mardi 6 décembre 2016

LA LANGUE PORTUGAISE AU BRÉSIL

Le MMDLP (Movimento luta para preservar língua portuguesa) est une organisation qui s’est constituée à Santos (Brésil) en 2001 pour défendre et préserver la langue portugaise. La déclaration précise qu’il ne s’agit pas seulement d’une question sémantique, linguistique ou grammaticale, mais des valeurs et de la culture que la langue étrangère véhicule, envahissant le marché du travail et disqualifiant une grande partie du monde professionnel. Rosilma Roldan, la présidente du MMDLP, entend promouvoir différentes actions culturelles dans le but de faire vivre la culture locale dans l’idiome portugais.

Pour ceux qui peuvent lire le portugais et pour les amoureux des langues, qui pourront y trouver du plaisir, voici des extraits du site du MMDLP :

 

Muita gente ainda não sabe, mas há dois anos nasceu em Santos o Movimento Nacional em Defesa da Língua Portuguesa (MMDLP), hoje uma organização não-governamental que luta para preservar o nosso idioma e conter o estrangeirismo que funciona como forte instrumento no avanço da exclusão social de grande parte dos brasileiros.

 

Cultura dominante

Idioma dominante nos tempos atuais, o inglês está por toda parte – da   placa do restaurante ao anúncio de liquidação. Quem não sabe pronunciar,   muitas vezes é ridicularizado e, não raro, leva a fama de ignorante.   "Nossa luta não é uma questão meramente semântica, lingüística ou   gramaticista. Através da língua passa toda a cultura deles, incorporam   valores. O estrangeirismo invade nosso mercado de trabalho, desqualifica o   profissional. Em determinadas atividades, se o cidadão usa expressões   estrangeiras é do ramo, do contrário é excluído", diz a professora de   português e advogada Rosilma Roldan, presidente do MMDLP. Segundo ela, o   conhecimento de nosso idioma vai muito além de falar e escrever corretamente.   "Usamos a língua para pensar, escrever, nos comunicar em relação a   qualquer assunto. O verdadeiro papel da educação é de formar o cidadão,   formar um povo que questiona, que reflete, que cobra, e por isso mesmo mais   trabalhoso. Tiraram do currículo escolar as disciplinas de filosofia, lógica,   sociologia, que ensinavam a raciocinar. Hoje a escola ensina apenas a ler e   escrever, e nem isso está sendo cumprido. Ensinar a ler, formar pensamento,   dominar línguas, se comunicar, isso é formar um cidadão e não mero   repetidor".
  O MMDLP realizou no ano passado e pretende repetir neste o projeto   "Presenteando com Letras", uma campanha de doação de livros que, em   2001, contemplou a comunidade de Caroara, na área continental de Santos. O   movimento também promoveu o lançamento do CD 'Cavalo de Praia', reunindo seis   músicos da cidade. "A defesa da língua começa pelo apoio a nossa   cultura, nossa música, à moda nacional", exemplifica Rosilma. Além de   reuniões e palestras, os integrantes da Ong realizam debates virtuais pelo   site www.novomilenio.inf.com.br/idioma, envolvendo pessoas de outros estados   e países lusófagos.

 

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mardi 8 novembre 2016

OBAMA "Merci beaucoup"

Nous sommes en juillet 2008. Obama est le candidat démocrate qui se prépare à l’élection de novembre. Son adversaire républicain est John Mac Cain.

Les correspondants de TF1 à Washington, Gilles Bouleau et Guillaume Debré, témoignent du débat sur les langues, qui survient en raison de l’importante et croissante population d’origine sud-américaine de langue espagnole. Pour mieux obtenir le vote des hispanophones, les deux partis, démocrate et républicain, se rejoignent pour utiliser la langue de Cervantes dans leur campagne électorale. On est là dans l’ouverture aux autres langues à l’intérieur des États-Unis. Mais qu’en est-il de la politique à mener en faveur de l’apprentissage des langues étrangères pour tous les Américains ?

Obama affirme alors que si, d’une part, tout immigré aux États-Unis doit apprendre l’anglais, il faut que les Américains fassent l’effort d’apprendre les autres langues. Il confesse, avec une humble franchise, qu’il est gêné de voir que les Européens venant en Amérique savent l’anglais, alors que lui, lorsqu’il va en Europe, ne sait dire que « merci beaucoup ». Beaucoup de démocrates lui donnent raison.

