Macron sur les pas de Pompidou, entre banquiers : en auvergnat ?!

Le nombre de locuteurs de l’auvergnat en Auvergne serait d’environ 80 000. Macron s'adressera-t-il à eux en auvergnat ? Le président Georges Pompidou parlait auvergnat avec ses électeurs cantaliens. Mais c’était il y a un demi-siècle !

L’auvergnat est une langue romane marquée par la particularité d’être à mi-chemin entre la langue d’oïl, parlée au nord de la Loire et la langue d’oc, parlée au sud, dans une région plutôt enclavée, à l’écart des grands axes de communication.

L’un des plus anciens textes en auvergnat traite de la Passion du Christ et date du Xè siècle. Ce texte possède justement des traits d'oc mais aussi d'oïl.

Aujourd’hui, la revue Bïzà Neirà, publiée par le Cercle Terre d'Auvergne, sort trois fois par an depuis sa création en 1974. La revue est bilingue français-auvergnat, la partie auvergnate est en écriture auvergnate unifiée. Elle a pour vocation de sauvegarder, promouvoir et diffuser la culture et le patrimoine auvergnats aux travers d'articles et textes à vocation littéraire ou scientifique.

 

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La tapisserie de Bayeux ou comment l’anglais est devenu du français

Le président Macron va prêter aux Anglais la tapisserie de Bayeux. C’est un geste exceptionnel, car le gouvernement français avait refusé ce prêt pour le couronnement de la reine Élisabeth en 1952.

Cette œuvre du XIè siècle aurait été commandée par Odon de Bayeux, le demi-frère de Guillaume le conquérant, et réalisée au cours des années qui ont suivi la conquête. Elle décrit des faits allant de la fin du règne du roi d'Angleterre, Édouard le Confesseur, en 1064, à la bataille d'Hastings, en 1066. Cette bataille a marqué la défaite de Harold Godwinson, successeur éphémère d’Édouard, par le duc Guillaume de Normandie, vassal du roi de France, Philippe 1er, trop jeune pour s’intéresser à cette affaire ! Bien que Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, descende de peuples vikings installés pour de bon dans la région de Rouen depuis le traité de Saint-Clair-sur-Epte, conclu en 911 entre le roi des Francs Charles le Simple et le chef viking Rollon, il est complètement intégré à la culture romane de l’époque. Il va donc être à l’origine d’une mutation originale de la langue anglaise, en raison de l’implantation d’une élite anglo-normande francophone qui va dominer la noblesse et le clergé de l’Angleterre pour finalement s’intégrer dans l’histoire de ce pays.

Ainsi la langue anglaise, promue à évoluer tranquillement comme ses cousines germaniques de l’Europe du nord, reçut un choc de civilisation avec ces Normands qui ont nourri leur langue de termes français qu’ils appelleront Norman-French. L’anglais gardera de son origine saxonne sa trame grammaticale, son fonctionnement et la plupart du vocabulaire, tout en amalgamant de nombreux substantifs, adjectifs et verbes français, au point de constituer de nombreux doublons, comme shy et timid, rare et scarce, rear et back, mutton et sheep, look et regard, walk et march, sheet et page, port et harbour, etc… ainsi que les systèmes de poids et mesures de l’Ancien Régime (once, denier, mile…). Cela a fait dire à l’une des cyclistes britanniques que j’ai rencontrée dans mes pédalées azuréennes que l’anglais c’était du français… Je lui laisse ce constat catégorique, tout en me rappelant que mon professeur d’allemand me disait qu’avec l’allemand et le français c’était enfantin d’apprendre l’anglais !

 

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Sur les 5 continents la Nuit des idées stimulera l’imagination au pouvoir

L’Institut français a organisé pour la première fois en 2017 la Nuit des idées en France et dans 51 pays. Universités et grandes écoles, musées et centres d'art, établissements culturels, médias, bibliothèques, associations, hôpitaux, ont ouvert leurs portes au public. De Tokyo à Los Angeles, de Stockholm à Johannesburg, 180000 personnes se sont retrouvées pour fêter la pensée.

