Et en plus je parle français ! Une campagne intelligente de l'Institut Français avec les aéroports de Paris...

P1260509Et en plus, je parle français ! Les voyageurs qui prennent l’avion à Orly ou à Roissy cet été peuvent admirer ces grandes affiches, qui montrent les photos (autoportraits) réalisées par les lauréats du concours international organisé en mars et avril derniers par l’Institut Français, en partenariat avec les aéroports de Paris.

Il s’agit d’une nouvelle campagne lancée par l'Institut, visant à valoriser une image moderne du français, comme langue de l'emploi, de l'innovation, du numérique, du monde des affaires et de mettre en avant le multilinguisme. Le site de l’Institut décrit l’opération dans une vidéo diffusée sur Dailymotion, qui montre des candidats répétant le slogan sur l’air du succès de Stromae Alors on danse.

P1260514Le jury est composé d’artistes du cinéma, de la littérature et de la bande dessinée : Maria de Médeiros, Zeina Abirached, Gaël Faye, Jul, Philippe Geluck et des responsables de l’Institut et des partenaires. Il a décerné le grand prix à Antonio Hernandez Bautista (Argentine)(voir photo), ainsi que divers prix et mentions à des candidates de Russie et du Costa Rica et à des candidats d’Ouzbekistan et des Comores. Ces jeunes francophones de tous les coins du monde apparaissent sur les affiches des halls des aéroports parisiens, avec ce slogan particulièrement réussi.

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Le Film Francophone à Angoulême : heureusement qu’il y a François Hollande !

Le 10è festival du film francophone se déroule avec un grand succès au plan local, Angoulême est en ébullition. Mais si les médias en parlent, c’est plutôt grâce à François Hollande et son intervention à la chaîne TV5 Monde qui n’avait rien à voir avec le cinéma, sauf le sien…

Du côté du gouvernement, hélas, pas grand-chose ! Au mieux la ministre de la culture française, Françoise Nyssen, y fera une apparition !? Or quelle belle occasion de rassembler la francophonie avec plus de 100 films produits non seulement en France, mais en Belgique, en Tunisie, au Burkina-Faso, au Liban, au Québec… et avec un pays invité d’honneur, la Côte d’Ivoire, qui se remet des troubles d’il y a une dizaine d’années ! L’épouse du président, Dominique Ouattara, et le ministre de la culture, Maurice Kouakou, y sont présents.

Au moment où la France doit réactiver son action sur le plan international, il eût été brillant et nécessaire qu’un premier ministre ou le président de la république marque de sa présence encourageante et symbolique ce festival, dans une ville si méritante par son action culturelle et pour donner un signal fort au monde entier de sa volonté de hisser et de faire rayonner la culture francophone, une culture occidentale alternative du tout-américain. Même si le président du jury choisi est John Malkovitch, acteur américain bien sympathique par sa francophilie et remarquable par son talent…

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Poulas cuech dans la Carriera Drecha de la Vielha Vila de Nissa la Bella

poulas cuech

Les amoureux des langues apprécieront : La boucherie du n°16 de la Rue Droite du Vieux-Nice affiche en niçois le prix de son poulet rôti à 5€: poulas cuech (voir la photo ci-contre).

Cette rue qui, aujourd'hui, révèle aux touristes, d'une galerie à l'autre, d'un atelier à l'autre, la richesse et l'intelligence de la création artistique niçoise, est riche d'histoire. Au Moyen-Âge, elle traversait la ville d’un rempart à l’autre, d'où son nom, car elle n'est pas aussi rectiligne que "droite" ! Elle était habitée par les riches familles nobles et bourgeoises, les façades comportent encore sur les linteaux des inscriptions pieuses en latin, telle IHS (Iesus Hominus Salvator = Jésus Sauveur des Hommes) ou Spes Mea Deus (Dieu mon espérance) ou encore IUSTUS IVDEX (Christ mon juge). Le Palais des comtes Lascaris-Vintimille date du XVIIème siècle et témoigne du style baroque et génois. Classé monument historique, c’est aujourd’hui un musée magnifique avec son escalier monumental orné de fresques, ses salons décorés de tapisseries flamandes, son mobilier et ses faïences.

