RT ou Rien Trouvé... d'intéressant. Où sont donc passées la langue et la culture russe ?

On se demande pourquoi la démocratie doit laisser des verrues progresser sur son derme, comme cette curieuse télé qui, à l'instar de nos élites européennes, n'a rien trouvé de mieux, Russia Today, que se dénommer dans la langue de son principal ennemi. A moins de réciproque, je n'ai pas compris comment des pays comme le nôtre tolèrent qu'une chaîne (privée?) financée par un état étranger se permette d'exercer une propagande au deuxième degré. Dans les années 50/60, au moins, on pouvait écouter, sur les ondes courtes de la TSF, radio Moscou et radio Pékin, qui émettaient des bulletins en langue française à la gloire du régime politique alors en vigueur dans leur pays, sur la belle société que eux avaient créée. Ils croyaient sans doute impressionner les oreilles de l'occident, mais la ficelle était un peu grosse. Il faut dire qu'à la même époque radio Washington nous intoxicait de chewing-gum, de coka-cola et de boogie-boogie, juste avant Johnny Halliday...

Si l'on cherche donc aujourd'hui ce qu'il y a sur RT (Russie Aujourd'hui), on trouve bien de l'aujourd'hui mais rien de russe, à part ce pauvre bateau qui se bat contre la glace de la Volga, mais, qu'on se rassure, il ne sombrera pas comme ce fanfaron et occidental Titanic, il saura, ce slave et fier navire, surmonter l'épreuve...

 Toutes les autres informations sont sur les mêmes sujets que ceux que la presse occidentale traite. RT ne fait que choisir les sujets qui dérangent les pouvoirs en place des pays occidentaux et les présentent d'une façon tellement tendancieuse que Macron a copieusement envoyé au président russe, dans les fauteuils du Grand Trianon, qu'il ne fallait pas confondre journalisme et propagande...

Quant à la culture russe, la langue russe, rien trouvé. Quel dommage, quel gâchis culturel ! Gilbert Bécaud et Nathalie jetés dans la mer Baltique ! A quand des programmes positifs sur les écrivains Soljenitsine, Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevsky et tant d'autres, sur les musiciens du Lac des Cygnes, d'une Nuit sur le Mont chauve,  sur la difficile carrière de Chostakovitch qui a préféré rester aux prises avec le régime stalinien plutôt que se réfugier comme tant d'autres à l'étranger. A quand des émissions sur la société russe de tous les jours, n'est-elle pas présentable ?

Bref, ce n'est pas, du moins pour l'instant, avec cette chaîne que les nombreux élèves russisants des collèges et lycées (ma petite fille a opté pour une classe bilangue russe-anglais dès la classe de 6è) pourront trouver de quoi nourrir leur motivation. Certes, on me dira que ce n'est pas le but recherché, c'est évident. On peut quand même se demander si, à terme, ce grand pays ne gagnerait pas en attractivité à dépenser ses maigres roubles dans un investissement culturel brillant, plutôt que de chercher bêtement à déstabiliser des nations occidentales en flattant quelques personnages politiques qui ne trouvent gloire que sur sa piteuse tribune.

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Les yeux bleus de Jean d’Ormesson et Johnny Halliday

Le prince des lettres et l’idole des jeunes ont en commun ces yeux bleus d’ange malicieux qui participent de leur succès, même si ces célébrités ne jouent pas, il est vrai, dans la même division. L’un a fixé sur le papier son éloquence et sa brillante conversation. L’autre a chanté et secoué la langue française dans un moule américain. Ce sont des gloires nationales de langue française, certes, mais dont le rayonnement dépasse à peine l’aire de la francophonie.

Jean d’Ormesson craignait bien, avec lucidité, d’être jeté par l’histoire comme Ponson du Terrail, célébrité du XIXè siècle, n’y a pas survécu, tandis que Baudelaire, Rimbaud sont gravés dans le marbre du patrimoine francophone et traduits dans les autres langues.

Johnny Hallyday a absorbé la musique américaine des années 50 et a envoûté son public national en mettant des paroles françaises sur ces nouveaux rythmes, mais c’est tout. Rien de ce talentueux plagia n’a touché les publics non francophones et le siècle amorcé aura vite fait d’empiler la page des babyboumeurs…

Pour le rayonnement de la francophonie dans l’espace et dans le temps, il faudra plutôt compter sur Camus, Modiano, Piaf et d’autres…

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