Qui fait honte à la francophonie lors du débat du 2è tour des présidentielles?

La candidate a américanisé le débat par son agressivité et ses logorrhées: un comble pour celle qui défend le patriotisme ! Le New York Times décrit une empoignade à l’américaine, tout-à-fait inattendue des observateurs qui reconnaissent aux Français l’habitude de discussions raisonnées. Lorsqu’une candidate met son éloquence au service de la médiocrité, elle dessert la francophonie. De son côté, le candidat a su rappeler que la langue française était parlée sur les 5 continents ! C'est une autre dimension !

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Dans une semaine LE PEN ? MACRON ? Quelle importance pour la francophonie et la langue française ?

L’option de la candidate repose sur le souverainisme : une France qui fermera ses frontières, fera ses choix sans dépendre de l’institution européenne et se mettra ipso facto à l’écart des autres pays, diminuant l'influence de sa langue et la possibilité des autres à lutter contre le globish.

L’option du candidat repose sur la volonté d’œuvrer pour et dans une Europe unie, l’Europe des 24 langues officielles qui, à l’évidence, cède à l’anglais et au globish, de sorte que 23 de ces langues risquent de devenir des espèces en voie de disparition.

Le choix entre les deux options ainsi exposées n’incite guère à l’optimisme et pourtant…

Si l’option de la candidate me paraît sans issue pour le développement de la francophonie avec une France enfermée dans ses frontières, on peut espérer que l’option du candidat, qui joue la carte de l’Europe, sera bénéfique. Justement pour avoir choisi l’union européenne. Seulement il y a une condition : le couple franco-allemand, fondateur de l’union. Ce couple devra avoir la volonté d’insuffler une nouvelle approche politique, après avoir tiré les leçons du brexit et des aspirations de tous les peuples malmenés par leurs élites. Dans ce contexte, il y aura une place pour la défense et même la promotion des langues et de la traduction. On pourra alors compter sur l’Académie Française et l’Institut Goethe pour donner le ton, avec l’Accademia della Crusca, l’Institut Cervantes et les organismes de défense de toutes les autres langues.

Cela ne se fera qu’avec le signal politique venant d’en haut, avec des décisions concrètes dans ce sens, en insistant auprès des élites de tous bords, culturels et commerciaux, qui se laissent inconsciemment ou avec zèle bercés et aspirés par le modèle hégémonique américain, que l’Europe unie de droite et de gauche doit absolument contenir sans ambages. Il y va du rôle qu’une civilisation riche d’histoire et de valeurs, l’Europe, entend jouer dans le monde du XXIè siècle, qui tend à réduire sa place.

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MOANA en tahitien à Papeete : bravo la Polynésie!

Moana fille des tropiques

Le fameux film de Walt Disney vient d'être adapté en tahitien. Étienne Raapoto a conduit une petite équipe compétente pour réaliser ce travail remarquable, même si on peut regretter qu'il s'agisse d'un vecteur de la civilisation américaine. Cette initiative contribue à préserver heureusement le patrimoine de la Polynésie française. Voir :

http://www.tahiti-infos.com/Moana-en-tahitien%E2%80%89-rencontre-avec-l-equipe_a160050.html#

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Macron cite Villers-Cotteret pour louer la Francophonie

 

 

C'est heureux que le futur président de la république française évoque la francophonie dans ses discours de campagne. Ce soir lors de la réunion publique qu'il tient à Arras, il parle du rayonnement de la langue française et cite "Villers-Cotteret" sans plus d'explication. Je ne sais combien de personnes dans l'assistance auront compris qu'il s'agit de l'ordonnance du roi François Ier signée en 1539 à Villers-Cotteret, dans le chateau qui, comme Whirlpool, attend un repreneur... voir mon article à ce sujet.

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Heureusement, les chansons françaises d'antan vivent et d'autres naissent !

Oui, elles vivent: il y a Olivier Ker Ouro avec son harmonica, qui jazze les répertoires de Delpech, Gainsbourg, Asnavour, Bécaud... c'était les disques que passait sa mère pendant que son père écoutait du jazz. Il fait la synthèse des deux et c'est vraiment chouette. Et pour la création d'aujourd'hui, il y a Gauvain Sers, le chanteur à la casquette de velours côtelé du Printemps de Bourges. Ses poèmes chantés à la Renaud, pleins de charme et de satire à fleuret moucheté, visent les marchands de haine qui font campagne. Ses titres : Pourvu, Hénin-Beaumond...