De leur côté, les républicains semblent éloignés de cette ouverture d’esprit. Pour eux, l’anglais est la langue internationale, donc pour un Américain l’anglais suffit !

Avec un républicain comme Bush à la Maison-Blanche et un congrès majoritairement du même parti, les États-Unis ne pouvaient que refuserde signer la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, à Paris, le 20 octobre 2005.

Cela dit, raison de plus pour que les Européens, dans leur grande ouverture d’esprit, ouvrent aussi les yeux et les oreilles pour prendre conscience que leur pluralisme linguistique porte les valeurs culturelles de leurs différents pays et que celles-ci ne seront jamais mieux préservées et valorisées, dans leur histoire et dans leur évolution, qu’en refusant de se soumettre au diktat ou à la mode du tout en anglais.

 

  

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jeudi 20 octobre 2016

Défense de la langue allemande

Voici 2 articles émanant de l’association de défense de la langue allemande. Le premier date de cette année et porte sur le danger que constitue l’invasion de termes anglais, dont beaucoup pourraient être traduits, au bénéfice des usagers, qui se comprendraient mieux entre eux. L’auteur insiste sur la nécessité de réagir intelligemment et cite des actions concrètes. Le second article remonte à 2013 et traite du regain d’influence de la langue allemande. On peut remarquer que le site www.vds-ev.de  est traduit en anglais, français, espagnol, portugais, russe, chinois et arabe.

 

Verein Deutsche Sprache

Association de défense de la langue allemande

Journée de la langue allemande du 10 septembre 2016

Une interview de Holger Klatte, germaniste et directeur de (Verein Deutsche Sprache) au sujet de la Journée de la langue allemande et de la protection du consommateur en matière de langue.
Monsieur Klatte, la « Verein Deutsche Sprache » a lancé pour la première fois en 2001 une « Journée de la langue allemande » qui a toujours lieu le second samedi de septembre. Pourquoi une telle journée est-elle importante ?

Nous avons créé cette Journée car, à notre avis, la langue allemande n’est pas suffisamment considérée dans la société. La langue doit unir et a une grande importance en politique, en économie, dans les médias et dans la cohabitation. Nous craignons que l’allemand soit supplanté par l’anglais qui devient de plus en plus important dans le monde entier et, qu’alors, les générations ne se comprennent plus. Dans les agences et les rédactions on emploie énormément de termes anglais : « connect », « meeting », « call ». Nous n’exigeons pas que chaque mot soit traduit en allemand mais pour bien des termes il y a des alternatives en allemand qui sont compréhensibles.

Sur les modes d’emploi et les produits il faut aussi que les explications et les composants soient déclarés en allemand – vous vous y employez via l’initiative pour la protection du consommateur en matière de langue, « Sprachlicher Verbraucherschutz »

Il est important que les modes d’emploi puissent être compris par tout le monde. Ou bien, en tant que personne allergique, je dois savoir quels sont les composants d’un produit. Mais pour les cosmétiques il est courant que les composants soient qualifiés de l’anglais « ingredients ». Les composants eux-mêmes figurent en anglo-latin : « aqua » au lieu de l’allemand « Wasser », « sodium » au lieu de « Natrium » et « potassium » au lieu « Kalium ». La caissière de la droguerie n’y peut bien sûr rien et, en règle générale, la marque non plus. Cela se décide au niveau le plus élevé. Nous prenons alors contact avec l’entreprise, écrivons des lettres et nous adressons aux hommes politiques et aux ministères.   

Pourquoi est-il aussi difficile de convaincre les entreprises de formuler leurs produits et les modes d’emploi en allemand?

Il s’agit souvent d’entreprises actives au niveau international et les traductions représentent des coûts. De  plus, beaucoup de rédacteurs-publicitaires considèrent que l’allemand n’est pas dans le vent.  Nous remettons cela en question. Notre association compte 36 000 membres dont beaucoup d’entre eux trouvent tout simplement que la langue est belle et qu’elle mérite d’être conservée. Nos efforts ont déjà été couronnés de succès dans certains services de publicité et des textes publicitaires en anglais ont été remplacés par l’allemand.

