Pour Macron un monde cosmopolite doit respecter le multilinguisme

On fait souvent le procès d'Emmanuel Macron au sujet de son "américanisme", on le jalouse de parler facilement l’anglais, etc… Mais si l’on y regarde de plus près, sans esprit partisan ni opposant, on s’aperçoit de la pertinence de son approche politique et sociologique du multilinguisme. Il maîtrise son expression contrastée allant du symbole historique de Villers-Cotterets, où François 1er signa le fameux édit imposant la langue française, au coup de pouce aux jeunes pousses de la station F, le plus grand campus de start-up au monde, réalisé par Xavier Niel à la halle Freyssinet sur le site de la gare d’Austerlitz. La culture et le volontarisme du jeune président devraient se révéler des atouts pour la France en tant que vecteur de civilisation dans un monde qui n'est plus ce qu'il était, certes, mais qui ne doit pas conduire au fatalisme et à la facilité de céder à la langue dominante en la dotant indûment d'un statut supérieur, ce qui est trop souvent le cas de nos "élites". Selon moi, Macron a tout dit lorsqu’il s’est rendu aux États-Unis en septembre dernier pour lancer un fonds de soutien aux programmes bilingues anglais-français dans les écoles publiques américaines:

«Si le cosmopolitisme a un sens, il passe par le multilinguisme, pas par la domination d'une langue sur les autres.» (E. Macron, New-York, 20/09/2017).

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Hanétha Vété-Congolo au Festival des langues et cultures créoles

Le Festival des langues et cultures créoles qui se déroule à Arcueil, Créteil, et Paris, du 1er octobre au 7 novembre 2017, a pour marraine Madame George Pau-Langevin, Guadeloupéenne, ex-ministre des Outre-Mer.

C’est l’occasion pour M. Difé Kako d’organiser, outre des ateliers et des projections de films, des tables rondes avec des invités choisis.

La Docteur Hanétha Vété-Congolo intervient autour de la linguistique. Elle est professeur au Bowdoin College, dans l’état du Maine, au nord-est des États-Unis. Elle y enseigne les cultures et littératures en langue française de France, d’Afrique et des Amériques.

Elle fait partie des rares étudiants formés intégralement en Martinique, « un pur produit UAG » dit-elle, « tous les diplômes que je détiens ont été obtenus à l’UAG Martinique, de feu le DEUG jusqu’au doctorat nouveau régime ».

HVC a créé l’ACIAGEU, l’Association des chercheurs et intellectuels antillo-guyanais aux Etats-Unis, ayant pour but la promotion des idées intellectuelles et des travaux universitaires des Martiniquais, Guyanais et Guadeloupéens aux Etats-Unis et le soutien aux doctorants et jeunes chercheurs de l’UAG désireux de s’installer aux États-Unis et d’y mener une carrière professionnelle, cet objectif étant d’autant plus louable que, à cette époque, il se disait que la Martinique ne savait pas instruire ses enfants avec pertinence et rigueur et que posséder un diplôme de l’UAG était le garant immanquable d’un échec cuisant. Cependant, comme l’UAG ne propose pas la combinaison de plusieurs langues étrangères avec la littérature et la culture rattachées à ces langues et la philosophie, elle a dû étudier par elle-même en plus de ce que l’université lui a permis d’obtenir : une maîtrise d’anglais, un DEA Caraïbe, Amériques Latine et du Nord et un doctorat en littérature générale et comparée. Elle a fait sa thèse sous la direction du Professeur Roger Toumson, essayiste, poète et théoricien de la littérature, tandis que la Professeure Maryse Condé, écrivaine, a présidé le jury devant lequel elle a soutenu. Tous deux sont originaires de la Guadeloupe.

Désormais installée dans le Maine, sa préoccupation première est l’avancement et l’abonnissement des sujets caribéens, « mes gens » comme elle se plaît à les appeler. C’est le sens de sa recherche et de son enseignement.

Après un rappel historique sur le Collège, HVC explique ce que sont les Africana Studies à Bowdoin : un programme interdisciplinaire rassemblant des enseignants domiciliés dans des départements classiques comme les départements de philosophie, d’anglais, d’anthropologie, de religion ou de langues. Africana Studies comme expression se voulant englober les études nègres en général, d’Afrique jusqu’en Amérique.

