Nous sommes en juillet 2008. Obama est le candidat démocrate qui se prépare à l’élection de novembre. Son adversaire républicain est John Mac Cain.

Les correspondants de TF1 à Washington, Gilles Bouleau et Guillaume Debré, témoignent du débat sur les langues, qui survient en raison de l’importante et croissante population d’origine sud-américaine de langue espagnole. Pour mieux obtenir le vote des hispanophones, les deux partis, démocrate et républicain, se rejoignent pour utiliser la langue de Cervantes dans leur campagne électorale. On est là dans l’ouverture aux autres langues à l’intérieur des États-Unis. Mais qu’en est-il de la politique à mener en faveur de l’apprentissage des langues étrangères pour tous les Américains ?

Obama affirme alors que si, d’une part, tout immigré aux États-Unis doit apprendre l’anglais, il faut que les Américains fassent l’effort d’apprendre les autres langues. Il confesse, avec une humble franchise, qu’il est gêné de voir que les Européens venant en Amérique savent l’anglais, alors que lui, lorsqu’il va en Europe, ne sait dire que « merci beaucoup ». Beaucoup de démocrates lui donnent raison.

De leur côté, les républicains semblent éloignés de cette ouverture d’esprit. Pour eux, l’anglais est la langue internationale, donc pour un Américain l’anglais suffit !

Avec un républicain comme Bush à la Maison-Blanche et un congrès majoritairement du même parti, les États-Unis ne pouvaient que refuserde signer la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, à Paris, le 20 octobre 2005.

Cela dit, raison de plus pour que les Européens, dans leur grande ouverture d’esprit, ouvrent aussi les yeux et les oreilles pour prendre conscience que leur pluralisme linguistique porte les valeurs culturelles de leurs différents pays et que celles-ci ne seront jamais mieux préservées et valorisées, dans leur histoire et dans leur évolution, qu’en refusant de se soumettre au diktat ou à la mode du tout en anglais.