Euronews arrête l’arabe, elle ferait mieux d’arrêter l’anglais !

Euronews supprime l’édition en langue arabe et renvoie les intéressés sur le site internet. Vives réactions d’humeur, mais aussi remarques pertinentes : Une personne fait remarquer que seront perdus 2 millions de téléspectateurs des 22 états du Maroc aux pays du golfe, qui n’ont plus qu’à se tourner vers la concurrence comme France 24 et Skynews.

Rappelons qu’Euronews est basée à Lyon, qu’elle est née d’une excellente initiative européenne de faire une chaîne d’information non inféodée aux médias américains. Cependant, en dépit d’un plurilinguisme affiché, l’empreinte de la langue et de la culture anglo-américaines se glisse sournoisement dans les publicités, dans les pages culturelles, dans les annonces des dépêches. On ne sent pas non plus la patte de l’institution européenne, qui se prive d’une possibilité de pédagogie, tellement nécessaire à la construction de l’union. Il semble qu’Euronews ait des difficultés financières, qui pèsent aussi sur les éditions en farsi et en ukrainien. Naguib Sawaris, milliardaire égyptien entend rester l’actionnaire majoritaire avec 53 % des parts. La chaîne américaine NBC News souhaite acquérir des actions, faut-il s’en réjouir ? La Commission européenne alloue 25 millions d’euro et souhaite redéfinir ses relations avec la chaîne. On se dirige peut-être vers une redevance européenne ! Bonne idée, si l’Europe s’explique bien aux Européens, sans se faire le relais du néolibéralisme anglo-saxon. Surtout sans les Britanniques, qui, à coup sûr, n’auraient pas été d’accord. Il est même temps que l’Europe brexitée cesse désormais de céder à la facilité suicidaire de prendre pour langue soi-disant commune celle des brexiteurs. Halte au tout-en-anglais ! Que vivent les langues européennes et toutes les autres !

 

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Euskara, la langue basque, un exemple de vitalité

L'Académie de la langue basque (Euskaltzaindia), créée en 1919 par Alphonse XIII, est reconnue officiellement en Espagne en 1976 et en France en 1995.

Le siège officiel de l'Académie est à Bilbao, avec des délégations à Pampelune, Saint-Sébastien, Vitoria et Bayonne. Elle a pour emblème le chêne et pour devise « Ekin eta jarrai » (Commencer et poursuivre).

La langue basque comporte une grande diversité dialectale. Il a fallu qu’Euskaltzaindia, dans les années 1960-70, malgré l’hostilité du régime franquiste, tienne plusieurs congrès au sanctuaire d’Arantzazu pour normaliser et unifier la langue : orthographe, lexique, morphologie, déclinaison, conjugaison et syntaxe.

Dans les années 1980, le basque unifié est adopté lors de l'établissement de la Communauté autonome basque (1979) et de la Communauté forale de Navarre (1982). De nos jours, il investit tous les secteurs des médias, de la recherche, de la culture et de l’administration. Dans la vie privée, il cohabite avec chacun des dialectes. Les bascophones sont environ 700 000 en Espagne et 50 000 en France. Il y aurait encore 10 000 personnes unilingues bascophones.

Son origine antérieure à l’arrivée des parlers indo-européens et sa survie devant l’invasion romaine et celle des visigoths font la délectation des historiens, linguistes et chercheurs, qui rivalisent d'hypothèses plus ou moins hardies.

 

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Ferragudo : dernier bastion de la langue de Molière en 2100

Les Français feraient mieux de s’appliquer à eux-mêmes la clause Molière, au lieu d’abandonner leur langue. Les intellectuels ne parlent plus la langue de Verlaine, mais celle des cow-boys, s’indigne Alexandre Romanès, poète tzigane. Ils sacrifient inexorablement leur culture et se soumettent à l'ordre mondial imposé par le néo-libéralisme californien, car celui qui impose à un peuple sa langue lui impose aussi sa culture et sa vision du monde. Bientôt le français aura disparu de la France et vraisemblablement des autres pays francophones, malgré la résistance de ces derniers, d'autant plus louable que l'exemple montré par l'hexagone est pitoyable.

Seule lueur d’espoir : un village de l’Algarve, Ferragudo, au fin fond du Portugal. En effet, cette terre lusitanienne à l’histoire mouvementée, qui tire son nom de l’arabe al-Gharb al-Ândalus (Andalousie de l'Ouest), se voit actuellement colonisée par des Français qui, ironie de l’histoire, évincent des Britanniques venus 30 ans plus tôt !