Un sondage « YouGov » publié en août a révélé que plus de deux tiers de la population sont gênés par un usage fréquent de mots étrangers – mais qu’ils les utilisent eux-mêmes. Que signifie cette contradiction ?

L’étude montre à quel point l’influence de l’anglais est importante sur l’allemand. Lorsque l’on parle dans la vie courante, on ne trouve pas toujours automatiquement l’équivalent en allemand. Mais un service de développement de nouveaux produits devrait réfléchir à cette question. Il y a bien des termes allemands qui sont parfois même plus explicites : les professionnels utilisent plutôt le mot « Rechner » (ordinateur) que l’anglais « computer ». Et lorsque les voitures en Allemagne ont été équipées pour la première fois d’un« airbag », les projets utilisaient le mot « Prallkissen » (coussin amortisseur de choc).


Journée de la langue allemande du 5 septembre 2013

Les différentes facettes du langage est le thème de la Journée de la langue allemande

L’intérêt pour la langue allemande est croissant – surtout dans le sud de l’Europe. Cela est peut-être dû au système de formation allemand, à la bonne situation économique ou à la réputation de l’Allemagne en général. En 2013, La « Journée de la langue allemande » a pour but de soutenir l’allemand, sans tenir compte des tendances.

Jusqu’à récemment, le nombre de personnes apprenant l’allemand diminuait. Tous les cinq ans, une étude approfondie sur la situation de l’allemand dans le monde est publiée par « Netzwerk Deutsch », une association du ministère fédéral des Affaires étrangères, de l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD), du Goethe-Institut et de l’Office central pour l’enseignement allemand à l’étranger (Zentralstelle für das Auslandsschulwesen). Selon la dernière enquête en 2010, 14 millions de personnes apprenaient l’allemand – soit environ 2,7 millions de moins qu’en 2005. On a enregistré un recul essentiellement dans les pays de l’ancien bloc de l’Est. Par contre, sur tous les continents, il y a aussi des pays où le nombre de personnes apprenant l’allemand augmente. De nombreux projets de formation soutiennent l’intérêt pour l’allemand, comme par exemple l’initiative de partenariat scolaire « Pasch ».

Le thème de la « Journée de la langue allemande », créée en 2001 par l’association pour la langue allemande (Verein Deutsche Sprache), porte cette fois sur les différents aspects de la langue. Il s’agit de l’« allemand et ses variantes » et cela comprend les dialectes, la langue des jeunes, le jargon de certains milieux professionnels, le langage administratif et la langue des médias. Des spécialistes organisent, à différents endroits, des lectures, des expositions et des remises de prix.

 

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lundi 17 octobre 2016

Honte à nos élites, lettre de l’élève à sa Ministre !

Honte à nos élites, lettre de l’élève à sa Ministre !

Xavier ROUSSET élève de l’Ecole Nationale d’Administration a écrit le 23 juin 2016 (jour du référendum sur le brexit !!!) à la Ministre de la Fonction Publique pour s’insurger contre la réforme de l’épreuve de langues au concours d’entrée à l’ENA : L’anglais devient la seule et unique langue étrangère que les candidats devront maîtriser, à partir de 2018, en contradiction avec les engagements des gouvernements européens sur le multilinguisme.

 

 Rendre l’anglais langue obligatoire unique au concours d’entrée n’envoie pas un signal d’ouverture de l’ENA. La directrice, Nathalie Loiseau, la présente comme une « grande école de management public française ». Pourtant HEC grande école, une référence en matière d’école de management des entreprises privées, maintient deux langues étrangères obligatoires au concours d’entrée. HEC a compris depuis longtemps que dans le domaine des affaires, la seule langue internationale qui vaut, c’est celle de l’acheteur ! Imposer l’anglais au concours d’entrée comme seule langue étrangère, c’est oublier que la diversité linguistique permet l’ouverture sur le monde. A l’inverse, faire valoir le multilinguisme au concours d’entrée à l’ENA, c’est envoyer un signal d’ouverture aux pays membres de la Francophonie et aux autres pays étrangers non-anglophones partenaires de l’école et pourvoyeurs d’étudiants, notamment au Cycle International Long, en leur montrant que leurs langues ne sont pas supprimées du concours et qu’elles ne valent pas moins que l’anglais.