HVC sent que ses cours sont fort appréciés. Lorsqu’elle a eu à diriger une thèse d’honneur sur l’identité antillaise telle qu’exposée dans la littérature de la Négritude, de l’Antillanité et de la Créolité, elle fut émerveillée du résultat obtenu par un étudiant vierge de connaissances sur les concepts et le monde caribéens.

Lorsqu’on lui demande si la littérature francophone est connue et enseignée aux États-Unis et si les intellectuels noirs américains s'y intéressent, elle affirme que ce sont les études en culture et littérature dites francophones, c’est-à-dire, en dehors de la France franco-française, qui sont en train de sauver les études françaises aux États-Unis et que c’est essentiellement la francophonie nègre qui permet le maintien des études en et du français.

Elle explique que les Africains-américains n’étudient pas beaucoup les humanités et les langues étrangères. Généralement, les intellectuels s’intéressant à la littérature en français par le français, l’enseignent et en font la promotion. Il y a une corrélation étroite entre le fait d’enseigner le français, la langue, et de s’intéresser aux cultures et littératures véhiculées en français. L’avenir du français enseigné aux États-Unis passe par l’incorporation nécessaire de cours sur l’Afrique et la Caraïbe francophones essentiellement et sur le Canada francophone, parfois le Vietnam, les Océans indien et pacifique. De moins en moins d’étudiants s’inscrivent dans les sections de français au profit des sections d’espagnol. On voit de plus en plus des dix-huitiémistes, des dix-neuviémistes inclure la ‘francophonie’ comme référence supplémentaire à leur compétence d’enseignement et de recherche. Il y a même des médiévistes qui incluent des textes francophones caribéens ou africains dans leur cours sur la France médiévale. Dans les rencontres savantes de spécialistes francophonistes, il y a toujours des non-spécialistes, encore du XVIIème, XVIIIème, XIXème et XXème purement français, qui se rendent en Martinique et en Guadeloupe pour s’acclimater directement avec une culture francophone, pour justifier le fait qu’ils l’enseignent et pour justement l’enseigner au mieux puisqu’ils n’y ont pas été formés régulièrement et que cela leur servira dans leur CV, l’ajout de cette fameuse culture/littérature du tremblement qui émane des anciennes colonies de l’ancienne Grande France. La Martinique est l’un des pays dont les idées intellectuelles sont les plus étudiées en étude francophone, puisqu’elle offre de nombreux intellectuels et des écrivains hommes renommés. La littérature des femmes de Guadeloupe est aussi largement enseignée. Il n’y a pas de spécialistes qui ne connaissent pas les Lougandor ou Tituba.

Interrogée sur ses principales publications et ses axes de recherche actuels, HVC déclare s’intéresser à l’oralité de la culture, aux questions dont les réponses peuvent aider les peuples caribéens à mieux se comprendre et les autres à mieux les comprendre. Ses démarches intellectuelles s’ancrent dans la littérature orale et écrite d’Afrique et des Amériques et s’inscrivent totalement dans l’interdisciplinarité. La question du sujet féminin tel qu’apparaissant dans les textes littéraires et oraux constitue également pour elle un centre d’intérêt intellectuel. La production littéraire des femmes est également l’un de ses domaines d’investigations intellectuelles.

Son étude sur les textes oraux de la Caraïbe anglophone, francophone et hispanophone est publiée sous le titre, « L’inter-oralité caribéenne : le mot conté de l’identité », avec un avant-propos du Dr. Jean-George Chali, spécialiste de l’oralité caribéenne.

  • (texte établi d’après un entretien datant de 2010)
  • ouvrages d’Hanetha Vété-Congolo :

Mon parler de Guinée

Le conte d’hier, aujourd’hui

Léon-Gontran Damas

PS : les amoureux de la francophonie et les autres noteront avec intérêt que le gouverneur de l’état du Maine s’appelle Paul LePage et que le français est sa langue maternelle, tandis que le nom de l’état vient vraisemblablement du Maine ancienne province française…

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L’UNESCO, à Paris, avec Audrey Azoulay !

Le poète Alexandre Romanès a bien raison de considérer que l’anglo-américain est la langue des cow-boys. Le président Trump vient de le prouver, une fois encore, en quittant l’UNESCO. A force de se retirer de tout, on l’imagine solitaire dans un ranch du Middle-West ou enfermé dans sa Trump tower d’ivoire.

