place au sein du prestigieux enseignement français. On pourrait donc penser qu’on n’a autre chose à faire que de s’apitoyer sur le sort d’une telle gente favorisée, si on diminue les crédits consacrés à l’éducation de ces chers petits.

Par exemple, le lycée Charles de Gaulle de Londres refuse chaque année plus d’élèves qu’il n’en accueille, ce qui ne l’a pas empêché d’inscrire en 2007 le fils du président de la république…

Mais la francophonie est (ou devrait être !) une histoire sacrée pour le pays de la laïcité, fier et sans doute nostalgique de son histoire. C’est pourquoi le président Macron, dans son habit souverain, conscient des enjeux et des défis du monde qui évolue, lui a fixé à Athènes, à la Sorbonne, à Abou d’Abi la mission de rayonner davantage sur les 5 continents et de servir de modèle aux autres langues pour résister à l’hégémonie galopante du tout en anglais que les Américains n’ont même pas besoin d’orchestrer, tellement le monde non anglophone se vassalise devant lui.

Alors voilà pas que le gouvernement, ayant à tort ou à raison la volonté de raboter les crédits publics, a décidé de réduire de 33 millions les crédits alloués à l’enseignement français à l’étranger, ce qui reviendrait à supprimer des centaines de postes. L’onde de choc a été un tsunami. Des proportions de grévistes au-delà de 70 ou 80% à faire rêver les dirigeants syndicaux de l’hexagone. Et là le rayonnement de l’enseignement français a éclairé la planète entière : de Tokyo à Dakar en passant par New-Dehli, de Pékin à La Haye en passant par Nairobi, Athènes et Vienne… Bref, chapeau pour la mobilisation !

Triste constat donc de voir l’inadéquation entre les envolées oratoires d’un président enthousiaste qui veut convaincre et l’action politique de son propre gouvernement qui ne reconnait que les premiers de cordée correspondant à l’idéologie libérale dominante au détriment des forces actives de notre culture.

Si la république ne met pas la francophonie en marche, autant parler anglais tout de suite !