Los Angeles : « Messieurs les Parisiens, tirez les premiers ! »

Ci-dessous la remarque d’un auditeur de France-info après la fameuse nouvelle des Jeux Olympiques :

Les américains n'ont pas cédé les jeux pour rien, eux qui d'habitude veulent toujours être les premiers dans tout. Ils ont sûrement négocié des avantages qu'aucun autre pays au monde n'aurait eus.

Maintenant, question d'ordre moral avec leur fichu slogan en anglais. Est-ce que Paris va respecter le français comme langue de l'olympisme ou tout sera seulement en anglais comme on le voit un peu partout dans Paris depuis une dizaine d'année?

Les autres réactions tournent généralement autour du financement, mais ce commentaire original m’a conquis, parce qu’il contient l’essence de ma motivation à tenir ce blogue : l’affairisme outrancier des décideurs américains et l’hégémonie qu’ils imposent au reste du monde avec un humanisme en trompe l’œil. 

La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort…apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde… C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort ! 

Je voudrais qu’on enseigne aux petits européens (et aux plus grands) ce constat implacable que François Mitterrand faisait sans détour en 1995 !

 

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La mode italienne et l’interventionnisme de Mussolini sur la langue

La presse italienne se fait l’écho d’un débat controversé sur la création d’un musée du fascisme. Si ce projet voit le jour, à Rome ou ailleurs, nul doute que la politique linguistique de Mussolini y prendra une place importante ! Pour Mussolini, la fierté nationale doit se traduire par une créativité de la langue nationale. L’écrivain célèbre Gabriele d’Annunzio et bien d’autres ont apporté leur concours pour inventer ou fabriquer des mots italiens comme calcio, tramezzino, manifesto, lista, pour remplacer football, sandwich, affiche et menu. Ces créations se sont avéré des succès, puisque ces mots sont toujours employés aujourd’hui, ce qui ne fut quand même pas le cas de toutes ces inventions. Il est un cas particulièrement intéressant : celui de la mode.

Dans Eleganza fascista, son essai paru récemment sur la mode italienne des années 20 à la fin de la guerre, Sofia Gnoli raconte comment le gouvernement fasciste a su user de moyens de pression sur la langue pour renforcer le sentiment d’une nation fière, capable de se suffire sans les autres.

Alors que le secteur de la mode était déjà depuis longtemps très créatif en Italie, c’est Paris qui donnait le ton et les pays étrangers adoptaient généralement le vocabulaire français, comme cela se passe dans beaucoup de domaines. Cela ne pouvait convenir à un gouvernement soucieux de montrer au monde la supériorité de la mode italienne et de faire de celle-ci une ambassadrice de l’italianità.

Ainsi, Cesare Meano fut chargé, en 1936, de rédiger un Commentario-Dizionario Italiano della Moda, à l’intention de toute la profession et des journalistes rédigeant les revues. Le tailleur est devenu completo a giacca, le smoking giachetta da sera, le golf panciotto a maglia, le pied de poule millezampe, la silhouette figurina, le négligé disordine, la trousse scarabattola, le jersey punto calza, le chignon cignone, etc...

Il ne semble pas que cela ait bien marché, mais il n’est pas interdit de penser que, sans obtenir un franc succès dans l’italianisation du vocabulaire de la mode, (ce qui est bien dommage pour ceux qui comme moi préfèreraient entendre settimana della moda plutôt que fashion week...), l’élan volontariste qu’a donné à l’époque le gouvernement fasciste a contribué positivement au dynamisme de ce secteur, qui fait que la mode italienne est reconnue universellement.

 

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Au collège, dès la 6è : oui à la voie du bi-langue pour tous !