Ces ressortissants français, dont la moitié est constituée de retraités, arrivent par milliers chaque année, si bien que l’on dénombre une dizaine de transactions immobilières chaque jour dans toute la région. Au grand dam des amoureux des chuintements lusophones, c’est la langue française qui résonne dans les rues, les magasins, les cafés et sur les plages.

A la fin du siècle, lorsque les langues européennes seront devenues des patois globicisés, gageons que cette colonie de peuplement sera le dernier bastion de la langue de Molière, un véritable parc Astérix dans l’un des plus beaux pays du monde !

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Le Petit Prince en hassanya

C'est à Tarfaya (Cap Juby), au sud du Maroc, que Saint-Exupéry se rend en 1927 pour le compte de l'aérospatiale Latécoère. Il y trouve alors l'inspiration pour écrire Courrier Sud, puis le Petit Prince, qui vient d'être traduit en hassanya, langue locale de cette région. Le Petit Prince est désormais traduit en 300 langues ! C'est l'oeuvre la plus traduite au monde, après la bible et le coran.  

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Les Guyanais et la langue française

Force est de constater, à l'occasion des évènements qui se déroulent dans le département de Guyane, à 7000 kms de l'hexagone, que les habitants interrogés par les médias s'expriment dans un français remarquable, qui fait honneur au travail des enseignants, qui oeuvrent pourtant dans des conditions difficiles. Bel exemple! Merci, les Guyanais !

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Le cinéma français progresse : Plus de spectateurs pour les films français et plus de films tournés en France !

Grâce au nouveau crédit d'impôt cinéma établi en 2016, la France enraye la délocalisation des tournages vers l'étranger. Le taux de 30% de crédit d'impôt était jusqu'ici réservé aux films de moins de 4 millions d'euros, mais ce plafond  est désormais relevé à 30 millions. Ainsi, seulement 1 film sur 5 a été délocalisé en 2016 contre 1 film sur 3 en 2015 et le nombre de semaines de tournage en France progresse de 7%. Quant à la fréquentation des films français, elle est estimée à 45 % sur les deux premiers mois de l'année 2017, contre 41 % en 2016.

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Le multilinguisme : une valeur fondamentale des Nations unies, un impératif d’efficacité.

 Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, au siège des Nations unies : Je me suis exprimée en français, toujours en public. Je le parle avec tout mon corps, ma tête, mes mains, mes yeux, avec la volonté de convaincre. Tout d’un coup, dans la salle, des gens prennent leur écouteur. Ils sentaient l’énergie, avaient envie de comprendre. A la fin, un monsieur de la délégation française m'avoue son regret d'avoir fait son topo en anglais, alors que rien ne l'y obligeait et qu'il avait raté là une belle occasion !

 Ainsi va la francophonie à l’Organisation des Nations unies (ONU)… Manifestement, plutôt mal. La tendance au monolinguisme s’accentue. Tous les rapports le pointent du doigt.

Patricia Herdt est la représentante permanente de l'Organisation Internationale de la Francophonie auprès des Nations unies à New York. L'ONU reconnaît 6 langues officielles (anglais, arabe, chinois, espagnol, français, russe) pour les assemblées générales et le conseil de sécurité,  l’anglais et le français étant les langues de travail du secrétariat général.

. « Le français continue de jouir d’un très grand prestige, mais force est de constater que l’utilisation du français recule dans certains contextes », déplore la représentante de la Francophonie.

 

Patricia Herdt regrette particulièrement que des services de traduction ne soient pas prévus pour les réunions dites « informelles ». Pour informelles qu’elles soient, elles n’en sont pas moins capitales, « car, explique-t-elle, c’est dans ces réunions qui sont uniquement en anglais que des problèmes sont débattus et des décisions importantes sont prises, avant qu’elles soient validées lors des réunions plus formelles. Imaginez vous ne parlez pas bien l’anglais, vous aurez tout le mal du monde pour exprimer votre point de vue qui est en fait celui du pays que vous représentez. » La Française attire aussi l’attention sur l’enjeu de la diversité linguistique s’agissant des sites Internet, « compte tenu du nombre croissant des fréquentations ».

