Macron en anglais à Washington, certes, mais… la francophonie ?

La visite royale du chef de l’État français au pays locomotive du néolibéralisme avait sans aucun doute des objectifs complexes et variés, dont l’un devait être de démontrer l’aisance du président Macron dans la langue d’Hemingway. Mais a- t- il évalué le risque d’affaiblir ainsi la langue française sur la scène mondiale ? Il devra peut-être une fière chandelle à cet étudiant saoudien de l’université George Washington qui, ayant connaissance des déclarations du président français au Moyen-Orient en faveur de la francophonie, l’a interrogé à ce sujet lors de sa prestation devant les étudiants. En réponse, Macron livre en anglais son credo sur le rayonnement de la langue française, mais il reconnait le risque qu’elle soit encore perçue comme un instrument de domination, comme à l’époque des colonies. Cependant le cœur de la francophonie se trouve désormais quelque part entre les fleuves Niger et Congo. C’est pourquoi il demande à l’Académie Française d’adopter une nouvelle philosophie à l’égard de la francophonie. Il compte sur une prise en charge de celle-ci par les Francophones des Caraïbes, du Pacifique et du continent africain, d’où la nécessité d’encourager ceux-ci par des investissements divers dans les moyens d’enseigner et d’apprendre le français. Il termine ce chapitre en invitant les étudiants à consulter le site de l’Académie Française.

Il n’a pas parlé des Francophones d’Europe et d’Amérique du nord, alors que les paroles de Justin Trudeau résonnent encore au Palais Bourbon. Il n’a pas abordé la question de la demande du français comme seconde ou troisième langue, qui est réelle et non satisfaite à souhait en Asie, en Afrique anglophone et en Amérique du sud. Il n’a pas non plus dit à ces étudiants ce qu’Obama leur aurait probablement dit : « Apprenez la langue des autres, c’est le meilleur moyen de mieux les comprendre ! »

 

 

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Quelle maestria ! Quand Justin Trudeau donne des leçons aux députés français !

Le premier ministre canadien, en visite en France le 17 avril, donne une brillante leçon de français et de francophonie à nos députés. Comme l’ensemble des élites de l’Hexagone, ils en ont hélas bien besoin !

Dans son discours à l’Assemblée Nationale, devant les députés et le gouvernement au complet, au moment où il aborde la délicate question des accords commerciaux signés en 2016 par l'Union européenne et le Canada, il cite l’ « Accord Économique et Commercial Global (AECG) » ou « CETA, comme vous dites en bon français* ». Il les observe alors avec malice, satisfait de son effet. Nos députés, interloqués, n’en revenaient pas de constater que les Canadiens francophones avaient une dénomination française pour ce traité, alors que les Français adoptent comme trop souvent avec paresse, snobisme et allégeance le terme américain, sans la moindre conscience des effets d’une telle soumission, dont la signification va bien au-delà de la linguistique…

Eh oui, pendant ce temps, les 36 millions de Canadiens vivent avec le bilinguisme et même si les francophones ne constituent que 20% de l’ensemble, leur pays parvient à élire l’un de ceux-ci à la tête du gouvernement. C’est tout à l’honneur de leur démocratie. Il n’empêche que devant la pression anglophone, le français n’eût pas survécu aussi bien si, en 1974 et 1977, l’Assemblée Nationale du Québec n’avait voté 2 lois fondamentales sur la langue officielle (loi 22) et la charte de la langue française (loi 101).

Quand les Français comprendront-ils qu'il ne faudrait pas attendre d'en arriver là ?

*CETA = Comprehensive and Economic Trade Agreement (CETA)

 

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De Djeddah à Toulon, jeunes élèves francophones et laicité

Au moment de la visite en France du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, les élèves de 3ème de l’École française internationale de Djeddah, deuxième ville d’Arabie Saoudite, ont été accueillis par le Collège Peiresc de Toulon.