En 1793, les Français ayant pris Nice, la Carriera Drecha fut renommée en 2 parties : rue de la Révolution et rue Populaire.

Et c’est dans un appartement du n°16 (la boucherie) que Trotsky aurait séjourné en 1929 avant de partir en exil au Mexique.

Fermons cette page en pensant à l’animation que donnaient les petits porteurs de socca se rendant au Cours Saleya.

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Catalan ou Espagnol ? Si Barcelone m’était contée !

Depuis cet horrible attentat de Barcelone, les médias nous assènent les informations données au coup par coup par les autorités et les services compétents. C’est bien naturel. Mais une chose frappe, c’est l’entité territoriale, qui est précisée à chaque fois : tantôt catalane, tantôt espagnole, une alternance assez troublante. Question : Barcelone est-elle en Catalogne ou en Espagne ? Les 2, bien sûr, mon Colonel ! Mais… pas si simple.

Après la dictature de Franco, l’Espagne adopte en 1978 une constitution reconnaissant 17 communautés autonomes. La langue officielle du royaume est le castillan (appelé castellano au Pays basque, en Galice, dans les Pays catalans, au Portugal et dans la plupart des pays d'Amérique du Sud ; mais également appelé espagnol en Castille, au Mexique, dans la plupart des pays d'Amérique centrale, dans le sud des États-Unis et dans de nombreux pays d'Europe. D’autres langues sont officielles, mais seulement dans les communautés et provinces concernées : le basque, le catalan, le galicien et l’aranais (occitan gascon).  L’histoire récente et l’actualité montrent les velléités d’indépendance du Pays Basque et de la Catalogne. Cette dernière organise prochainement un référendum en ce sens, dont l’issue est très incertaine, d’autant que le gouvernement national ne reconnait pas sa validité.

Le catalan puise sa différence assez marquée du castillan de par une histoire mouvementée depuis la conquête romaine. Il a longtemps été considéré comme une variante de l’occitan parlé dans le sud de la France, alors que le castillan a été davantage marqué par les siècles d’occupation arabe. En 1912 le grammairien Pompeu Fabra publie sa Grammatica de la llengua catalana. Les années de la dictature franquiste ont empêché l’élan autonomiste de la république sociale de 1936 qui généralisait l’enseignement en catalan. En 1967 le chanteur Lluis Llach a osé donner un concert en catalan. Et comme la principauté d’Andorre a pour langue officielle le catalan, c’est dans cette langue que Òscar Ribas Reig prononça à l’ONU le discours d’entrée de ce petit état indépendant. Pasqual Maragall, qui a été président du comité des régions aux Institutions européennes de 1996 à 1998, tenait ses discours en catalan, alors que la seule langue officielle reconnue par l’Union européenne pour le royaume d’Espagne est l’espagnol (castillan) !

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De Manger français à Parler français, même combat !

Les Français aiment manger français, mais la France est première de la classe en matière de normes dans le cadre d'une concurrence mondiale souvent cahotique et déloyale, tant et si bien que les Français consomment de moins en moins de produits français, c'est la teneur du discours que tient un député à des responsables syndicaux de l'agriculture de l'Indre (cf la Nouvelle République du 12/08/2017). Ce député ajoute que pour répondre à ce défi il faudra en appeler à la conscience de la population. Puisse se dégager cette prise de conscience à la faveur des États Généraux de l'Alimentation, que vient de lancer le Gouvernement ! Il ne s'agit pas d'une réaction chauvine de bas étage, mais d'un intérêt vital bien compris, comme celle des Allemands, qui achètent les produits manufacturés made in Germany et les Italiens, qui n'ont pratiquement jamais de fruits et légumes venant de l'étranger sur l'étal de leurs marchés et qui signalent leur coniglio ou leur maiale (lapin et porc) nostrane, c'est-à-dire bien de chez nous. Nul besoin d'évoquer les pratiques des Américains, des Chinois et des Japonais...