Cette réforme ne contribue pas au rayonnement international de l’ENA et n’envoie pas un message d’ouverture, mais bien au contraire un message de soumission de la haute administration française à Washington et au monde anglo-saxon.

Depuis sa création, en 1945, l'ENA a formé plus de 2 000 élèves étrangers, provenant d'une centaine de pays, dans le cadre de ses deux cycles internationaux. Chaque promotion compte près de 150 lauréats, dont une quarantaine d'élèves étrangers représentant une trentaine de nationalités. L'école entretient une active coopération administrative avec de nombreux partenaires étrangers pour des formations au management public et à la gestion administrative. L'ENA fournit ainsi une expertise dans le domaine de l'administration publique et de la réforme de l'État dans plus de vingt-cinq pays sur tous les continents. L’école organise aussi des cycles de formation à l'attention de responsables publics étrangers dans le cadre d'appel d'offres ou de demandes de formation émanant d'États étrangers (Afrique subsaharienne, Chine et pays d'Europe centrale et orientale.).

François Bayrou proposait sa fermeture, en 2007, lors de la campagne électorale et Bruno Lemaire fait de même cette année. Ont-ils mesuré la perte pour l’impact de la culture française et de la francophonie ?

 

http://www.langue-francaise.org/info_bref_2016_1.pdf

http://www.francophonie-avenir.com/Archives/anglais-obligatoire-lettre-a-la-ministre-Girardin.pdf

 

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Quel dommage NICE !

 

Quel dommage Nice ! Voici l'essence du courriel adressé au Maire de la ville.

C'est pourtant sympa l'initiative de la ville de Nice, dont je suis un habitant, de faire une opération médiatique pour redorer son blason après l'attentat terrible du 14 juillet 2016.

Vous faites le lien suivant et vous avez tout loisir d'y participer   http://ilove.nice.fr/    

Vous aurez vite compris que l'expression anglaise est particulièrement décevante.

Là encore, c'est un acte de soumission inconsciente à l'idée que pour, "avoir des parts de marché",

il faut s'adresser au monde en anglais. peut-être que les jeunes gens qui ont fait ce choix sont fiers et se sentent "internationaux" en s'y prenant de cette façon. C'est un bon sentiment, mais quel dommage !

En effet, Nice est en France, sur la Côte d'Azur.

Si le choix d'écrire "J'aime Nice" avait été fait, qui peut douter un seul instant que le monde entier n'eût été capable de comprendre. Combien de fois, lorsque nous voyageons à l'étranger, les gens nous disent qu'ils aiment la langue française, ils aiment entendre les sons et le rythme de notre langue, ils connaissent tous le verbe aimer et le mot amour ! Alors, de grâce, disons "J'aime Nice sur la Côte d'Azur" et bannissons ces expressions comme I love Nice ou French Riviera. Pensons à Edith Piaf et Stromae: elle naguère, lui aujourd'hui, et bien d'autres font rayonner leur langue sur toute la planète !

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mardi 11 octobre 2016

BREXIT et les étudiants

BREXIT: tsunami or much ado about nothing?  Sera-ce beaucoup de bruit pour rien ?

Je ne puis résister à exprimer, dans la langue de Shakespeare, cette question qui préoccupe le monde depuis ce jour de juin où le référendum britannique a surpris tous les commentateurs.

Chiche, a dit le peuple, le 23 juin, quittons l’Europe !

Certes, 4 mois après, bien malin celui qui peut en prédire vraiment les conséquences ! Il faudra encore attendre, le temps de la diplomatie et des juristes n’est pas celui des médias.

Cela n’empêche que les spéculations vont bon train, d’aucuns annonçant la dégringolade du Royaume-Uni, d’autres au contraire semblant convaincus que les Britanniques sauront tirer leur épingle du jeu et obtenir le beurre et l’argent du beurre…

S’il y a bien un sujet qui intéresse particulièrement ce blog, c’est celui de la langue anglaise. D’abord, la question de son usage dans les institutions européennes et ailleurs dans les organismes internationaux. Mais aussi tout ce qui a trait aux études : les étudiants et les universités. Les programmes européens sont nombreux : Comenius,  Erasmus, Grundtvig, Leonardo, Lingua… Les étudiants étrangers fréquentant les universités outre-Manche sont nombreux et le gouvernement vient d’annoncer la couleur : la qualité et non la quantité ! Qu’adviendra-t-il de l’ouverture du pays à la coopération culturelle et universitaire ?

