Bravo au magasin San Marina !

Alors que beaucoup d'enseignes en France rivalisent dans l'américano-mania, le magasin San Marina que j'ai vu ce matin m'a frappé, car tout, absolument tout, était écrit en français, sans le moindre mot d'anglais ou de globish. Si c'est un hasard, il fait bien les choses, si c'est une volonté du magasin ou de la direction, je dis bravo. San Marina est une entreprise française dont le siège est à Aubagne.

J'étais auparavant intervenu dans un autre magasin d'une entreprise française, dont je tairai le nom, car là tout était écrit en anglais, rien qu'en anglais. Mon petit-fils est donc un boy, ma petite-fille s'habillera en girl et tout à l'avenant. Pourtant le nom de cette marque basée près de Lille est joliment français ! "C'est la modernité" m'a dit la vendeuse. Moi j'appelle à refuser cette modernité-là. Savent-ils qu'au Québec ils seraient en infraction avec la loi 101 de 1978 ?

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Mostra de Venise : heureusement il y a Sofia Djama !

Avec Les Bienheureux, son premier long métrage de production franco-belge, la réalisatrice algérienne reçoit plusieurs récompenses. Belle histoire de deux femmes, séparées par deux générations, dans l’Algérie de l’après-guerre civile. La version originale en arabe et français, par bonheur, fait un peu oublier que le film qui reçoit le lion d’or à Venise est en anglo-américain…

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Macron devant l’Acropole 58 ans après Malraux

Malraux était venu pour illuminer l’Acropole. Macron arrive sur la Pnyx pour illuminer la foi en la déesse

déesse europeEurope, « pour retrouver le sel de ce qui a été inventé à l’endroit même où nous nous trouvons » dit-il.

Le symbole est remarquable. Après quelques balbutiements liminaires en grec moderne dans ce lieu qui a vu naître la démocratie, il fait résonner la langue de Molière, celle qui s’est le plus nourrie du grec, au point que si chaque Français versait 1 centime de taxe à chaque mot d’origine grecque qu’il prononce, la dette de ce pays serait déjà remboursée ! Cette boutade fut lancée par la chanteuse grecque Angélique Ionatos devant son public à l'Olympia (de Paris) en 2013.

Il ne reste plus aux États qu’à inventer la taxation de la parole…

 

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A Venise, la langue de Dante pavoise, mais connaissez-vous le napolitain ?

Patrick Bruel dans la Famiglia, long métrage en compétition à la Mostra de Venise, manie avec aisance la belle langue de Dante et joue un rôle sévère dans la production de Sebastiano Riso, jeune auteur italien de 34 ans : il est le compagnon d’une pauvre femme désespérée, interprétée par Micaela Ramazzotti, contrainte de vendre ses bébés au marché noir…

Riso, diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Rome, s’est déjà distingué à Cannes en 2014 avec son premier long-métrage, Mezzanotte. Que lui réserve le palmarès de Venise pour La Famiglia ? Réponse samedi. Mais c’est déjà un succès pour le cinéma italien, donc pour la langue italienne, qui a le vent en poupe, grâce à la récente loi de soutien à l’industrie cinématographique.

La créativité italienne est telle que les frères Manetti présentent en napolitain Ammore e Malavita (amour et pègre) une comédie musicale appelée à remporter un franc succès. La langue napolitaine (napulitano) est reconnue comme telle en 2008 par la région de Campanie. On l’entend dans les rues de Naples, parlée et souvent chantée. Gagnerait-elle quelques lettres de noblesse, alors que l’histoire l’a plutôt malmenée ?

Issu du latin comme tant d’autres idiomes de l’Europe du sud, le napolitain a subi depuis deux millénaires les influences successives de dominations venant de l’extérieur : les colonies grecques, les marchands byzantins, les Arabes, les Normands, les Français, les Aragonais, les Espagnols et même les Américains, qui ont littéralement occupé Naples à la fin de la seconde guerre mondiale et même après, le célèbre It's now or never (sur l'air d'O Sole Mio) d'Elvis Presley date de son service militaire à Naples en 1960 !

L'unité italienne a laissé au second plan le napolitain, surtout sous la didacture du Duce. Mais la vivacité de la langue napolitaine, tenue au rang de dialecte, est sans doute plus importante qu'on ne le croit et explique peut-être les résultats médiocres obtenus dans les enquêtes Pisa par les élèves du sud de l'Italie comparés à ceux du nord...

 

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Barcelone, 2è ville d'Espagne, certes, mais plutot la capitale de la Catalogne...