Intéressons-nous à la revue Direction du SNPDEN-UNSA, le principal syndicat des chefs d’établissement des collèges et lycées. Dans le n°249, Monsieur S., qui dirige un collège des Pyrénées-Orientales, décrit le cheminement qui a conduit au bi-langue pour tous. Après avoir dépassé les débats éthiques sur la répartition sociale inégalitaire des élèves, selon qu’ils ont choisi ou non l’option de 2 langues vivantes, les craintes d’un surcroît de travail contre-productif pour les élèves moins motivés, les critiques sur les moyens horaires nécessaires au projet et toutes sortes de réticences dont l’essence est peut-être enfouie dans nos cerveaux formatés par le jacobinisme et le centralisme de notre bel hexagone, le Principal est parvenu à ce que tous les élèves de la 6è à la 3è, suivent un cursus bi-langue. Pour la majorité, c’est le couple anglais-espagnol, mais un nombre suffisant d’élèves a choisi anglais-allemand et même, Barcelone rayonnant à l’horizon, anglais-catalan ! L’enseignement des langues n’étant pas une fin en soi, mais sans aucun doute une chance pour les élèves de mieux réussir leur parcours dans l’Europe et le monde à venir, Monsieur S. met en exergue les effets bénéfiques sur la communauté scolaire : d’abord, la sérénité, grâce à une gestion plus harmonieuse de la mixité sociale, puis, la réussite, que l’on observe dans les performances des élèves après la classe de seconde au lycée.

Ce que fait ce collège s’inscrit bien dans une vision européenne plurilingue. D’autres établissements le réalisent près de l’Italie et près de l’Allemagne. La proximité du pays voisin favorise la prise de conscience du défi à relever. Il serait bon que ces exemples aident à généraliser cette prise de conscience jusqu’au plus profond de la France et… au cœur et au cerveau de sa capitale censée gouverner !

Ainsi, en agissant de la sorte, on peut espérer que la prépondérance accordée à la langue anglaise, vecteur d’une uniformisation culturelle par trop américanisée, soit compensée par le désir de promouvoir le multiculturalisme de notre continent. Apprendre la langue de l’autre, c’est mieux le comprendre, mieux se faire comprendre et l’amener à apprendre notre langue ! C’est aussi, comme l’évoque le principal pour son collège, un gage de sérénité et de réussite pour notre continent et le monde de demain !

 

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Euronews, Juncker, Tajani, Philippe et la francophonie

Tandis que le premier ministre de la France appelle les étudiants étrangers à venir faire leurs études en France devant une salle archi pleine de députés au Palais Bourbon, le président de la Commission européenne et le président des députés européens ont fait salle presque vide à Strasbourg. MM. Juncker et Tajani laissent exploser leur colère en français devant les journalistes d'Euronews. Justement la chaîne de télévision européenne a fait de gros progrès dans le plurilinguisme : on avait déjà un commentaire anonyme des reportages en 12 langues simultanées, on a maintenant le titre en français et la bande inférieure des dépêches également en français. On n'atteint pas encore l'équilibre parfait entre les 12 langues, mais on s'en approche. Continuez vos efforts ! Adaptez le titre en Euronouvelles, par exemple. Européens qui ne savez plus trop comment vous départir de l'anglo-américain, demandez conseil aux Québécois !

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Langue française : un sans faute au président Macron au congrès de Versailles !

Pendant 90 minutes le chef de l'État, garant de la langue française, s'est exprimé sur le sens qu'il entend donner à son mandat de président de la république. Faut-il souligner que son discours a été prononcé dans une langue française parfaite, sans le moindre emprunt à la mode concédé à l'angloaméricain ou à l'arabe ou à quelque autre langue, alors que les sujets auraient pu s'y prêter et que maints journalistes y eussent cédé ?

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Simone Veil à l'Académie Française pour l'Europe comme Victor Hugo

Extrait du discours d'entrée de Mme Simone Veil à l'Académie Française le 18/03/2010 au siège n°13, celui de Jean Racine et Pierre Loti, à côté du n°14, celui de Victor Hugo. Sur son épée d'académicienne, elle avait fait graver le matricule 78651, tatoué sur son bras gauche par les SS lors de sa déportation à Auschwitz-Birkenau. Dans son discours ci-dessous, auquel répondra Jean d'Ormesson, elle exprime le désir d'Europe de sa génération du XXè siècle, comme le faisait déjà Victor Hugo sous la même coupole au siècle précédent.