Mais lui accorder tant d’importance est puérile, car s’il ne s’agissait que d’une de ses turpitudes, on pourrait attendre que ça passe. Or les États-Unis, c’est les États-Unis d’abord, dans l’ADN américain, bien avant l’America first sorti de la bouche (prononcer bush) de Trump. Il suffit de rappeler qu’en 2005 les États-Unis refusent de ratifier la convention pour la Diversité culturelle mise en place par l’UNESCO. On sait comment les États-Unis ne ratent pas une occasion de saper l’exception culturelle, qu’il a encore fallu défendre en 2013, dans le cadre des négociations commerciales entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

C’est pourquoi je préconise de ranger l’anglo-américain dans sa propre exception culturelle et de parler les langues du monde.

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Le livre francophone invité d’honneur à Francfort pour le bonheur des 2 M !

Grâce à l’action du gouvernement de Manuel Valls sous la mandature de François Hollande, la France est invitée cette année pour la première fois depuis 1989 à la foire du livre de Francfort. Ce n’est pas faute d’avoir reçu une invitation, mais l’intérêt culturel des gouvernements de Sarkozy et Chirac devait se placer ailleurs ou plutôt nulle part…

Le directeur de la foire, Jürgen Boos, attend 7 mille exposants issus de 106 pays. Parmi eux, près de 200 auteurs de la francophonie : Michel Houellebecq, J.M.G. Le Clézio, Alain Mabanckou, Michel Bussi…

L’occasion est belle pour Emmanuel Macron de retrouver Angela Merckel et de la convaincre de refonder l’Europe !

C’est aussi le moment pour lui de rechanter le refrain de la francophonie, qu’il n’a appris que récemment en lisant mon blogue et en écoutant les conseils de Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel, qui lui a appris, lors de son investiture, que le président est le garant de la langue de la République !

En affirmant la volonté de démultiplier le programme Erasmus, Macron est en symbiose avec Jürgen Boos : « La culture est la bonne approche pour renforcer le projet européen, c'est plus facile que de commencer avec l'économie ». Eh oui !

 

 

 

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Bravo à Luca Tahtieazym et Nabil Benali, lauréats du Prix Amazon des Plumes Francophones 2017 !

En partenariat avec l’Alliance Française et TV5Monde, Amazon vient d’organiser la 2è édition des « Plumes Francophones ». Ce concours d’écriture a le vent en poupe depuis la première édition avec une participation de 1540 participants issus du monde entier. Le parrainage de Yasmina Khadra, célèbre essayiste et romancier, a été très actif.

Luca Tahtieazym a remporté la Plume des Lecteurs pour son polar « Versus » et Nabil Benali la Plume du Jury pour son roman historique « L’espion d’Alger ». Jérôme Clément, Président de la Fondation Alliance Française et Slimane Zeghidour, Rédacteur en Chef de TV5MONDE ont fait partie du jury.

Merci à Amazon pour savoir joindre commerce et culture, à la Fondation Alliance française, qui œuvre pour la francophonie dans 133 pays, à TV5Monde, dont l’audience s’étend sur les 5 continents et à Yasmina Khadra, dont on attend le prochain succès !

Et tous nos vœux de réussite littéraire aux lauréats Luca Tahtieazym et Nabil Benali !

 

 

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Et si Andorre faisait rêver la Catalogne ?

 

La principat d'Andorra est (pour le moment ?) le seul État souverain au monde dont la langue officielle est le catalan, selon la loi du 16 décembre 1999 qui règlemente l’usage de la langue officielle afin de préserver l'identité linguistique d'Andorre devant la place imposante de l’espagnol et du français.

 

Andorre est admise à l’ONU en 1993 après le vote par référendum d’une constitution qui modernise son fonctionnement politique et c’est en catalan que Òscar Ribas Reig, chef du gouvernement, prononce le discours d'entrée de ce petit état indépendant.

 

Andorre adhère au Conseil de l’Europe en 1994 et Pasqual Maragall, président du comité des régions aux Institutions européennes de 1996 à 1998, tient ses discours en catalan.

 

Andorre participe traditionnellement au travail des organisations régionales et internationales : O.N.U., OSCE, Conseil de l’Europe, UNESCO, Interpol, WHO…

 

Andorre ne fait pas partie de l’Union Européenne mais, enclavée en son sein, elle a conclu avec elle plusieurs accords : une union douanière, une coopération en matière d’environnement, de transports, de culture, de politique régionale, de questions vétérinaires

et surtout un accord monétaire et financier incluant la possibilité de frapper des euros (en photo jointe : une pièce de 2€ frappée en 2014 pour le 20è anniversaire de l’adhésion au conseil de l’Europe).