Demander à l'opinion de prendre conscience est nécessaire, mais l'impulsion et l'exemple doivent être donnés d'en haut : autorités politiques et administratives, acteurs culturels et sportifs, responsables économiques, tant au plan national que local.

N'en est-il pas de même pour la défense de la langue, qui va de pair avec la promotion de sa culture ?

Bref, manger français et parler français : même combat !

 

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Los Angeles : « Messieurs les Parisiens, tirez les premiers ! »

Ci-dessous la remarque d’un auditeur de France-info après la fameuse nouvelle des Jeux Olympiques :

Les américains n'ont pas cédé les jeux pour rien, eux qui d'habitude veulent toujours être les premiers dans tout. Ils ont sûrement négocié des avantages qu'aucun autre pays au monde n'aurait eus.

Maintenant, question d'ordre moral avec leur fichu slogan en anglais. Est-ce que Paris va respecter le français comme langue de l'olympisme ou tout sera seulement en anglais comme on le voit un peu partout dans Paris depuis une dizaine d'année?

Les autres réactions tournent généralement autour du financement, mais ce commentaire original m’a conquis, parce qu’il contient l’essence de ma motivation à tenir ce blogue : l’affairisme outrancier des décideurs américains et l’hégémonie qu’ils imposent au reste du monde avec un humanisme en trompe l’œil. 

La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort…apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde… C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort ! 

Je voudrais qu’on enseigne aux petits européens (et aux plus grands) ce constat implacable que François Mitterrand faisait sans détour en 1995 !

 

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La mode italienne et l’interventionnisme de Mussolini sur la langue

La presse italienne se fait l’écho d’un débat controversé sur la création d’un musée du fascisme. Si ce projet voit le jour, à Rome ou ailleurs, nul doute que la politique linguistique de Mussolini y prendra une place importante ! Pour Mussolini, la fierté nationale doit se traduire par une créativité de la langue nationale. L’écrivain célèbre Gabriele d’Annunzio et bien d’autres ont apporté leur concours pour inventer ou fabriquer des mots italiens comme calcio, tramezzino, manifesto, lista, pour remplacer football, sandwich, affiche et menu. Ces créations se sont avéré des succès, puisque ces mots sont toujours employés aujourd’hui, ce qui ne fut quand même pas le cas de toutes ces inventions. Il est un cas particulièrement intéressant : celui de la mode.

Dans Eleganza fascista, son essai paru récemment sur la mode italienne des années 20 à la fin de la guerre, Sofia Gnoli raconte comment le gouvernement fasciste a su user de moyens de pression sur la langue pour renforcer le sentiment d’une nation fière, capable de se suffire sans les autres.

Alors que le secteur de la mode était déjà depuis longtemps très créatif en Italie, c’est Paris qui donnait le ton et les pays étrangers adoptaient généralement le vocabulaire français, comme cela se passe dans beaucoup de domaines. Cela ne pouvait convenir à un gouvernement soucieux de montrer au monde la supériorité de la mode italienne et de faire de celle-ci une ambassadrice de l’italianità.

Ainsi, Cesare Meano fut chargé, en 1936, de rédiger un Commentario-Dizionario Italiano della Moda, à l’intention de toute la profession et des journalistes rédigeant les revues. Le tailleur est devenu completo a giacca, le smoking giachetta da sera, le golf panciotto a maglia, le pied de poule millezampe, la silhouette figurina, le négligé disordine, la trousse scarabattola, le jersey punto calza, le chignon cignone, etc...

Il ne semble pas que cela ait bien marché, mais il n’est pas interdit de penser que, sans obtenir un franc succès dans l’italianisation du vocabulaire de la mode, (ce qui est bien dommage pour ceux qui comme moi préfèreraient entendre settimana della moda plutôt que fashion week...), l’élan volontariste qu’a donné à l’époque le gouvernement fasciste a contribué positivement au dynamisme de ce secteur, qui fait que la mode italienne est reconnue universellement.