Mesdames et Messieurs,

Dans cette enceinte vouée à la défense et au rayonnement de la France, qu’il me soit permis d’évoquer une ambition à laquelle j’ai voué une partie de ma vie : l’Europe. Elle a été l’horizon qu’au lendemain de la guerre quelques pères fondateurs se sont fixé pour remiser à jamais les guerres fratricides. (...)

Cette aventure européenne fut et demeure le grand défi de la génération à laquelle j’appartiens. Emmanuel Berl disait que l’Europe devait être tout à la fois une communauté de désirs et de doctrines. Peut-être Pierre Messmer (son prédécesseur au siège n°13) estimait-il que les doctrines affadissent par trop le désir ? Ce défi lancé aux vieilles nations, je l’ai accueilli et accompagné avec plus d’optimisme que Pierre Messmer. Et l’ancienne présidente du Parlement européen que je suis est heureuse de devenir aujourd’hui, dans cette enceinte, l’un des porte-parole de cette idée européenne qu’illustre depuis ses origines l’Académie. Ne sommes-nous pas en train de discourir dans un lieu appelé « Collège des Quatre-Nations », appellation qui dit bien sa vocation à l’ouverture ?

Les pères de l’Europe ont voulu construire une réalité à partir du rêve d’un homme dont la voix a retenti nombre de fois sous cette Coupole. J’ai nommé Victor Hugo. En 1841, fraîchement élu à l’Académie, il se consacre à la rédaction d’un texte sur le Rhin, où il ébauche le projet d’une union européenne fondée sur ce qu’il est convenu aujourd’hui de nommer le couple franco-allemand. Il écrit : « La France et l’Allemagne sont essentiellement l’Europe. L’Allemagne est le cœur, la France est la tête. Le sentiment et la pensée, c’est tout l’homme civilisé. Il y a entre les deux peuples connexion intime, consanguinité incontestable. Ils sortent des mêmes sources ; ils ont lutté ensemble contre les Romains ; ils sont frères dans le passé, frères dans le présent, frères dans l’avenir. »

Fraternité et avenir, sous l’égide de ces beaux mots, qui ont naturellement cours chez vous, je suis fière d’être reçue par votre Compagnie.

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F comme Freyssinet, comme Fret, comme Francilien, comme French Tech, comme Fierté et… comme Francophonie ?

Station F est inaugurée jeudi soir par Xavier Niel, mécène enthousiaste et Roxanne Varza, directrice fière. L’ancienne gare de marchandises de Paris-Austerlitz (34000 m2), après 3 ans de travaux, est devenue le plus gros incubateur de start-up du monde en offrant à 1000 jeunes pousses des postes de travail, des espaces de réunion, de restauration et un auditorium. Faire venir en France les entrepreneurs est une ambition qu’a répétée le chef de l’État lors de sa visite avec Mme Hidalgo. Non sans humour, Emmanuel Macron a dit au public qu’il fallait reprendre ce mot entrepreneur aux anglo-saxons qui nous l’avait chipé ! Décidément, il doit lire mon blogue !

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Edouard Philippe en Estonie avant Macron !

Au moment même où les médias français n’en peuvent plus de rabâcher les réflexions puériles sur la soi-disant mise à mal du premier ministre par le président, Édouard Philippe est à Tallinn et c’est en français qu’il donne sa conférence de presse. On remarque que le premier ministre estonien, Jüri Ratas n’a pas d’oreillette… Il faut dire que la francophonie n’est pas une notion ignorée de ce pays balte, qui, en 2010, a organisé le 40ème anniversaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Avec l’aide de l’Association des professeurs de français d’Estonie, le lycée français de Tallinn a accueilli cette manifestation. La langue officielle de l'Estonie est l'estonien, qui n’est pourtant la langue maternelle que de 70 % de la population du pays, tandis que le russe est la langue maternelle des autres 30%. L’estonien est étroitement apparenté au finnois et plus lointainement au hongrois. Cet idiome (eesti keel) a survécu au cours des siècles passés aux influences pressantes du suédois, du russe et de l’allemand. Les traces de sa forme écrite remonte au XVIè siècle. Il fait partie des 24 langues officielles de l’Union Européenne et participe ainsi du plurilinguisme du continent.