 

Andorre a un régime politique propre : l’évêque d’Urgel et le chef de l’état français sont les chefs d’état de la principauté (les coprinces d’Andorre), mais ils n’interviennent pas sur l'action du gouvernement issu du conseil général démocratiquement élu. Le ministre des affaires étrangères d’Andorre, Gilbert Saboya, répond à la question de la presse: Dans quelles organisations internationales publiques et politiques l’Andorre participe-t-elle?

 

« Je dirais les principales organisations. Ce sont les Nations Unies et le Conseil de l’Europe. La participation de l’OSCE sur les questions de sécurité est important également. Nous sommes fiers d’être membres de “l’Organisation internationale de la francophonie” et au “Secrétariat des états ibéro-américains”. L’adhésion à ces deux organisations est importante du point de vue de la coopération dans le domaine de la diplomatie, de l’économie et de l’éducation » (2016). En effet, Andorre est membre de l'Organisation internationale de la francophonie depuis 2004 et l’association des communes d'Andorre fait partie de l'Association internationale des maires francophones depuis 2009.  Enfin Andorre fait également partie à titre d'associé de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie depuis 1988.

 

Voilà de quoi faire rêver la Catalogne, n’est-ce pas ? Et si c’était un aboutissement possible ?

 

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langue de bois = langue morte, "foutre le bordel" c'est de la langue vivante !

Le moins que l’on puisse dire est que nos présidents de la république du 21è siècle contribuent à la vie et l’évolution de la langue française sans verser dans les anglicismes à la mode de nos élites. La constitution les fait garants de la langue et bien ils s’y emploient ! Tant mieux, au moins ils font honneur au vrai génie de la langue : karchériser la banlieue, casse-toi pauv’con !, les sans dents, foutre le bordel…

Voilà du français comme on aime, du vivant, du concret, du passionné !

Voilà des signifiants impossibles à traduire littéralement dans les autres langues !

Voilà de la création qui fait de son auteur un héros moderne !

Voilà du déclencheur de réactions qui ramène les citoyens vers leurs personnages politiques !

Voilà de la nourriture pour journalistes et des pétards pour politiciens en panne d'arguments !

Voilà au moins de l’anti-langue de bois, celle qui agace tout le monde et qui ne trompe personne, celle qui paraît bien construite et qui ne valorise en rien son auteur !

M. Castaner a raison, la langue de bois est comme une langue morte et les gens aiment qu’on appelle un chat un chat, même s’ils s’en défendent…

Vive la langue française, vivent les langues vivantes !

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Quand le Sénat s'occupe de la Francophonie, bravo à Mme Garriaud-Maylam !

Enseigner le français à l’étranger : un besoin criant ! Jeunes diplômés, jeunes retraités, lisez !

En dépit des nombreux dispositifs prévus pour promouvoir les actions de volontariat de solidarité internationale, ces programmes ne permettent pas à des volontaires d’aller soutenir et accompagner l’enseignement du français à l’étranger. Or, dans certains pays, la francophonie recule faute d’un nombre suffisant d’enseignants !

Certes, la France forme des professeurs diplômés spécialistes de l’enseignement du français aux locuteurs étrangers, mais les moyens de financer l’envoi de tels professeurs à l’international manquent. Eh oui !

Par conséquent, la sénatrice, Joëlle Garriaud-Maylam, vient d’élaborer une proposition de loi pour créer un dispositif de volontariat international d’enseignement en français (VIEF), ouvert aussi bien à de jeunes diplômés recherchant une première expérience professionnelle à l’étranger, qu’à de jeunes retraités désireux de mettre à profit leur expérience et leur passion à l’étranger. Ces personnes pourraient se positionner sur des missions d’appui à la diffusion et l’enseignement du français dans des structures associatives ou des établissements culturels, scolaires ou universitaires du pays de résidence, après avoir reçu une courte formation pédagogique confiée à l’Institut Français. Les missions dureront de 6 à 24 mois. Les volontaires bénéficieront d’une indemnité, non soumise à l’impôt sur le revenu ou aux cotisations et contributions sociales en France, puisque n’ayant pas le caractère d’un salaire ou d’une rémunération ; ils auront également un minimum de 2 jours de congés payés par mois de mission et seront affiliés par l’organisme les accueillant à un régime de sécurité sociale garantissant au minimum des droits identiques à ceux du régime général de la sécurité sociale française. L’indemnité et la couverture sociale seront intégralement prises en charge par la structure d’accueil.

