Un des mille miracles du Salon du Livre de Paris

Jamila Abitar fait partie des poètes de l'Afrique francophone actuellement présents à Paris au salon du livre 2017. Comme tant d'autres auteurs de ce continent, elle honore la francophonie et offre à l'humanité sa richesse littéraire et philosophique. Je cite ici son dernier recueil : "A Marrakech, derrière la Koutoubia"

J’avais oublié ma ville, la mémoire des sucreries,

des dents cassées, des bouches sans issues.

J’avais oublié mes frères noyés sans avoir appris à nager,

près des barques trouées de mon parcours de jeu.

J’avais oublié ma ville sans terre, Marrakech, c’est en toi que je revis.

Koutoubia, ta pierre réveille un peuple, réveille mon être oublié.

Ma mémoire, vivante, rougit de tes reflets.

J’ai avalé ton sable et j’ai pleuré mes frères.

Et trahie par mes frères, j’ai sursauté, combien de fois, depuis cent ans !

 

Lucide comme cette lumière que l'on voit,

cette rencontre entre ces murs qui embrassent l'intemporel.

Je voudrais retrouver ma ville rouge, sa verdure,

ses champs d’empreintes de sang partagé.

Je voudrais me cacher derrière la Koutoubia

et sentir Jamaa El Fna veiller sur Marrakech.

A mon sommeil défendu, c’est le néant accompli.

Aussi loin que ma mémoire disparaît le rêve d’un poème réussi.

Aussi loin que mes rêves réussis, la splendeur d’une vie sans histoires.

Un souffle parmi le souffle, un être dans le tout être.

 

Les êtres portés s’abreuvent d’un jour sans heure.

Du haut des Minarets, des instruments à cordes atteignent l’infini.

Comme coton poussé vers in tisserand, la semence gratifie le ciel.

La prière et l’émotion font grandir le rêve.

Le contraste des couleurs devient détails à prendre.

Un oracle de contes qui laisse tourner le cœur.

La mémoire d’une piste qui n’en finit pas de charmer.

 

Je me suis livré à l’énergie la plus haute pour passer à travers le vin.

Il faut du temps pour faire renaître l’émotion à l’état pur,

s’insurger contre les forces de la nature et rompre avec elle.

Lorsque l’on possède et la connaissance et le vécu,

cela peut provoquer une détonation des plus irrémédiables.

Vous avez le sentiment que : quand vous ouvrirez la bouche,

ce qui en sortira sera du feu.

J’ai pêché dans les brûlures du verbe pour ne pas cacher la parole.

J’ai hurlé jusqu’au portail de ma raison

et j’ai demandé pardon à la terre qui m’a portée.

Je suis le visage sans voix à la rencontre du peuple renaissant.

 

Koutoubia, ta pierre réveille un peuple, réveille mon être oublié. Ma mémoire, vivante, rougit de tes reflets.... J’ai avalé ton sable et j’ai pleuré mes frères.

Et trahie par mes frères, j’ai sursauté, combien de fois, depuis cent ans !

Lucide comme cette lumière que l'on voit, cette rencontre entre ces murs qui embrassent l'intemporel.

Marrakech, j’ai caressé ton corps et saisi l’obscure, pardonne ma vie brouillée qui se baigne d’illusions sur le trottoir d’une ville bretonne. Tu seras le frisson de mes nuits, j’implorerai la pluie pour laver nos colères, je dessinerai ton visage sur la toile de mes rêves.
Koutoubia, ta pierre réveille un peuple, réveille mon être oublié. Ma mémoire, vivante, rougit de tes reflets. J’ai avalé ton sable et j’ai pleuré mes frères. Et trahie par mes frères, j’ai sursauté, combien de fois, depuis cent ans !
Lucide comme cette lumière que l'on voit, cette rencontre entre ces murs qui embrassent l'intemporel.


Extrait in A Marrakech, derrière la Koutoubia.©Jamila Abitar

 

 


 

 

 

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Djibouti parle français, mais son port parle anglais !