Pour ceux qui n'en étaient pas convaincus, la Catalogne, c'est la Catalogne ! La grande manifestation contre le terrorisme du samedi 26 août a dû laisser perplexes les observateurs étrangers qui croient qu'en Espagne on parle espagnol ! Certes les habitants de la Catalogne savent tous le castillan, mais il n'empêche que les pancartes et banderoles étaient à 80% écrites en catalan, très peu en espagnol, et même quelques unes en anglais ! La maire de Barcelone, Ada Colau, semble un peu gênée que l'évènement devienne une occasion facile d'affirmer en creux le désir d'indépendance et l'hostilité envers Madrid.

En employant des formules comme Les seves guerres, Els nostres morts (Vos guerres, Nos morts ), certains manifestants s'adressent sans doute aux gouvernants des pays qui s'engagent dans la guerre contre l'État islamique, donc à leur propre gouvernement de Madrid, sous-entendu : si nous étions un pays indépendant, nous ne serions pas concernés par le terrorisme. L'Europe est mal partie avec ces citoyens-là. Cela n'est pas de bon augure pour la solidarité et la cohésion européenne.

Heureusement d'autres expressions dénotent un esprit plus noble et font davantage honneur à la belle langue catalane : No tenim por (nous n'avons pas peur) et encore mieux : La millor resposta : la PAU (la meilleure réponse: la PAIX).

 

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Et en plus je parle français ! Une campagne intelligente de l'Institut Français avec les aéroports de Paris...

P1260509Et en plus, je parle français ! Les voyageurs qui prennent l’avion à Orly ou à Roissy cet été peuvent admirer ces grandes affiches, qui montrent les photos (autoportraits) réalisées par les lauréats du concours international organisé en mars et avril derniers par l’Institut Français, en partenariat avec les aéroports de Paris.

Il s’agit d’une nouvelle campagne lancée par l'Institut, visant à valoriser une image moderne du français, comme langue de l'emploi, de l'innovation, du numérique, du monde des affaires et de mettre en avant le multilinguisme. Le site de l’Institut décrit l’opération dans une vidéo diffusée sur Dailymotion, qui montre des candidats répétant le slogan sur l’air du succès de Stromae Alors on danse.

P1260514Le jury est composé d’artistes du cinéma, de la littérature et de la bande dessinée : Maria de Médeiros, Zeina Abirached, Gaël Faye, Jul, Philippe Geluck et des responsables de l’Institut et des partenaires. Il a décerné le grand prix à Antonio Hernandez Bautista (Argentine)(voir photo), ainsi que divers prix et mentions à des candidates de Russie et du Costa Rica et à des candidats d’Ouzbekistan et des Comores. Ces jeunes francophones de tous les coins du monde apparaissent sur les affiches des halls des aéroports parisiens, avec ce slogan particulièrement réussi.

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Le Film Francophone à Angoulême : heureusement qu’il y a François Hollande !

Le 10è festival du film francophone se déroule avec un grand succès au plan local, Angoulême est en ébullition. Mais si les médias en parlent, c’est plutôt grâce à François Hollande et son intervention à la chaîne TV5 Monde qui n’avait rien à voir avec le cinéma, sauf le sien…

Du côté du gouvernement, hélas, pas grand-chose ! Au mieux la ministre de la culture française, Françoise Nyssen, y fera une apparition !? Or quelle belle occasion de rassembler la francophonie avec plus de 100 films produits non seulement en France, mais en Belgique, en Tunisie, au Burkina-Faso, au Liban, au Québec… et avec un pays invité d’honneur, la Côte d’Ivoire, qui se remet des troubles d’il y a une dizaine d’années ! L’épouse du président, Dominique Ouattara, et le ministre de la culture, Maurice Kouakou, y sont présents.

Au moment où la France doit réactiver son action sur le plan international, il eût été brillant et nécessaire qu’un premier ministre ou le président de la république marque de sa présence encourageante et symbolique ce festival, dans une ville si méritante par son action culturelle et pour donner un signal fort au monde entier de sa volonté de hisser et de faire rayonner la culture francophone, une culture occidentale alternative du tout-américain. Même si le président du jury choisi est John Malkovitch, acteur américain bien sympathique par sa francophilie et remarquable par son talent…

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Poulas cuech dans la Carriera Drecha de la Vielha Vila de Nissa la Bella

poulas cuech

Les amoureux des langues apprécieront : La boucherie du n°16 de la Rue Droite du Vieux-Nice affiche en niçois le prix de son poulet rôti à 5€: poulas cuech (voir la photo ci-contre).