Demain, 25 janvier, la 2è édition se promet fructueuse autour du thème lié à la commémoration de mai 1968 : « L'imagination au pouvoir». Elle réunira des intervenants de tous horizons – intellectuels, chercheurs, artistes – invités à débattre dans les lieux partenaires de la manifestation, sur les cinq continents : de Dakar à Los Angeles en passant par Bruxelles, l’île Maurice, Buenos Aires et Katmandou, Marseille et Paris… Tous les lieux de culture et de savoir sont invités à proposer leurs projets de Nuit des idées : libraires, associations, universités, ONG, écoles, centres d’art, laboratoires… Encourageons tous les acteurs de cette grande manifestation et rejoignons la constellation de la Nuit des idées à travers le monde !

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Au Maroc, Miss Amazigh fait honneur à sa langue et sa culture !

Siham Elazzaoui, 24 ans, diplômée en gestion d’entreprises, vient d’être couronnée Miss Amazigh à Agadir. C’est la 5è édition de cette manifestation annuelle et, parmi les nombreuses candidates, la sélection s’opère autant par le niveau d’études que par le physique, d’autant que leur tenue vestimentaire, colorée et fournie, est très pudique et laisse une belle place au talent des couturiers.

Siham Elazzaoui déclare à la presse qu’elle entend œuvrer pour la langue et la culture amazighe, ainsi que pour démontrer la compétence et le niveau d’études des femmes amazighes.

Pour comprendre la situation de cette langue : http://www.mezgarne.com/maroc/amazigh.php

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Weah, Corse, Versailles : 3 enjeux pour la francophonie

Trois évènements marquants de ce 22 janvier 2018 sont importants pour la francophonie :

-        L’ex-footballeur du PSG, George Weah, investi président du Libéria.

-        Les élus corses, Simeoni et Talamoni, reçus par Édouard Philippe.

-        Les dirigeants de 140 entreprises mondiales à Versailles.

1. Le Libéria a un nouveau président, George Weah. Ce petit pays africain n’a jamais été une colonie d’un pays européen, mais il a été formé au XIXè siècle pour permettre à des esclaves américains affranchis de fonder une mère-patrie. La France n’a jamais porté beaucoup d’intérêt à ce petit pays, c’est dommage et c’est un tort. Car ce pays, certes anglophone, a comme voisins la Côte d’Ivoire et la Guinée, grands pays francophones, et tous font partie d’une Afrique occidentale très francophone. La langue française est donc une langue très utile dans cette partie du continent dit du XXIè siècle. Il y a beaucoup d’offres d’emplois dans les pays africains anglophones stipulant la nécessité de savoir le français ! Et nous voici avec ce petit pays, le Libéria, grand comme 1/5 de la France, que la France met sous les feux du projecteur, certainement en raison de la personnalité de George Weah, cet enfant sortant des taudis de Monrovia, la capitale, devenu milliardaire grâce au football et francophone depuis son séjour à Paris. Le PSG et le Milan AC ont contribué à sa gloire. Maintenant qu’il se consacre à son pays et qu’il suscite un remarquable engouement populaire, je pense qu’il ne manquera pas d’inciter les enfants à bien apprendre à l’école et d’étudier le français comme première langue étrangère. Bonne chance à George Weah et au Libéria !

2. Les représentants nationalistes de la nouvelle territorialité corse, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, seront reçus à 17h par le premier ministre, Édouard Philippe. Ils auront des questions éminemment politiques à traiter et l’une d’elles est la revendication d’une co-officialité de la langue corse. C’est un sujet tabou pour la France, qui n’a pas ratifié tous les articles de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires de 1992. On sait que l’histoire de la France est forte de son jacobinisme, avoué ou non. La monarchie absolue, la révolution de 1789, l’empire napoléonien, la république ont tous en commun un pouvoir central fort s’appuyant sur une langue unique. Le président Macron, durant la campagne présidentielle, a rappelé l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, qui imposa que les actes relatifs à la vie publique soient rédigés en langage maternel français et non autrement, c’est-à-dire l’abandon du latin et le refus des dialectes et des langues régionales. Aussi le gouvernement aura- t- il fort à faire devant la revendication des dirigeants corses. En effet, sur France-info ce matin, l’indépendantiste Talamoni entendait, si nécessaire, faire le tour des pays d’Europe pour leur signaler la contradiction du pays des droits de l’homme qui prétend être un exemple pour les autres… Plaisir à venir !