 

Selon cette observatrice de l'évolution des langues, le risque est grand de voir l’ONU devenir à terme une technocratie monoculturelle, malgré ses engagements en faveur du multilinguisme réitérés régulièrement dans la résolution biennale de l’Assemblée générale des Nations unies sur cet impératif (dernière en date du 11 septembre 2015). C’est la crainte aussi de sa patronne Michaëlle Jean qui rappelait pendant son intervention à l’antenne de la radio parisienne le lien étroit entre la diversité linguistique et la démocratie : « Le multilinguisme, affirmait-elle, c’est davantage de perspectives et s’en priver, c’est affaiblir la démocratie internationale. Et d’ajouter : « Parler français dans les enceintes internationales, c’est une façon de défendre ses idées et sa manière de vivre ».

 

La Francophonie relève le défi

 

Que fait la Francophonie pour faire face à ce défi du déficit inquiétant du français et du multilinguisme dans les organisations internationales ? Consciente qu’elle ne peut pas le relever seul, elle a mobilisé les Etats et les gouvernements membres de l’OIF en publiant à leur intention un Vade-mecum relatif à l’usage de la langue française dans les organisations internationales. Adopté en septembre 2006, à la Conférence ministérielle de la Francophonie, ce document engage les pays membres à mettre en œuvre des stratégies volontaristes afin de faire respecter le statut des langues officielles et de travail au sein des organisations multilatérales.

 

« Nous savons, ajoute Patricia Herdt, que nous ne pourrons pas relever ce défi seul, c’est pourquoi nous cherchons à bâtir des alliances avec les autres grands espaces linguistiques, particulièrement les hispanophones et les lusophones, dans la perspective d’un combat commun en faveur du multilinguisme à l’ONU ». La rencontre des décideurs qu’organise ce 20 mars l’antenne de l’OIF au siège des Nations unies, ce 20 mars, à l’occasion de la Journée de la langue française à l’ONU, permettra sans doute aux francophones onusiéens de réfléchir ensemble à de nouvelles pistes d’action pour ralentir la tendance au monolinguisme dans les enceintes internationales.

 

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La francophonie défendue à la manière de Nicolas Hazard

Cet entrepreneur français de 34 ans, diplômé d’HEC et de l’IEP de Paris, fondateur et président du Comptoir de l’Innovation et de Calso, organise chaque année à l’Hôtel de Ville de Paris le Davos de l’entreprenariat social (1500 participants de 50 pays). Il préside le Conseil stratégique de la Ville de Paris, instance de promotion de la ville à l'international. Il est responsable du pôle « entrepreneuriat » de la campagne présidentielle de Benoît Hamon.  Selon lui, il existe un vrai made in France social, reconnu partout dans le monde, un appétit pour l’entrepreneuriat social français, grâce au tissu d’associations et de grandes entreprises sociales qui ont développé des modèles répondant aux grands enjeux sociaux et environnementaux. Sous la houlette de NH, Paris fédère ces initiatives pour devenir une capitale de l'entrepreneuriat social dans le monde

Nicolas Hazard est le chantre de l’investissement dans les entreprises sociales, dont l’objectif premier est de résoudre un problème social, sociétal ou environnemental : réduire le chômage, favoriser l’accès à la santé ou à l’éducation pour tous, lutter contre la dépendance des personnes âgées… Mais, en gardant l’objectif d’avoir le double retour financier et social, on se situe entre la philanthropie et les marchés financiers traditionnels. Cette philosophie s’inspire des théories de Rifkin, économiste de la troisième révolution industrielle, qui postule que l'empathie est essentielle dans la psyché humaine.

Dernièrement, Nicolas Hazard, s’est rendu en Côte d’Ivoire pour créer un "incubateur", qui fera émerger des entreprises dans les énergies vertes dans toute l’Afrique francophone. Il ira ensuite en Afrique du Sud continuer à former des jeunes de Soweto. Il sait vendre la formation pour la réinsertion sociale, comme spécialités françaises, de la Silicon Valley à la Corée du Sud ! Il a convaincu les dirigeants de Google et de eBay de financer la reconversion de SDF et d’anciens marines !

Lui qui sait dire "jeunes pousses" pour "start up" est peut-être le talent français qui peut inclure dans son investissement social la promotion de la francophonie !

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Francophonie, tu n'es pas aidée par les élites françaises !