Les 19 élèves visiteurs et leurs hôtes toulonnais ont participé à de nombreuses activités : 8 ateliers et visites dans la ville. À la faveur d’une exposition réalisée par les élèves du collège Peiresc, ils ont pu ainsi débattre ensemble des valeurs et du principe de laïcité de la République française et répondre notamment à des questions telles que « Tuer au nom de Dieu ? », « Peut-on rire de tout ? », « Peut-on tout tolérer ? », « Jusqu'où respecter les différences ? »... Les élèves de Djeddah ont notamment constaté la liberté de circulation et de rapprochement entre filles et garçons dans l'espace public. L'équipe enseignante a marqué sa satisfaction devant le résultat de cette journée d'action citoyenne : une expérience très profitable à tous ces jeunes gens dont l'horizon socio-économique et culturel éloigné de nos repères a montré combien l'esprit d'ouverture et la curiosité restent des clés majeures dans le processus de fraternité.

En effet, le président Emmanuel Macron a déjà montré le prix qu’il porte au développement de la Francophonie et c’est heureux que les intentions affichées en haut lieu se voient démontrées par les acteurs de terrain, en premiers de cordée dans cette mission. Bravo aux enseignants qui organisent ces échanges scolaires !

NB : Djedda (orthographe française) est un grand centre de commerce de 3 millions d’habitants, situé au bord de la Mer Rouge. La partie ancienne de la ville est classée au  Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2014, sous la dénomination « Ville historique de Djedda, la porte de La Mecque ».

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Quand la Francophonie brille à New-York

Rendez-vous au Festival des 5 continents à New-York du 5 au 7 avril prochains !

C’est le Centre de Civilisation et de Culture françaises de l’Université de New York qui organise ce Festival, dans le cadre du Printemps de la francophonie organisé par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Les activités prévues se dérouleront à l’Université, à l’OIF, au Café Cornelia et dans les grandes librairies.  Seront abordés différents aspects de la création littéraire francophone et le sens de la démarche de s’exprimer en français, avec les points de vue d’auteurs francophones comme Philippe Ungar, dernier journaliste qui a pu s’entretenir avec Rostropovitch, et Yamen Manai, lauréat 2017 du Prix des Cinq continents de la francophonie pour  l’Amas ardent.

 

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Francophonie : Macron suit son serment sur la Constitution

Lorsque Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel, a fait jurer le président Macron, nouvellement élu, sur la Constitution qu'il représentait la France et sa langue, peu d'observateurs l'ont remarqué, car les élites françaises, du moins une bonne partie de la parisienne, ne se sent concernée par ce qui doit faire l'objet d'un combat : la Francophonie et la langue française. Pire encore : beaucoup de cadres d'entreprise, de publicitaires, de journalistes, d'universitaires, d'élus de la Nation et des collectivités... jouent de l'anglomania pour paraître dans le coup et prennent pour des ringards et des puristes celles et ceux qui attirent leur attention sur la signification culturelle d'une uniformisation galopante non désirée qu'apporte le tout-en-anglais. Détail révélateur, France-info, qui n'est pas la pire en la matière, a passé plus de temps sur les malheurs de facebook que sur le discours très volontariste, énonçant des projets concrets que le chef de l'État a prononcé devant les Académiciens et les 300 étudiants francophones du monde entier. Voir le résumé du discours.

DISCOURS_MACRON

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Adriana Tanus et l’Orchestre des lycées français du monde, premier de cordée de la Francophonie !

Bravo à Adriana Tanus, professeure au lycée français de Madrid, qui met en scène 70 jeunes musiciens et 110 jeunes choristes des lycées français de 27 pays  pour ouvrir la Semaine de la langue française et de la francophonie.

C’est le 17 mars à Paris, dans le splendide auditorium de la Maison de la Radio, où l’on attend plus 1400 spectateurs, que l’Orchestre des lycées français du monde, sous la direction d’Adriana Tanus, donnera son grand concert pour célébrer la musique et la langue française.

Au programme des œuvres de Gioachino Rossini à Charles Gainsbourg, en passant par Charles Gounod et Sybelius, ainsi que des chants traditionnels de Côte d’Ivoire et du Japon. Que d’émotions en perspective !