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Zaz héroïne de la francophonie

Zaz vient de s’exprimer à la radio. La jeune chanteuse française connaît depuis la sortie de son premier album en 2010 un succès retentissant en France et aussi à l’étranger. Son répertoire se nourrit du patrimoine de la chanson française et de ses créations. Elle chante en français sur les cinq continents, point n’est besoin pour elle d’imiter les jeunes talents qui ne croient aux chances de succès que s’ils versent dans le tout-anglais. Zaz s’émerveille lorsqu’elle sent que le public étranger non francophone reste concentré sur l’énergie qu’elle renvoie, ce qui me rappelle l’intervention passionnée et passionnante de la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, qui expliquait qu’elle parle en français avec « tout son corps, sa tête, ses mains, ses yeux » et que c’est ainsi qu’elle se sent convaincante à l’ONU et ailleurs. Toutes deux démontrent, l'une en chantant, l'autre en parlant, que c’est en s’exprimant dans sa langue maternelle que le souffle, que les ondes de la passion parviennent le mieux à toucher l’auditoire.

Par sa performance qui ravive l’intérêt pour le patrimoine de la chanson française et ses effets heureux sur la langue de Piaf, Brel et Gainsbourg, Zaz peut être considérée comme une héroïne de la Francophonie, ce que n’ont pas manqué de faire les héroïques francophones du nouveau monde dès 2011 en lui décernant le Félix au gala de l'ADISQ pour l'artiste de la francophonie s'étant la plus illustrée au Québec.

Souhaitons-lui un énorme succès au festival éco-responsable du château de Crussol le mois prochain !

 

 

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Nathalie Loiseau aux Affaires européennes : peut mieux faire pour la francophonie !

Le Premier Ministre Édouard Philippe vient de nommer Madame Loiseau aux Affaires Européennes. Directrice de l'École Nationale d'Administration depuis 5 ans, elle est à l'origine de l'arrêté du 16/04/2014, qui a révolté plus d'un défenseur du plurilinguisme. La sénatrice Claudine Lepage appelle l'attention de Mme la ministre de la décentralisation et de la fonction publique sur les conséquences du choix de l'épreuve d'anglais comme seule épreuve de langue au concours d'entrée à l'école nationale d'administration, à partir de la session de 2018. Les douze autres langues, autorisées jusqu'à présent par l'arrêté du 13 octobre 1999, ne pourront plus être choisies au concours d'entrée et seront, au cours de la scolarité, reléguées dans des formations facultatives non prises en compte dans le classement final.
Ce choix de la langue unique représente une régression incompréhensible, contraire à toute vision prospective et aux intérêts de la France tels qu'ils sont généralement affirmés par le gouvernement français.
Le monde d'aujourd'hui est un monde plurilingue qui ne devrait admettre aucune hégémonie linguistique et priver les futurs hauts fonctionnaires de l'ouverture au monde que permet la diversité linguistique et culturelle lui semble très inopportun, alors même que les anglophones s'interrogent sur les limites de leur propre monolinguisme.

De surcroît, elle estime que la France donnerait un très mauvais signal à l'ensemble des pays dont les langues sont éliminées du concours, avec un impact logiquement négatif sur l'enseignement du français dans le monde.
Elle souhaite donc l'alerter sur les conséquences d'une telle décision.

L’Association des Professeurs de Langues vivantes et l’Observatoire Européen du Plurilinguisme relèvent que l’orientation donnée par cet arrêté ne sert en aucune manière les intérêts des futurs hauts fonctionnaires qu’elle forme et ne contribue pas à renforcer l’attractivité internationale de cette école. La Chine par exemple, qui, à côté de l’anglais, investit beaucoup dans la langue française, en raison autant du rôle international de la France, que du développement de l’Afrique, n’a pas du tout une politique du tout-anglais et est par ailleurs très attentive à la place faite au mandarin dans les pays partenaires.

L’Association pour le Développement de l'Enseignement de l'Allemand en France s’est associée au recours juridique présenté par l’Observatoire Européen du Plurilinguisme et a donné mandat à l’OEP de la représenter au cours de la procédure.

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