On fait souvent le procès d'Emmanuel Macron au sujet de son "américanisme", on le jalouse de parler facilement l’anglais, etc… Mais si l’on y regarde de plus près, sans esprit partisan ni opposant, on s’aperçoit de la pertinence de son approche politique et sociologique du multilinguisme. Il maîtrise son expression contrastée allant du symbole historique de Villers-Cotterets, où François 1er signa le fameux édit imposant la langue française, au coup de pouce aux jeunes pousses de la station F, le plus grand campus de start-up au monde, réalisé par Xavier Niel à la halle Freyssinet sur le site de la gare d’Austerlitz. La culture et le volontarisme du jeune président devraient se révéler des atouts pour la France en tant que vecteur de civilisation dans un monde qui n'est plus ce qu'il était, certes, mais qui ne doit pas conduire au fatalisme et à la facilité de céder à la langue dominante en la dotant indûment d'un statut supérieur, ce qui est trop souvent le cas de nos "élites". Selon moi, Macron a tout dit lorsqu’il s’est rendu aux États-Unis en septembre dernier pour lancer un fonds de soutien aux programmes bilingues anglais-français dans les écoles publiques américaines:

«Si le cosmopolitisme a un sens, il passe par le multilinguisme, pas par la domination d'une langue sur les autres.» (E. Macron, New-York, 20/09/2017).