Peyo, auteur belge de bandes dessinées, connu des petits lecteurs de Spirou des années 1950-60, a été sans aucun doute un brillant linguiste.

Alors que l’esperanto ne parvenait pas à s’imposer comme langue universelle et que l’anglo-américain ne faisait que commencer ses dégâts linguistiques mortifères, il réussit, en donnant le nom de schtroumpfs aux petits lutins bleus de son nouveau conte, la flûte à six trous, en 1958, à donner à la jeunesse du monde entier la clé d’un nouveau langage. Chaque peuple a pu ainsi schtroumpfer les schtroumpfs dans sa propre langue selon son génie.

Pour les Allemands schlumpf, les Hollandais smurfen, les Anglais smurfs, les Danois smols, les Suédois smurfernas… et, avec davantage d’originalité :

Pour les Espagnols pitufos, les Israéliens dardassim, les Italiens puffi, les Basques pitufoak, les Japonais kumafu, les Chinois lang shing ling, les Catalans barruffet

C’est une bonne chose que le cinéma remette à l’honneur ces petits personnages avec leur représentation pertinente de la société. Il faut espérer toutefois que l’impérialisme de la pellicule américaine ne les transforme pas tous en smurfs !