Cette rue qui, aujourd'hui, révèle aux touristes, d'une galerie à l'autre, d'un atelier à l'autre, la richesse et l'intelligence de la création artistique niçoise, est riche d'histoire. Au Moyen-Âge, elle traversait la ville d’un rempart à l’autre, d'où son nom, car elle n'est pas aussi rectiligne que "droite" ! Elle était habitée par les riches familles nobles et bourgeoises, les façades comportent encore sur les linteaux des inscriptions pieuses en latin, telle IHS (Iesus Hominus Salvator = Jésus Sauveur des Hommes) ou Spes Mea Deus (Dieu mon espérance) ou encore IUSTUS IVDEX (Christ mon juge). Le Palais des comtes Lascaris-Vintimille date du XVIIème siècle et témoigne du style baroque et génois. Classé monument historique, c’est aujourd’hui un musée magnifique avec son escalier monumental orné de fresques, ses salons décorés de tapisseries flamandes, son mobilier et ses faïences.

En 1793, les Français ayant pris Nice, la Carriera Drecha fut renommée en 2 parties : rue de la Révolution et rue Populaire.

Et c’est dans un appartement du n°16 (la boucherie) que Trotsky aurait séjourné en 1929 avant de partir en exil au Mexique.

Fermons cette page en pensant à l’animation que donnaient les petits porteurs de socca se rendant au Cours Saleya.

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Catalan ou Espagnol ? Si Barcelone m’était contée !

Depuis cet horrible attentat de Barcelone, les médias nous assènent les informations données au coup par coup par les autorités et les services compétents. C’est bien naturel. Mais une chose frappe, c’est l’entité territoriale, qui est précisée à chaque fois : tantôt catalane, tantôt espagnole, une alternance assez troublante. Question : Barcelone est-elle en Catalogne ou en Espagne ? Les 2, bien sûr, mon Colonel ! Mais… pas si simple.

Après la dictature de Franco, l’Espagne adopte en 1978 une constitution reconnaissant 17 communautés autonomes. La langue officielle du royaume est le castillan (appelé castellano au Pays basque, en Galice, dans les Pays catalans, au Portugal et dans la plupart des pays d'Amérique du Sud ; mais également appelé espagnol en Castille, au Mexique, dans la plupart des pays d'Amérique centrale, dans le sud des États-Unis et dans de nombreux pays d'Europe. D’autres langues sont officielles, mais seulement dans les communautés et provinces concernées : le basque, le catalan, le galicien et l’aranais (occitan gascon).  L’histoire récente et l’actualité montrent les velléités d’indépendance du Pays Basque et de la Catalogne. Cette dernière organise prochainement un référendum en ce sens, dont l’issue est très incertaine, d’autant que le gouvernement national ne reconnait pas sa validité.

Le catalan puise sa différence assez marquée du castillan de par une histoire mouvementée depuis la conquête romaine. Il a longtemps été considéré comme une variante de l’occitan parlé dans le sud de la France, alors que le castillan a été davantage marqué par les siècles d’occupation arabe. En 1912 le grammairien Pompeu Fabra publie sa Grammatica de la llengua catalana. Les années de la dictature franquiste ont empêché l’élan autonomiste de la république sociale de 1936 qui généralisait l’enseignement en catalan. En 1967 le chanteur Lluis Llach a osé donner un concert en catalan. Et comme la principauté d’Andorre a pour langue officielle le catalan, c’est dans cette langue que Òscar Ribas Reig prononça à l’ONU le discours d’entrée de ce petit état indépendant. Pasqual Maragall, qui a été président du comité des régions aux Institutions européennes de 1996 à 1998, tenait ses discours en catalan, alors que la seule langue officielle reconnue par l’Union européenne pour le royaume d’Espagne est l’espagnol (castillan) !

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De Manger français à Parler français, même combat !

Les Français aiment manger français, mais la France est première de la classe en matière de normes dans le cadre d'une concurrence mondiale souvent cahotique et déloyale, tant et si bien que les Français consomment de moins en moins de produits français, c'est la teneur du discours que tient un député à des responsables syndicaux de l'agriculture de l'Indre (cf la Nouvelle République du 12/08/2017). Ce député ajoute que pour répondre à ce défi il faudra en appeler à la conscience de la population. Puisse se dégager cette prise de conscience à la faveur des États Généraux de l'Alimentation, que vient de lancer le Gouvernement ! Il ne s'agit pas d'une réaction chauvine de bas étage, mais d'un intérêt vital bien compris, comme celle des Allemands, qui achètent les produits manufacturés made in Germany et les Italiens, qui n'ont pratiquement jamais de fruits et légumes venant de l'étranger sur l'étal de leurs marchés et qui signalent leur coniglio ou leur maiale (lapin et porc) nostrane, c'est-à-dire bien de chez nous. Nul besoin d'évoquer les pratiques des Américains, des Chinois et des Japonais...

Demander à l'opinion de prendre conscience est nécessaire, mais l'impulsion et l'exemple doivent être donnés d'en haut : autorités politiques et administratives, acteurs culturels et sportifs, responsables économiques, tant au plan national que local.

N'en est-il pas de même pour la défense de la langue, qui va de pair avec la promotion de sa culture ?

Bref, manger français et parler français : même combat !

 

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