Quant à la langue corse, aussi intéressante et captivante qu’elle soit pour un amoureux des langues, elle n’échappe pas, comme toutes les autres langues promues à l’unification politique et administrative d’un territoire, à l’obligation de faire des choix syntaxiques et grammaticaux dont l’évidence reste obscure pour certains de ses locuteurs ! Bonne chance à la langue corse de Centuri à Bonifacio !

3. Le président Emmanuel Macron reçoit cet après-midi au château de Versailles les dirigeants de 140 grandes entreprises mondiales. Juste avant le forum de Davos, il réussit un beau coup avec ce sommet de l’attractivité de la France. Bien évidemment  il se sent obligé de prendre la parole en anglais, en cette circonstance, pour cette rencontre dénommée « Choose France ». Comment pourrait-il faire autrement devant les dirigeants de Coca-Cola, Rolls-Roys, Facebook, UPS et les autres. C’est la langue des affaires, disait un journaliste. Soit, acceptons l’espoir que les retombées pour la francophonie seront bien réelles, mais rien n’est moins sûr, car l’image du château de Versailles, pour prestigieuse qu’elle soit, cantonne la France dans les siècles passés. Or l’un des arguments des promoteurs de la francophonie est que leur langue est aussi celle des affaires. D’où l’idée que Macron devrait s’adresser à ses invités au moins partiellement en français et le reste en anglais, comme le rossignol de la chanson d’Hugues Aufray… Quant au lieu choisi, pour montrer l’attractivité d’un pays performant et prometteur, peut-être qu’un auditorium du côté de la Défense… ? Bonne chance à la France attractive !

 

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Le pape François polyglotte : il parle même en mapudungun !

Les Mapuches ne sont pas très bien vus de la majorité des Chiliens. Ce peuple indigène de 800 mille âmes constitue l’une des minorités amérindiennes occupant un territoire s’étendant sur le Chili et l’Argentine et a été longtemps « malmené » par les conquistadors dès le XVIè siècle et récemment pendant la période Pinochet.

Ils parlent le mapudungun,  l’une des 5000 langues chères à Claude Hagège et à tous les amoureux des langues.

Le Pape François, lors de sa visite à Temuco, leur capitale, les a salués dans leur langue. Il s’agit d’une langue amérindienne orale. Son alphabet a été normalisé récemment, sur le modèle castillan. Il n’y a pas vraiment de difficultés de prononciation pour un locuteur de langue latine. L’accent tonique se porte sur l’avant-dernière syllabe, si le mot se termine par une voyelle et sur la dernière syllabe, si le mot se termine par une consonne.

Quelques exemples :

terre = mapu,  eau = ko,  feu = cütral,  nuit = punh,  jour = antü

manger = in,  boire = putun,  petit = pichi,  grand = fütra

femme = domo,   homme = wentru

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Leila Slimani et Catherine Deneuve : la langue et la culture françaises devraient les mettre d'accord

À propos de la polémique sur le « vivre ensemble, version femmes-hommes », voici comment réagit la très littéraire prix Goncourt 2016 Leila Slimani, que le président Macron a désignée comme sa représentante pour la francophonie. Dans ces moments de la vie, quotidiens et banals, je réclame le droit de ne pas être importunée. Le droit de ne même pas y penser. Je revendique ma liberté à ce qu’on ne commente pas mon attitude, mes vêtements, ma démarche, la forme de mes fesses, la taille de mes seins. Je revendique mon droit à la tranquillité, à la solitude, le droit de m’avancer sans avoir peur. Je ne veux pas seulement d’une liberté intérieure. Je veux la liberté de vivre dehors, à l’air libre, dans un monde qui est aussi un peu à moi. Car au fond se cache, derrière cette soi-disant liberté d’importuner, une vision terriblement déterministe du masculin : "un porc, tu nais". Les hommes qui m’entourent rougissent et s’insurgent de ceux qui m’insultent. Et, en moi, palpite la peur de toutes celles qui, dans les rues de milliers de villes du monde, marchent la tête baissée... Dans les rues du Caire, de New Delhi, de Lima, de Mossoul, de Kinshasa, de Casablanca, les femmes qui marchent s’inquiètent-elles de la disparition de la séduction et de la galanterie ? Ont - elles le droit, elles, de séduire, de choisir, d’importuner ?