Beaucoup d’articles fleurissent dans la presse depuis le 23 juin, mais pour le moment on peut dire tout et son contraire. Et ça risque de durer un certain temps !

http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/10/07/au-royaume-uni-un-brexit-dur-s-annonce-pour-les-etudiants-etrangers_5009831_4401467.html

 

 

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lundi 10 octobre 2016

Au sujet d'EF

EF mérite un détour ! Je vous propose ce joli conte...

Connaissez-vous Education First, ou même Europeiska Ferieskolan ? C’est un fantastique conte scandinave. Bertil Hult, jeune homme suédois, souffre à l’école de sa dyslexie. A l’âge de 24 ans, il se rend en Angleterre et s’aperçoit que, malgré son handicap, il parvient à bien maîtriser la langue anglaise. Ce constat l’amène à inventer un concept nouveau : le séjour linguistique. Il crée une entreprise, Europeiska Ferieskolan (EF), ce qui signifie en suédois « école de vacances européenne ». Nous sommes alors en 1965. L’année suivante, EF permet à des centaines d’élèves suédois d’aller au Royaume-Uni pour y apprendre l'anglais pendant leurs vacances d’été. Ce n’est que le début !

Se doutait-il alors, le jeune entrepreneur, que son entreprise allait considérablement contribuer à faire, en quelques décennies, de la langue anglaise une langue hégémonique, tendant à remiser toutes les autres langues au rang de dialectes domestiques ?

Voulait-il vraiment faire de l’anglais une langue dominante rendant ses locuteurs natifs conscients de sa suprématie et de la supériorité qu’elle leur procure, jusqu’à donner à certains d’entre eux la suffisance et l’arrogance qu’on observe en voyageant ?

Pouvait-il imaginer que l’anglais deviendrait la langue dominante anglo-américaine, qui obligerait les autres Terriens à devenir tant bien que mal des anglophones d’occasion, des animaux de laboratoires soumis à des tests d’évaluation, comme ce classement pays par pays, continent par continent, qu’EF réalise chaque année depuis 2011  sur les compétences en anglais, lesquelles compétences seraient révélatrices des talents du pays et augureraient de ses chances de développement futur ?

Non, je ne crois pas que Bertil Hult pouvait imaginer tout cela. Je ne sais s’il partage mon sentiment à l’égard de cette situation, mais quand même je doute qu’il puisse regarder sans compassion le zèle et l’asservissement que manifestent la plupart des non anglophones de naissance à se soumettre à cette logique : Hors l’anglais, point de salut !

A la fin des années 1960, les séjours linguistiques EF, qui n’est encore que Europeiska Ferieskolan, se développent rapidement et cette entreprise propose, en plus de l'anglais en Angleterre, l'allemand en Allemagne et le français en France. Jusque-là, on voit que l’esprit de l’entrepreneur suédois est plutôt européen, assez égalitaire vis-à-vis des langues les plus parlées à cette époque.

La situation va évoluer dans les années 1970 avec le développement du commerce international.

EF ouvre un institut à Hastings, en Angleterre, pour enseigner l'anglais des affaires à l'étranger de façon intensive à des professionnels suédois. Le succès est rapide et EF s’implante aux États-Unis, en France, en Allemagne et en Espagne, sous le nom d’EF Corporate Solutions.

Les années 1980 sont marquées par les politiques économiques débridées de Reagan aux États-Unis et Thatcher au Royaume-Uni. Les entreprises se mondialisent, ce qui fait les affaires de Mr Hult. EF est désormais en mesure d’offrir ses services à l’échelle mondiale et lance de nouveaux programmes destinés au marché américain : Les visites pédagogiques du monde de l’entreprise et l’entrée de l’entreprise dans la salle de classe. EF met au point plus de 100 itinéraires de voyage sur presque tous les continents et adapte le concept à tous les âges d’élève, du primaire à l’université.

En 1988, EF devient l'école de langues officielle des Jeux olympiques de Séoul en 1988, en formant des bénévoles en allemand et en français.