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L’espéranto au Moresnet

Les Européistes rêvent de ce petit territoire issu du traité d’Aix-la-Chapelle de 1816. Ce triangle de 350 hectares, tracé au cordeau entre les Pays-Bas et la Prusse, doit sa neutralité à l’existence d’un gisement de zinc unique en Europe. Moresnet mena une vie prospère durant tout le XIXè siècle. Il allait même devenir l’Espérantie, premier pays espérantophone, tellement les habitants se montraient enthousiastes à pratiquer cette langue internationale. Il aurait pris pour nom Amikejo (lieu d’amitié), mais la guerre franco-allemande détruisit ce beau projet et le traité de Versailles intégra la cité à la Belgique en 1919. Il faut dire que l’extraction du zinc était révolue depuis plus de 20 ans et que Hausmann en avait bien profité pour couvrir les toits de Paris !

 

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Sauvons le château de Villers-Cotterets, comme il faut sauver la langue française !

 

 

C'est là qu'en 1539, François Ier signa l'ordonnance qui imposait la langue française dans tous les actes administratifs et juridiques du royaume de France, remisant le latin et les langues régionales au rencart. Aujpurd'hui, ce château nécessite une sérieuse restauration. Or, l'État (propriétaire à 92%) et la Commune (à 8%) fuient leurs responsabilités et cherchent un repreneur. Quel sera l'audacieux mécène ? de quel pays ? pour quel dessein ? Et si cet évènement présageait de ce qui arrivera bientôt à nos langues européennes ?

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Bernard Cassen pour Mélanchon : Pour une francophonie active, respectueuse du plurilinguisme

Voici la partie opérationnelle du projet élaboré par Bernard Cassen dans le cadre du projet politique du candidat Mélanchon :

1. Face à l’hégémonie de l’anglais, promouvoir  le plurilinguisme.
•  Développer l’enseignement des langues autres que l’anglais (notamment les langues asiatiques et celles de nos voisins européens) dans le système éducatif ; •  Développer et expérimenter dans la formation initiale et la formation continue les méthodes d’intercompréhension des langues latines. Au sein de cette famille linguistique – dont font partie le catalan, l’espagnol, le français,  l’italien, le portugais et le roumain –, on peut en effet apprendre à se comprendre tout en s’exprimant chacun dans sa langue ; •  Exiger l’utilisation du français dans les institutions internationales où il est l’une des langues officielles, en premier lieu dans l’Union européenne. Donner à  tous les fonctionnaires français instruction ferme de faire respecter ce droit en application des circulaires du Premier ministre, et sanctionner les contrevenants. Soutenir les locuteur·trice·s des autres langues officielles qui sont dans la même situation ; •  Renforcer les dispositions de la loi Toubon, notamment en matière de contrats de travail, de publicité et d’enseignes commerciales, d’enseignement en français, et sanctionner les grandes firmes qui imposent illégalement à leur personnel francophone, notamment d’encadrement, de travailler exclusivement en anglais ; •  Sur le modèle de Médecine/Sciences, en lien avec les organismes de recherche, créer au moins une nouvelle revue scientifique de référence en français et encourager financièrement la publication de synthèses en français de travaux scientifiques originellement produits en anglais, notamment par des chercheurs francophones ; •  Renforcer l’usage du français dans la production des films des pays  francophones tout en adoptant une politique soutenue de sous-titrage en langue nationale. Étendre la diffusion des films de langue française.
Nos propositions : l'ambition de la francophonie

2. L’éducation et la culture francophones •  Renforcer la présence des auteurs francophones ultramarins et étrangers dans les programmes scolaires ; •  Élaborer des contenus et des diplômes communs entre pays francophones ; •  Renforcer le réseau des instituts et alliances français dans les pays nonfrancophones et planifier des échanges d’étudiant·e·s et de lycéen·ne·s ; •  Abonner gratuitement les quelque 900 000 professeurs de français en exercice dans le monde à une publication électronique sur les pays francophones.