Il est vrai que jusqu’à maintenant on entend ou lit des femmes qui ne sont pas Madame Toutlemonde. Les instituts de sondage ne vont pas manquer d’y palier. Cela élève le débat, peut-être. Cela donne à penser qu’il y a un débat, mais ce sont plutôt deux points de vue valables et respectables, qui ne regardent pas le problème au même niveau. Il n’y a personne qui cautionne le non-respect de la femme par l’homme. Il y a d’un côté une volonté louable de dire halte à la violence et la vulgarité, mais dans un emballement et une délation généralisée non vérifiable qui donne à penser à certains que cela peut laisser place à un puritanisme ordre moral qui ne correspond pas au mode de vie « européen » mais plutôt à ce que l’Amérique nous envoie subrepticement (cela rejoint l’objet de mon blogue !). Il y a donc de l’autre côté une façon mal comprise ou mal exprimée de vouloir respirer un grand coup et de retrouver un peu de sang froid pour mieux circoncire le problème et le traiter dignement. En fait ces fameux réseaux dits sociaux, qui dévoient plutôt le mot social, focalisent et éparpillent en même temps et ça finit par énerver tout le monde. Dommage, car c’est très beau ce qu’a écrit Leila Slimani et c’est aussi très souhaitable de ne pas inhiber la fantaisie et le plaisir d’un monde libre. Et ce serait très moche de laisser penser que les deux ne sont pas conciliables.

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Macron en Chine : "En Marche" devient "au galop" et la francophonie va galoper !

"jan ti xio taï tseu qwei tha" (rendons sa grandeur à notre planète) : nul doute que ces paroles prononcées en mandarin seront devenues historiques lorsque la lutte contre le réchauffement de la planète sera gagnée et que la langue française sera la plus parlée au monde ! Le président Macron, ou plutôt Ma-ke-long "le cheval qui dompte le dragon", n'en finit pas de surprendre le grand public par son dynamisme, sa culture et son volontarisme. Mettant en oeuvre ce que demande la constitution à un président de la république française, Emmanuel Macron prend la juste mesure du combat à mener pour la francophonie à l'échelle du monde du XXIè siècle. Outre les enjeux politiques et économiques que revêt son voyage officiel en Chine, il n'oublie pas sa mission de premier francophone et s'adresse ainsi à des étudiants qui ont choisi d'apprendre le français, après les avoir complimentés : " Le français est un atout pour l'avenir, c'est la 5è langue parlée au monde, la 4è d'internet, la 3è des affaires, la seconde la plus apprise. Au milieu du siècle, il y aura 700 millions de francophones, dont 85% en Afrique. Cela peut être davantage si vous vous l'appropriez. La Chine doit être une terre de francophonie. Le français s'est toujours construit dans le dialogue avec les autres langues, dans ses passages d'une culture à l'autre, dans ses échanges permanents. Le français n'est pas une langue hégémonique, c'est une langue qui se construit par le plurilinguisme et le fait que vous ayez fait ce choix est une source d'espoir. Je n'ai qu'un souhait : faites du français la première langue au monde dans les 30 à 40 ans qui viennent en décidant de le parler".

C'est sûr qu'en s'exprimant ainsi le visionnaire et volontariste Macron a plusieurs longueurs d'avance sur une bonne partie des élites de l'hexagone et du reste de l'Europe, trop ancrées dans un quotidien qui se conforme et se soumet à une mode dictée par l'outre-atlantique. Mais la mode ça va et ça vient. Les défenseurs de la francophonie et leurs alliés promoteurs du plurilinguisme sont en passe de réussir à démontrer qu'une langue conjoncturellement utile ne doit et ne peut s'universaliser. Beaucoup d'anglophones du reste en ont conscience, rappelons ce que disait Obama en 2008 aux étudiants américains : si nous voulons rester la grande puissance mondiale il faut apprendre la langue des autres !

Il a raison : que les francophones apprennent les autres langues, c'est le meilleur moyen d'amener les autres à apprendre le français !

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