L’octroi de l’agrément aux structures d’accueil, la diffusion des offres de mission, la gestion des contrats de volontariat et l’organisation d’une courte formation pédagogique en amont de la mission seront confiés à l’Institut Français, tandis que chaque structure d’accueil sera libre d’évaluer et sélectionner les candidats.

Souhaitons que ce projet aboutisse et contribue au rayonnement de la francophonie !

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Après la remontada : la casserolada !

Après la fameuse remontada du Barça sur le PSG, la Catalogne enrichit son patrimoine linguistique avec le terme casserolada, manifestation de protestation bien connue des Français depuis la campagne présidentielle…

Remarquons que le mot catalan est assez proche du mot français casserole, tandis que les Espagnols et Sud-Américains emploient des termes comme esquellotada ou  esquellada, renvoyant à écuelle. Ne pas en déduire quoi que ce soit trop vite ! Chacune de ces langues, aussi bien celle de Cervantès, qui fit le tour du monde avec son Don Quichotte, que celle de Ramon Llull, qui démarqua le catalan de l’occitan médiéval, contribue à la culture européenne et mondiale et c’est tant mieux !

Cela dit, après le tintamarre qui résonne au fond du goufre où se sont enfoncés le gouvernement du royaume d’Espagne et la généralité de Catalogne, il leur faudra vite trouver la force et l’intelligence pour faire ensemble ou séparés une belle remontada...

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Fincantieri/STX et Siemens/Alstom : Les chefs d’État ne noient pas leur langue, mais les PDG écrasent la leur !

Fincantieri/STX et Siemens/Alstom : Les chefs d’État ne jettent pas leur langue dans les eaux portuaires, mais les PDG broient la leur sur les rails des TGV…

Si on ne gagne pas ensemble, on perd tous les deux !” déclare le président français, Emmanuel Macron, au chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, à propos de l’accord qu’ils viennent de sceller sur les compagnies de chantiers navals Fincantieri et STX. La scène se déroule à Lyon, le 27 septembre, lors du 34è sommet franco-italien. La conférence de presse dure environ une heure. Les deux dirigeants s’expriment dans leur langue nationale, chacun avec humour et conviction. Ils s’écoutent et semblent se comprendre, car ils ne portent pas d’oreillette. Les journalistes posent leurs questions dans la langue de celui auquel ils s’adressent. À remarquer que Gentiloni dit en italien dossier et feuille de route. Il pourrait faire mieux avec tabella di marcia, mais, ouf et heureusement, il évite roadmap, qui se dit aussi en italien colonisé ! À remarquer encore que l’auditoire s’accommode des 2 langues, traduites ou non, et qu’on nous épargne la langue soi-disant internationale. Comme quoi on peut vraiment brexiter cette langue-là !

Le même jour, à Paris,les PDG de Siemens et Alstom présentent l’accord marquant la fusion de leur entreprise.Henri Poupart-Lafarge, actuel directeur d’Alstom dirigera le nouvel ensemble. Il aura la lourde charge d'éviter les luttes picrocholines entre Français et Allemands, en raison des différences de cultures entre les deux entreprises, qui étaient rivales jusqu'ici, mais la langue anglaise l’aidera peut-être, si on en juge par la triste cérémonie annonçant la fusion des entreprises. En effet, la conférence de presse tenue par les deux dirigeants est édifiante. Joe Kaeser, actuel directeur de Siemens, assure que cette fusion renforcera l’Europe avec cette magnifique formule : Global European mobility champion. À remarquer que les deux orateurs se livrent à un long plaidoyer pour promouvoir l’opération. Ils le font en anglais, chacun avec son style et son talent, le Français ayant un accent déplorable compensé par une diction claire, l’Allemand ayant un meilleur accent mais gâché par une diction inaudible ! Effet piteux et je me demande encore pourquoi ils se donnent tant de peine à se mouler dans ce diktat de devoir s’exprimer dans la soi-disant langue internationale. C’est contre-productif (pas fort pour des chefs d’entreprise !), car cela les empêche d’exprimer leur cœur, leur conviction, leur détermination, leur enthousiasme, qu’ils pourraient davantage transmettre à l’auditoire dans leur langue maternelle. Le comble, c’est qu’ils disent bonjour en français au début de leur intervention et merci à la fin, deux paroles magnifiques pour les rendre humains !

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