En 1989, EF établit un programme d'échange au pair approuvé par le gouvernement des États-Unis, offrant à de jeunes adultes du monde entier la possibilité de s’occuper d’enfants dans un contexte interculturel au sein de foyers américains.

 

La dernière décennie du 20e siècle est marquée par l'invention de deux importantes technologies : l'ordinateur personnel et Internet. EF saisit alors l’occasion d’adapter son offre en tenant compte de ces nouvelles technologies. En 1995, EF s’associe à Apple pour la création de programmes d'apprentissage linguistique assisté par ordinateur. Le CD-ROM innovant d’apprentissage linguistique d’EF, Planet Arizona, est reconnu aux IDF awards comme meilleur logiciel. En 1997, EF propose le premier apprentissage linguistique en ligne, un enseignement 24 heures sur 24 dispensé en direct par des professeurs dans des classes virtuelles. A la même époque, EF adapte également son concept de visites pédagogiques aux adultes d’Amérique du Nord, des itinéraires d’abord limités à l'Europe, sous le nom de Club EF Eurotours, puis le programme est rebaptisé Go Ahead Tours et inclut des itinéraires éducatifs sur tous les continents.

L'acronyme EF est officiellement modifié pour devenir « Education First », reflétant ainsi l’évolution de l'organisation en une entreprise d'éducation mondiale..

Dans les années 2000, avec l'avènement des médias sociaux, de la messagerie instantanée et des applications mobiles, EF proclame la nécessité de communiquer dans une langue commune, l’anglais, et part à la conquête de l'enseignement supérieur et de l’enseignement secondaire.

Pour le supérieur, EF s’affilie à l’Arthur D. Little School of Management de Boston. L'école est rebaptisée Hult International Business School et devient en 2012, la plus grande école de commerce du monde.

Pour le secondaire, EF ouvre, en 2008, l’EF Academy de New York, sa première école secondaire privée. Puis, deux autres campus à Oxford et à Torbay, en Angleterre.

En 2010, Bertil Hult prend sa retraite, mais la famille garde les rênes. Les deux fils, Philip et Alex deviennent co-présidents.

EF et l'Université de Cambridge annoncent leur collaboration novatrice dans le cadre de la recherche sur l'apprentissage linguistique. En 2013, EF et l'Université de Pékin créent un programme de recherche visant à améliorer la formation linguistique de millions d'étudiants chinois. Cette même année, EF lance une collaboration avec la Harvard Graduate School of Education.

En 2008, EF fait, à nouveau, office de fournisseur officiel de services de formation linguistique des Jeux olympiques de Pékin et, en 2014, poursuit son parrainage olympique en devenant fournisseur officiel des programmes linguistiques des Jeux olympiques de Sotchi.

En 2011, EF lance le premier Hult Prize. Des groupes d'étudiants s’affrontent  pour développer une idée d'entrepreneuriat social, visant à résoudre l'un des problèmes les plus ardus de la planète. Bill Clinton remet le prix du concours d’une valeur d’un million de dollars américains, lors de la réunion annuelle de la Clinton Global Initiative.

 

C’est aussi en 2011 qu’EF publie le tout premier classement mondial des compétences générales en anglais, l’EF English Proficiency Index (EF EPI). Le rapport est largement diffusé par la presse mondiale dans ses pages économiques et EF se targue d’offrir ainsi un aperçu large et varié des questions linguistiques dans le monde, en comparant les performances des pays entre eux, tirant des conclusions sur le lien entre ces performances et le niveau de vie moyen des différents pays, leur investissement dans la scolarisation des jeunes, etc… EF se permet pratiquement de décerner des bons points aux pays qui progressent d’une année sur l’autre et de mettre un bonnet d’âne à ceux qui régressent…

En 2013, EF a commencé une collaboration avec l’Alliance des civilisations des Nations Unies pour produire un programme scolaire d'été commun, destiné aux élèves du secondaire à travers le monde. Un monde de plus en plus soumis à la culture dominante.