3. Partager les savoirs  •  À l’intérieur de l’espace francophone, mettre en place progressivement un visa privilégié permettant la libre circulation en son sein des artistes, des universitaires, des chercheur·se·s, des ingénieur·e·s, des acteur·trice·s économiques et des étudiant·e·s ; •  Comme première concrétisation de ce projet, créer un programme de mobilité étudiante francophone du type Erasmus ; établir un fonds commun des pays francophones en faveur du financement de ce programme ; •  Développer les Centres internationaux d’études françaises (CIEF) afin d’étendre l’usage du français dans l’enseignement supérieur pour les étudiant·e·s des pays membres de l’OIF. Le but étant de valoriser une authentique identité francophone qui s’harmonise avec les identités nationales respectives. Nos propositions : l'ambition de la francophonie

4. Assurer  le rayonnement  du français  
•  Avancer à l’ONU vers une concertation régulière entre les États membres francophones comme à l’Unesco, afin de peser dans les décisions concernant le maintien de la paix, le développement durable, la politique environnementale et la protection de la diversité linguistique mondiale, etc. ; •  Élargir l’offre de programmes et d’informations de RFI, de France 24 et de TV5 Monde à de nouveaux partenaires francophones ; •  Organiser des rencontres régulières entre ambassadeur·drice·s des États francophones dans le maximum de pays, en premier lieu ceux membres de l’OIF ; •  Renforcer le réseau des Instituts français et des Alliances françaises ; réaliser quelques expériences pilotes de leur élargissement à la francophonie en vue de les généraliser ; •  Faire le même exercice pour les établissements d’enseignement français à l’étranger, ainsi que pour le Centre international d’études pédagogiques (CIEP) de Sèvres actuellement placé sous la tutelle du ministère français de l’Éducation nationale ; •  Développer et diversifier les moyens de diffusion et de connaissance de la langue française sur tous les supports de communication disponibles : sites Internet dédiés, réseaux sociaux, plateformes collaboratives universitaires.

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Bravo à Claudine Lepage, sénatrice rapporteur du projet "Francophonie, un projet pour le 21è siècle

Francophonie, réveille-toi ! La sénatrice Claudine Lepage donne son avis et rapporte son projet pour le 21è siècle. Des candidats à la présidence abordent ce sujet. Mélanchon a un excellent projet, établi par Bernard Cassen. La sénatrice :

"En mars la fédération France-Québec Francophonie faisait sa dictée francophone annuelle en mettant en avant le Québec, la Côte d’Ivoire, l’Auvergne et l’Acadie. Française installée au Québec depuis maintenant 19 mois, cela fait la 2e année que je soutiens cette dictée avec la collaboration des 2 écoles que ma fille a fréquentées et d’une association régionale de France-Québec en Charente. Je me demande pourquoi de tels projets, simples et rassembleurs, ne sont pas plus valorisés et accompagnés ? Cette dictée rappelle l’importance, la richesse et l’héritage de la langue française et les enfants sont finalement bien plus impliqués que les parents" Claudine Lepage.

Le rapport d’information « Francophonie : un projet pour le 21e siècle » co-rapporté avec mon collègue Louis Duvernois au sein de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat est paru. Ce rapport est issu des auditions conduites par un groupe de travail composé de dix membres représentant tous les groupes politiques.  Au cours de nos travaux, nous avons conduit une trentaine d’auditions et entendu une cinquantaine de personnes : experts, universitaires, diplomates, représentants des pouvoirs publics et des organismes venant en appui, représentants d’entreprises françaises, parlementaires, etc.

À l’issue de nos  travaux, nous avons adopté trente propositions pour que le 21e siècle s’écrive en français.

Nous recommandons notamment :

– de resserrer l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) autour d’un « noyau dur » de pays véritablement francophones et de recentrer ses priorités sur les enjeux linguistiques,

– à la faveur des négociations sur le Brexit, de garantir la place du français et des autres langues au sein des instances européennes,

– d’engager une réflexion sur la création d’un « ERASMUS francophone »,

– de créer un « office francophone de la jeunesse »,

– de faire de nos outre-mer des « têtes de pont » de la politique française en faveur de la francophonie.

