Quotidien munichois renommé, le SZ vient d’orchestrer, avec l’aide d’un consortium de journalistes de 70 pays, dont ceux de Radio-France, une gigantesque enquête, qui révèle les opérations légales (ou presque), montées par des avocats experts en optimisation fiscale, permettant ainsi à des entreprises multinationales et à des richissimes d’échapper à l’impôt. Le cabinet d’avocats Appleby, installé dans nombre de « paradis fiscaux », compte 700 employés, formés en chasseurs d’ultra-riches. Ces derniers se laissent conduire vers l’ « optimisation fiscale », terme les exemptant à bon compte du sentiment de délinquance fiscale. Ce système gangrène l’économie mondiale, asservit complètement les pays pauvres et vassalise les autres, au profit des multinationales, devenues par le fait les supranationales, dont l’objectif est clairement de maîtriser le business du monde, au mépris de la justice sociale et des cultures de tradition. Et lorsque les états les plus raisonnables tentent peu ou prou de s’accorder  pour remédier au problème, la puissance dominante d’outre atlantique brille par son absence ou son refus, quand elle ne sabote pas carrément l’initiative. Et ça c’est dans son ADN, même si, bien sûr, cette grande nation comporte en son sein des gens remarquables pour la paix et le progrès de l’humanité, comme cette dame de Saint-Louis, Missouri, professeure de français aux États-Unis, qui disait à mes élèves, lors d’un voyage pédagogique qu’elle effectuait en France : « c’est une honte, nous sommes le pays le plus riche du monde et nous avons les plus pauvres du monde ».

Cette collègue doit être bien malheureuse, sans doute révoltée, devant l’actualité, qui met son pays à la tête de la dérive financière du XXIè siècle et au comble du tragique et du ridicule de la situation du droit au port d’arme remontant au Far West. Alexandre Romanès est loin d’avoir tort lorsqu’il dit que parler anglais c’est parler la langue des cow-boys !

C’est pourquoi il faut refuser de se soumettre à ce modèle. Le refus de se ranger derrière une quelconque suprématie de la langue de ce pays doit guider chacun de nos gestes, de nos attitudes, en plaçant bien sûr ce comportement dans un volontarisme européen, porteur d’une civilisation et des valeurs qui nous semblent les plus humanistes, pour rassembler le monde de demain. C’est urgent.