 

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Au collège, dès la 6è : oui à la voie du bi-langue pour tous !

Intéressons-nous à la revue Direction du SNPDEN-UNSA, le principal syndicat des chefs d’établissement des collèges et lycées. Dans le n°249, Monsieur S., qui dirige un collège des Pyrénées-Orientales, décrit le cheminement qui a conduit au bi-langue pour tous. Après avoir dépassé les débats éthiques sur la répartition sociale inégalitaire des élèves, selon qu’ils ont choisi ou non l’option de 2 langues vivantes, les craintes d’un surcroît de travail contre-productif pour les élèves moins motivés, les critiques sur les moyens horaires nécessaires au projet et toutes sortes de réticences dont l’essence est peut-être enfouie dans nos cerveaux formatés par le jacobinisme et le centralisme de notre bel hexagone, le Principal est parvenu à ce que tous les élèves de la 6è à la 3è, suivent un cursus bi-langue. Pour la majorité, c’est le couple anglais-espagnol, mais un nombre suffisant d’élèves a choisi anglais-allemand et même, Barcelone rayonnant à l’horizon, anglais-catalan ! L’enseignement des langues n’étant pas une fin en soi, mais sans aucun doute une chance pour les élèves de mieux réussir leur parcours dans l’Europe et le monde à venir, Monsieur S. met en exergue les effets bénéfiques sur la communauté scolaire : d’abord, la sérénité, grâce à une gestion plus harmonieuse de la mixité sociale, puis, la réussite, que l’on observe dans les performances des élèves après la classe de seconde au lycée.

Ce que fait ce collège s’inscrit bien dans une vision européenne plurilingue. D’autres établissements le réalisent près de l’Italie et près de l’Allemagne. La proximité du pays voisin favorise la prise de conscience du défi à relever. Il serait bon que ces exemples aident à généraliser cette prise de conscience jusqu’au plus profond de la France et… au cœur et au cerveau de sa capitale censée gouverner !

Ainsi, en agissant de la sorte, on peut espérer que la prépondérance accordée à la langue anglaise, vecteur d’une uniformisation culturelle par trop américanisée, soit compensée par le désir de promouvoir le multiculturalisme de notre continent. Apprendre la langue de l’autre, c’est mieux le comprendre, mieux se faire comprendre et l’amener à apprendre notre langue ! C’est aussi, comme l’évoque le principal pour son collège, un gage de sérénité et de réussite pour notre continent et le monde de demain !

 

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Euronews, Juncker, Tajani, Philippe et la francophonie

Tandis que le premier ministre de la France appelle les étudiants étrangers à venir faire leurs études en France devant une salle archi pleine de députés au Palais Bourbon, le président de la Commission européenne et le président des députés européens ont fait salle presque vide à Strasbourg. MM. Juncker et Tajani laissent exploser leur colère en français devant les journalistes d'Euronews. Justement la chaîne de télévision européenne a fait de gros progrès dans le plurilinguisme : on avait déjà un commentaire anonyme des reportages en 12 langues simultanées, on a maintenant le titre en français et la bande inférieure des dépêches également en français. On n'atteint pas encore l'équilibre parfait entre les 12 langues, mais on s'en approche. Continuez vos efforts ! Adaptez le titre en Euronouvelles, par exemple. Européens qui ne savez plus trop comment vous départir de l'anglo-américain, demandez conseil aux Québécois !

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Langue française : un sans faute au président Macron au congrès de Versailles !

Pendant 90 minutes le chef de l'État, garant de la langue française, s'est exprimé sur le sens qu'il entend donner à son mandat de président de la république. Faut-il souligner que son discours a été prononcé dans une langue française parfaite, sans le moindre emprunt à la mode concédé à l'angloaméricain ou à l'arabe ou à quelque autre langue, alors que les sujets auraient pu s'y prêter et que maints journalistes y eussent cédé ?

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