 

En effet, le petit Suédois non diplômé des années 60 est parti vaillamment à la conquête d’un monde qu’il voyait alors pluriculturel et plurilingue, mais il a fini par constituer un empire qui administre avec condescendance les « régions » du monde, c’est ainsi qu’il nomme les continents regroupant les pays. Cet empire fait régner sa langue et relègue les autres au rang de dialectes domestiques. Le pire, pour moi, est de voir le zèle, voire la soumission, que montrent les journalistes et les commentateurs non anglophones, lorsqu’ils commentent les résultats  du classement des performances en anglais effectué chaque année par EF. Ils acceptent sans critique et sans nuances les commentaires d’EF, qui extrapolent sans ambages les performances linguistiques à la valeur réelle du pays. Pour couronner le tout, voici la carte de la région « Europe », avec les couleurs montrant les excellents élèves scandinaves, les très bons de l’Europe du nord, les moyens-médiocres, dont la France fait partie et le cancre indécrottable au-delà du Bosphore. Bravo et merci, EF,  pour cette façon de traiter le monde !

Je reporte ci-dessous le satisfecit que s’accorde EF à la suite du classement 2015.

                       

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À propos de nous

La Suède en haut et le Moyen-Orient en bas du classement annuel EF des compétences en anglais

Février 2015

EF Education First a publié aujourd'hui la 5ème édition de son rapport annuel EF English Proficiency Index (EF EPI).

EF Education First a publié aujourd'hui la 5ème édition de son rapport annuel EF English Proficiency Index (EF EPI), le plus grand classement mondial des pays selon leur niveau de compétences en anglais. Le rapport identifie les tendances mondiales et régionales dans l’apprentissage de l’anglais et analyse la relation entre les compétences en anglais des pays et leur compétitivité économique. Cette année, le rapport EF EPI classe 70 pays et utilise des données de 910 000 adultes apprenants en anglais.

« L'EF EPI montre la puissance des big data pour guider les politiques éducatives, les décisions d'investissement, et les pratiques en classe », a déclaré Tran Minh, Directeur de la Recherche EF. « Nous sommes ravis que cette année l'EF EPI commence à intégrer les données de l’EF Standard English Test (EFSET), qui, en tant que premier test d'anglais standardisé gratuit au monde, est en train de révolutionner l'industrie des tests. »

EF a lancé l’EF standard English Test (EFSET) pour offrir aux deux milliards d’apprenants en anglais dans le monde un test d'anglais normalisé de grande qualité, à la fois pratique et accessible. Proposé gratuitement en ligne sur www.efset.org, l'EFSET est un outil précieux pour les particuliers, les gouvernements, les universités et les entreprises.

Deux études de corrélation récentes ont révélé que l’EFSET est aussi fiable que le TOEFL et l'IELTS. Des chercheurs de la Harvard Graduate School of Education ont utilisé l’EFSET pour la recherche linguistique, et LinkedIn a incité ses membres à certifier leur anglais avec l’EFSET. Les données de l’EFSET seront utilisées dans les futures éditions de l'EF EPI et permettront d'améliorer l'EF EPI pour en faire une référence internationale de la maîtrise de l'anglais des adultes.

Les principales conclusions de l’EF EPI 2015 sont :

  • Les femmes parlent mieux anglais que les hommes dans presque tous les pays étudiés mais cet écart est presque inexistant dans les pays d’Europe du Nord qui possèdent un niveau de compétences très élevé,
  • Les pays européens, les pays nordiques en particulier, continuent de surpasser les autres régions en occupant les dix premières places du classement,
  • Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les seules régions à connaître une baisse de la maîtrise de l'anglais,
  • Malgré des changements dans le classement chaque année, les corrélations entre la maîtrise de l'anglais des pays et le revenu national brut par habitant, la qualité de vie, l’accès à Internet, et une série d'autres indicateurs demeurent solides et stables,
  • Le rapport étudie pour la première fois le lien entre les compétences en anglais des pays et le degré d'innovation dans leur économie.

Le classement complet EF EPI 2015 est disponible ci-dessous. Le rapport EF EPI et des analyses complémentaires sont disponibles sur www.ef.com/epi/.

EF Education First est une société d'éducation à l’international qui se concentre sur l’expérience linguistique, universitaire et culturelle. Fondé en 1965, la mission d'EF est "d’ouvrir le monde par l'éducation." Avec plus de 500 écoles et bureaux dans 53 pays, EF est le fournisseur officiel de formation linguistique des Jeux olympiques de Rio de 2016.

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