Le PDG du port de Djibouti, Aboubakar Hadi, s’exprime sur TV5 depuis le forum économique francophone de Genève. Il cite, comme exemples de bonne gouvernance sur le continent africain, Djibouti, le Rwanda, la Côte d’Ivoire et le Maroc. Il avoue que, dans l’enclave du port autonome de la francophone Djibouti, la langue anglaise a réussi à s’imposer. Les Français, figés dans leur hexagone, ne voient pas cette tragédie.

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20 mars fête de la francophonie

Fête de la francophonie : voir la carte des nombreuses actions organisées sur tous les continents. Promouvoir la langue française autant dans les pays francophones que dans tous les autres pays. Raisons culturelles ? pas seulement :Beaucoup de témoignages montrent, en Afrique notamment, que des jeunes gens obtiennent des emplois dans des pays anglophones grâce à leur maîtrise du français !  http://20mars.francophonie.org/tous-les-evenements.html

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Obama, invité par Édouard Fritch, sera-t-il bientôt francophone ?

Barak Obama va effectuer un séjour d'un mois en Polynésie française. Il avoue souvent sa gêne de ne savoir aucune langue étrangère, à part un poli "merci beaucoup", mais on peut gager qu'Édouard Fritch, président de la Polynésie, et le personnel du mythique hôtel Brando à Tetiaora le feront progresser dans la langue de Lafayette. Bon voyage, Monsieur le Président, et merci d'avoir choisi cette terre française proche de votre terre hawaïenne natale !

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Le "et alors" de Fillon et l'image de la France !

François Fillon va contribuer au rayonnement de la langue française avec cette exclamation interrogative chargée de combativité, que l'on pense généralement la marque des adolescents rebelles et que ne manqueront pas de reprendre les journalistes étrangers enclins à souligner l'arrogance des Français ! Merci Monsieur Fillon pour l'image de la France !

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Guaino : chapeau !

Henri Guaino réussit un tour de force : coincer les journalistes de France-info plusieurs minutes sur la défense de la langue française. Après avoir évoqué un Munich social et un Munich économique, il n'avait plus qu'à ajouter un Munich culturel, dont le vecteur est la soumission, avec parfois un zèle pitoyable, de beaucoup d'Européens et d'Asiatiques devant le diktat de l'anglo-américain.

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Une Marocaine plus hollandaise qu'un Hollandais !

Dans un reportage entendu ce matin sur France-info, Geert Wilders délivre sa logorrhée nationaliste en langue anglaise, alors que c'est en néerlandais que s'exprime une Marocaine installée aux Pays-Bas. Qui est le plus hollandais des deux ?

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La clause Molière non, la clause Molière-Dante-Cervantès-Goethe oui

Selon les délibérations de quelques conseils régionaux tenus par la droite, les entreprises de travaux publics devraient n'employer que des personnels sachant le français. Or on est loin d'un problème linguistique. Certes, l'Europe a du travail pour progresser dans l'harmonisation des politiques socio-économiques, mais ce genre de mesures, probablement inapplicables et condamnées à être annulées au plan juridique, ne servent ni l'image de la France, ni la cause du plurilinguisme. Nos élites gagneraient plutôt à valoriser notre langue, celle de Molière, et à inciter nos concitoyens à apprendre les langues de nos voisins, meilleur moyen pour que ceux-ci aient envie d'apprendre la nôtre.

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Remontada : quand le catalan enrichit la langue française !

Il a fallu cette remontée extraordinaire du Barça contre le PSG pour qu'un mot nouveau entre dans la langue française. Un peu comme la bérézina, le choc de l'évènement va donner une force à ce terme, qui n'aura pas loin à aller de Barcelone à Pèzenas pour s'accrocher à la langue de Molière. 

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La variété cède au diktat des anglomanes zélés, mais le rap vient au secours du français

La chanteuse Alma va concourir à l’eurovision. Son titre requiem, qu’elle fait rimer avec tu m’aimes, devra comporter des paroles en anglais, pour ne pas risquer de déplaire ! Cela rappelle made for sharing sur la Tour Eiffel ! Décidément, la peur et le panache ne font pas bon ménage. Heureusement le rap révèle une talentueuse Sianna, qui sort, en français, son premier album, Diamant Noir. Pas sotte la prédiction que la francophonie se développera grâce aux Africains d'Afrique et aux enfants qu'elle envoie dans l'hexagone !

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