Lors de ma présentation de ce rapport devant la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat j’ai tenu à rappeler l’essentiel : le français fait partie des langues majeures du globe : cinquième langue mondiale en nombre de locuteurs, quatrième langue par le nombre d’internautes, troisième langue des affaires – après l’anglais et le chinois -, deuxième langue apprise – après l’anglais -, deuxième langue d’information internationale – après l’anglais -, elle dispose de nombreux atouts :

des atouts historiques et culturels : l’histoire de France a implanté le français sur les cinq continents et a nourri une belle image de la langue française, souvent associée à la liberté mais aussi au raffinement, à la culture … ;

des atouts économiques : l’espace « francophilophone » selon le joli néologisme de Jacques Attali représente aujourd’hui plus de 15 % de la richesse mondiale ;

– mais surtout, des atouts démographiques : la francophonie constitue le sixième espace géopolitique mondial par sa population et pourrait devenir le quatrième à l’horizon 2050 : 230 millions de personnes parlent français aujourd’hui, elles pourraient être 770 millions en 2050 ; c’est d’ailleurs l’ensemble linguistique qui connaîtra la plus forte croissance des cinquante prochaines années.

Cet atout démographique repose néanmoins sur des bases fragiles. La croissance démographique escomptée par la francophonie d’ici 2050 résulte de la seule croissance démographique de l’Afrique francophone : en 2050, 85 % des francophones seraient africains. Beaucoup dépendra donc de l’évolution, en qualité comme en quantité, de l’enseignement du et en français dans ces pays.

C’est pourquoi notre rapport fait une grande place aux questions d’éducation avec plusieurs recommandations pour que ce sujet ne soit pas abandonné des autorités, ni dans notre politique de coopération, ni dans notre politique diplomatique. Il n’aborde pas directement la question du financement de ces recommandations mais préconise néanmoins de rééquilibrer parfois nos priorités budgétaires afin d’investir plus dans l’éducation qui nous semble un enjeu d’avenir crucial.

Notre rapport fait aussi nombre de propositions relatives au développement des médias et, d’une façon plus générale, des contenus culturels et numériques, car c’est sur ce champ que se jouent aujourd’hui la bataille des langues et le français doit conserver une image de modernité et entretenir un « désir de français ».

Enfin, nous avons souhaité donner toute sa place à la jeunesse francophone avec des propositions de création d’un « ERASMUS francophone » pour les étudiants ou d’un office francophone de la jeunesse pour les jeunes professionnels.

Claudine Lepage sénatrice représentant les Français établis hors de France présidente de Français du monde-adfe

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JE NE ME BATS PAS CONTRE L'ANGLAIS, JE ME BATS POUR LA DIVERSITÉ (Claude Hagège)

Autant tu connais de langues, autant de fois tu es un homme  (Ինչքան լեզու իմանաս՝ այնքան մարդ էս:) [ Intchkan lezou imanas , aÿnkan mard es ], ce proverbe arménien pourrait être la devise d'une institution qui prône la diversité culturelle. Goethe avait compris que celui qui ne connaît pas les langues étrangères ne connaît rien de sa propre langue (wer fremde Sprachen nicht kennt, weiss nichts von seiner eigenen). On voit bien qu'une langue unique aboutirait à une pensée unique. Les américains ont compris qu'à côté de l'armée, de la diplomatie et du commerce, il existe aussi une guerre culturelle. En mettant en avant la défense de leurs valeurs universelles, ils ont entrepris  le formatage des esprits pour mieux écouler les produits américains. Bien avant les armes, l'aéronautique ou l'informatique, le cinéma représente leur poste d'exportation le plus important et marque leur volonté d'imposer l'anglais comme langue mondiale. François Mitterand, dans ses mémoires, l'exprime avec emphase :« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort.»

Vers 1960, mon père me répétait souvent : les Américains ont cassé les empires coloniaux de la France et de l'Angleterre et ils ne laisseront jamais faire l'Europe non plus. Je croyais qu'il avait tort, mais force est de constater, en 2017, que ce qu'il avait compris de l'histoire du XXè siècle était encore valable pour le XXIè...

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