Le concert sera également diffusé sur le site de l’AEFE et en podcast, grâce au travail d'une équipe de jeunes reporters internationaux des lycées français de Phnom Penh et de Porto !

Cela fait 4 ans que Madame Tanus conduit un orchestre constitué d’élèves de lycées français à Madrid, à Paris, à Ho-Chi-Minh-Ville ! Cette année ils viennent de 27 pays, tous unis par un amour de la musique et de la langue française. Ces jeunes, scolarisés de la Sixième à la Terminale, ont fait un triomphe au Lycée Français de Madrid lors de la répétition générale en janvier dernier. La chef d’orchestre et professeur, au micro de France-info, se plaît à raconter comment ses élèves de tous les continents conversent entre eux. En français bien sûr !

 

 

 

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Michaelle Jean et Jean-Baptiste Lemoyne en tête pour la Francophonie

La conférence internationale sur la francophonie et le plurilinguisme dans le monde s’est tenue à Paris les 14 et 15 février, l’objectif étant d’alimenter le «grand plan» qu'Emmanuel Macron doit annoncer le 20 mars. D’où le concours «mon idée pour le français» ouvert à tous les internautes.

Ainsi, la volonté de promouvoir le plurilinguisme demanderait que l’on n’entre pas dans une bataille stérile entre les langues. Michel de Rosen, PDG de Faurecia, explique ne pas vouloir «terrasser l’anglais, mais penser une combinaison en général, en particulier dans le monde des affaires. Tandis que Michaelle Jean, secrétaire générale de l’OIF, affirme que «la démocratie internationale et la langue unique sont incompatibles et qu’on ne peut imposer à tous des concepts véhiculés dans la langue de quelques-uns». 

Quant à Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, «on se projette encore insuffisamment comme francophone». Il propose donc un grand ménage de printemps dans les institutions et les idées, quitte à déplaire à quelques grincheux…

Pour Tim Horvat, étudiant slovène multilingue, l’apprentissage du français est trop souvent axé sur la grammaire, donc la langue paraît trop complexe, voire inabordable, comparée à l’anglais. Selon lui, il faut faire du français «une langue plus relax». 

Kaouther Adimi, lauréate du prix Renaudot des Lycéens, fait également remarquer en connaissance de cause le coût des études dans les lycées français de l’étranger. Elle aborde aussi la problématique des langues locales des pays issus de la colonisation. 

Bref, quelle stratégie enclencher en attendant de déclarer d’ici 2050 Kinshasa capitale de la francophonie ?

 

 

Le Cercle Littéraire des Écrivains Cheminots et l'amour de la langue française !

Le CLEC, Cercle Littéraire des Écrivains Cheminots, mériterait de passer dans les médias à une heure de grande écoute, au moment où l’actualité se déchaîne sur la SNCF et met les cheminots au pilori pour leur faire expier de soi-disant privilèges !

Les cheminots talentueux créateurs de poésie et de nouvelles sont les héros d'un concours littéraire marqué chaque année par une remise des prix à Paris.

Le CLEC, association de plus de 500 membres, intervient également dans les centres de vacances de la SNCF (ces vacanciers sont privilégiés ?) et organise au fil de l’année des conférences et des expositions.

Ce faisant, ces amoureux des mots et des auteurs francophones montrent leur attachement à la langue française et pas mal de nos élites hexagonales devraient s’en inspirer. C’est dans l’esprit de défense de la loi Toubon de 1994, rappelant, s’il en était besoin, que le Français est la langue de la République, que le CLEC dénonce les dérives et les soumissions à la langue anglo-américaine, qui baptisent nos écoles de commerce et nos aéroports,  qui transforment la Tour Eiffel, qui nous intoxiquent de publicités, de films, de chants, au détriment du rayonnement de la francophonie et des autres langues. Il met à notre disposition des autocollants Non à l’anglais partout , que l’on peut demander au CLEC.

Bravo pour cette initiative et je suis heureux que mon blogue Halte au tout en anglais soit en phase avec elle !