Les manifestations dans le département de Guyane révèlent la médiocrité des élites françaises. Alors que la francophonie est censée rayonner sur 5 contiments, on entend un journaliste parisien, dont l'univers semble s'arrêter au boulevard périphérique, parler d'un "territoire d'outre-mer" et un candidat à l'élection présidentielle française, sans doute éprouvé par les crimes contre l'humanité,  évoquer "une île", un comble ! Peut-on se consoler en se rappelant les "Grecians" de George W. Bush ?

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Un des mille miracles du Salon du Livre de Paris

Jamila Abitar fait partie des poètes de l'Afrique francophone actuellement présents à Paris au salon du livre 2017. Comme tant d'autres auteurs de ce continent, elle honore la francophonie et offre à l'humanité sa richesse littéraire et philosophique. Je cite ici son dernier recueil : "A Marrakech, derrière la Koutoubia"

J’avais oublié ma ville, la mémoire des sucreries,

des dents cassées, des bouches sans issues.

J’avais oublié mes frères noyés sans avoir appris à nager,

près des barques trouées de mon parcours de jeu.

J’avais oublié ma ville sans terre, Marrakech, c’est en toi que je revis.

Koutoubia, ta pierre réveille un peuple, réveille mon être oublié.

Ma mémoire, vivante, rougit de tes reflets.

J’ai avalé ton sable et j’ai pleuré mes frères.

Et trahie par mes frères, j’ai sursauté, combien de fois, depuis cent ans !

 

Lucide comme cette lumière que l'on voit,

cette rencontre entre ces murs qui embrassent l'intemporel.

Je voudrais retrouver ma ville rouge, sa verdure,

ses champs d’empreintes de sang partagé.

Je voudrais me cacher derrière la Koutoubia

et sentir Jamaa El Fna veiller sur Marrakech.

A mon sommeil défendu, c’est le néant accompli.

Aussi loin que ma mémoire disparaît le rêve d’un poème réussi.

Aussi loin que mes rêves réussis, la splendeur d’une vie sans histoires.

Un souffle parmi le souffle, un être dans le tout être.

 

Les êtres portés s’abreuvent d’un jour sans heure.

Du haut des Minarets, des instruments à cordes atteignent l’infini.

Comme coton poussé vers in tisserand, la semence gratifie le ciel.

La prière et l’émotion font grandir le rêve.

Le contraste des couleurs devient détails à prendre.

Un oracle de contes qui laisse tourner le cœur.

La mémoire d’une piste qui n’en finit pas de charmer.

 

Je me suis livré à l’énergie la plus haute pour passer à travers le vin.

Il faut du temps pour faire renaître l’émotion à l’état pur,

s’insurger contre les forces de la nature et rompre avec elle.

Lorsque l’on possède et la connaissance et le vécu,

cela peut provoquer une détonation des plus irrémédiables.

Vous avez le sentiment que : quand vous ouvrirez la bouche,

ce qui en sortira sera du feu.

J’ai pêché dans les brûlures du verbe pour ne pas cacher la parole.

J’ai hurlé jusqu’au portail de ma raison

et j’ai demandé pardon à la terre qui m’a portée.

Je suis le visage sans voix à la rencontre du peuple renaissant.

 

Koutoubia, ta pierre réveille un peuple, réveille mon être oublié. Ma mémoire, vivante, rougit de tes reflets.... J’ai avalé ton sable et j’ai pleuré mes frères.

Et trahie par mes frères, j’ai sursauté, combien de fois, depuis cent ans !

Lucide comme cette lumière que l'on voit, cette rencontre entre ces murs qui embrassent l'intemporel.

Marrakech, j’ai caressé ton corps et saisi l’obscure, pardonne ma vie brouillée qui se baigne d’illusions sur le trottoir d’une ville bretonne. Tu seras le frisson de mes nuits, j’implorerai la pluie pour laver nos colères, je dessinerai ton visage sur la toile de mes rêves.
Koutoubia, ta pierre réveille un peuple, réveille mon être oublié. Ma mémoire, vivante, rougit de tes reflets. J’ai avalé ton sable et j’ai pleuré mes frères. Et trahie par mes frères, j’ai sursauté, combien de fois, depuis cent ans !
Lucide comme cette lumière que l'on voit, cette rencontre entre ces murs qui embrassent l'intemporel.


Extrait in A Marrakech, derrière la Koutoubia.©Jamila Abitar

 

 


 

 

 

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