 

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Bienvenue en France à George Weah, président du Libéria !

Pour avoir connu le Libéria d'avant les conflits fratricides de la fin du siècle précédent, je mesure l'importance du geste de George Weah, nouveau président, qui commence sa tournée européenne en France et qui sera reçu à l'Élysée par Emmanuel Macron. Certes, Weah est un ancien joueur du Paris-Saint-Germain, mais c'est surtout que la politique qu'il doit maintenant mener dans son petit pays de l'ouest africain a besoin de liens sérieux avec l'Afrique francophone et bien sûr avec la France.

En effet le Libéria, petit îlot anglophone avec la Sierra Leone, est entouré principalement de la Côte d'Ivoire et de la Guinée. Le Sénégal, le Burkina-Faso et bien d'autres ne sont pas loin. Ce pays a été fondé au XIXè siècle pour permettre à des Afro-Américains libérés de l'esclavage aux États-Unis de retrouver une "mère-patrie". La langue officielle est donc l'anglais, mais qui, de par son influence afro-américaine, se distingue nettement de la langue anglaise très "British" des pays africains anglophones.

La population est donc constituée, pour une part minoritaire mais socialement dominante, des descendants de ces esclaves affranchis, aux patronymes sonnant délicieusement anglais ou français selon le cas (par exemple Emmet Goodridge, Napoleon Cassel, Samuel Johnson, Daniel Massaquoi...), et pour une part plus importante des Africains autochtones portant des noms du type Momolu Dukuli. Ces exemples sont tirés des élèves à qui j'enseignais avec bonheur et quelques collègues camerounais et togolais la langue de Molière. En général, ils s'en sortaient très bien, naturellement motivés par la proximité d'une vaste aire francophone à proximité. Aujourd'hui les Alliances Françaises des pays anglophones de l'est africain savent la demande importante de cours de français, langue nécessaire pour trouver un emploi. C'est pourquoi il me semble indispensable que la France aide ces pays et fassent le maximum pour le rayonnement linguistique, culturel et économique de la Francophonie.

Au vu des enjeux d'aujourd'hui pour son pays, qui a tant besoin de paix et de développement, l'élection de George Weah, enfant des quartiers populaires, est de bon augure. Souhaitons-lui bonne réussite !

 

 

 

 

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Bravo à Sébastien De Courtois, directeur de l'Institut Français d'Ankara

« Il ne s’agit pas de maintenir la seule présence héritée de l’histoire, mais au contraire de montrer en quoi la francophonie est porteuse d'avenir"

Sébastien De Courtois, vient d’être nommé directeur de l'Institut Français d'Ankara. Lepetitjournal.com lui a accordé un entretien, dans lequel il se définit comme un « passeur culturel ». Sa mission ne se borne pas à rappeler la culture française héritée de l’histoire mais au contraire à montrer en quoi la francophonie est porteuse d’avenir. Il croit à la voix portée par la francophonie, grâce, entre autre, à l’action des 96 Instituts Français sur les 5 continents. En Turquie des milliers d’élèves suivent des cours de français dans l’une des antennes d’Istanbul, Ankara ou Izmir. Il y a aussi 2 Alliances françaises à Bursa et Adana. Les retombées de ces actions sont attendues aussi bien sur le plan culturel et touristique que sur le plan économique et commercial. L’Institut Français, en plus des manifestations culturelles qu’il programme et des cours s’adressant aux apprenants individuels, œuvre également dans le cadre de partenariats avec des administrations, des associations et des fondations. La France peut ainsi jouer un rôle singulier dans la mondialisation. Sébastien de Courtois profite de cette tribune pour exhorter les universitaires et intellectuels de France à ne pas camper dans une posture de boycott vis-à-vis d’un pays qui a besoin de solidarité, d’amitié et de présence. Belle leçon, Monsieur, à nos élites hexagonales trop souvent étriquées à l’intérieur du boulevard périphérique !

(Merci à Nathalie Ritzmann de lepetitjournal.com)

 

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